Du 11 au 13 mai 2026, des journalistes et patrons d’organes de presse venus de plusieurs localités du Bénin ont pris part à un atelier de formation axé sur l’égalité de genre, l’inclusion, les droits humains et le VIH/SIDA. Organisée à Bohicon par Plan International Bénin avec l’appui financier du Fonds mondial, cette session visait à promouvoir un traitement médiatique plus responsable, inclusif et respectueux des droits humains.

Durant trois jours de travaux à l’Hôtel des Princes à Bohicon, les participants ont été outillés sur les nouvelles tendances de prévention du VIH, les mécanismes de prise en charge des personnes vivant avec le virus, ainsi que sur les enjeux liés au genre, à l’inclusion et à la lutte contre les discriminations.
À l’ouverture des travaux, le coordonnateur terrain de Plan International Bénin à Cotonou, Roger Ahouaga, a rappelé les résultats attendus de cette initiative avant d’exhorter les professionnels des médias à jouer pleinement leur rôle dans la sensibilisation des communautés et la promotion d’informations fiables.
Une meilleure compréhension des réalités du VIH
Les communications ont été assurées notamment par les docteures Boko G. Vivienne, médecin référente site PEC HZ Mènontin-Cotonou et Tounkara Lidie, médecin référente CTA CNHU qui ont conduit les participants à travers plusieurs thématiques majeures relatives au VIH et aux infections sexuellement transmissibles. Les échanges ont permis de revenir sur les fondamentaux du VIH/SIDA, ses modes de transmission sexuelle, sanguine et mère-enfant ainsi que les stratégies actuelles de prévention, notamment l’usage du préservatif, la prévention de la transmission mère-enfant, le dépistage et la prophylaxie préexposition (PrEP).
Les communicateurs ont également présenté la situation épidémiologique du Bénin, marquée par une baisse progressive de la prévalence du VIH, passée de 1,59 % en 2017 à 0,83 % en 2023. Toutefois, certaines populations dites clés demeurent particulièrement vulnérables, en raison de multiples facteurs sociaux et structurels. « Le rôle des médias est essentiel dans la lutte contre la stigmatisation et la diffusion d’informations crédibles », ont insisté les facilitateurs, invitant les journalistes à éviter les discours discriminatoires dans leurs productions.
Des communications ont été consacrées aux notions d’égalité de genre, d’identité de genre, d’orientation sexuelle, de stéréotypes et d’inclusion sociale. À travers des travaux de groupes, des mises en situation et des exercices participatifs, les participants ont approfondi leur compréhension des mécanismes de discrimination et des préjugés qui affectent certaines catégories sociales, notamment les populations clés dans la riposte au VIH. L’un des messages forts retenus au cours des échanges a porté sur la nécessité de dépasser la simple logique d’intégration pour promouvoir une inclusion véritable dans les politiques publiques comme dans le traitement médiatique.
Les participants ont également été sensibilisés aux politiques de sauvegarde de Plan International Bénin relatives à la protection des enfants et des jeunes, à la lutte contre la corruption, aux fraudes ainsi qu’au harcèlement et à l’intimidation.
Une nouvelle loi sur le VIH expliquée aux médias
Un accent a été mis sur les mécanismes de prise en charge du VIH au Bénin ainsi que sur les innovations introduites par la loi n°2026-02 du 29 février 2026 relative au VIH/SIDA. Selon les explications fournies, cette nouvelle législation renforce notamment la protection du statut sérologique comme donnée personnelle, interdit les discriminations liées au VIH et proscrit le test de dépistage comme condition d’embauche.
Les participants ont également été orientés vers des sources fiables d’informations afin d’améliorer la qualité de leurs productions médiatiques sur les questions sanitaires et sociales.
Des journalistes engagés pour une communication plus inclusive
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment le renforcement de la collaboration entre médias et réseaux communautaires, la multiplication des formations sur le genre et les droits humains, ainsi que la promotion de contenus médiatiques inclusifs et non stigmatisants. Les participants ont salué la qualité des communications et réaffirmé leur engagement à promouvoir un journalisme plus responsable et sensible aux réalités des personnes vulnérables.
Procédant à la clôture de l’atelier, Roger Ahouaga a félicité les journalistes et patrons de presse pour leur participation active tout au long des trois jours de formation. Il les a encouragés à produire des contenus inclusifs capables d’impacter positivement les comportements au sein des communautés.
Romain HESSOU

