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Filière coton : Le Bénin relance la course aux 700.000 tonnes

Le Bénin veut renouer avec ses performances historiques dans la production cotonnière. À Parakou, le  vendredi 12 juin 2026, les meilleurs cotonculteurs du pays ont été célébrés à l’occasion de la fête annuelle organisée par l’Association Interprofessionnelle du Coton (AIC). Une édition particulière, marquée par la volonté affichée du gouvernement de repositionner durablement la filière comme levier stratégique de l’économie nationale.

Premier producteur de coton en Afrique de l’Ouest durant plusieurs campagnes, le Bénin a enregistré ces dernières années une baisse de rendement, passant de plus de 700.000 tonnes à environ 500.000 tonnes. Une situation attribuée notamment aux aléas pluviométriques, à la qualité des semences, aux insuffisances du conseil agricole et au niveau encore limité de la mécanisation.

Face à cette tendance, le Président de la République, Romuald Wadagni, a fixé un cap clair, celui d’atteindre au moins 700.000 tonnes de production au terme de la campagne cotonnière 2026-2027. Pour stimuler l’engagement des producteurs, le Chef de l’État a annoncé une mesure incitative ; un bonus de 10 francs CFA par kilogramme produit sera reversé aux cotonculteurs dès l’atteinte de cet objectif, soit une enveloppe globale estimée à 7 milliards de francs CFA.

De par cette annonce, le gouvernement entend renforcer l’adhésion des acteurs à une dynamique de relance qui place les producteurs au cœur de la stratégie nationale de souveraineté économique.

Chargé de conduire cette ambition sur le terrain, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a multiplié ces derniers jours les séances de travail avec les principaux acteurs du secteur.

À Cotonou, le ministre Goubalan a successivement échangé avec le secrétaire permanent de l’AIC et son adjoint, puis avec les responsables de la Société de Développement du Coton (SODECO), dans le but d’identifier les leviers susceptibles d’améliorer durablement la production et la productivité.

La veille de la célébration des cotonculteurs, jeudi 11 juin à Parakou, les consultations se sont poursuivies avec un cercle élargi d’acteurs. Étaient notamment présents le secrétaire permanent de l’AIC, le directeur de la SODECO, le président de la Fédération nationale des coopératives villageoises de producteurs de coton ainsi que le directeur général de l’Agence Territoriale de Développement Agricole (ATDA) du pôle 2.

Au cœur des échanges ; les difficultés opérationnelles freinant les performances de la filière, notamment la pluviométrie, les semences, l’encadrement technique et la mécanisation agricole. Selon les participants, plusieurs pistes innovantes ont été évoquées pour améliorer les rendements dès la prochaine campagne.

Le coton, moteur d’un écosystème agricole

Pour le ministre Adin Yeton Bloukounon Goubalan, les enjeux liés au coton dépassent le seul cadre de cette culture de rente. La vitalité de la filière, a-t-il rappelé, exerce un effet d’entraînement sur d’autres productions agricoles et contribue à renforcer les capacités économiques du monde rural.

Dans un contexte de quête accrue de souveraineté alimentaire, le gouvernement considère le coton comme un secteur stratégique, non seulement pour les devises qu’il génère, mais aussi pour son impact sur l’ensemble du tissu agricole national.

À Parakou, le message du gouvernement a été clair, celui de la reconquête des 700.000 tonnes est désormais un objectif national. Les producteurs, eux, se disent prêts à relever le défi dès la campagne 2026-2027.

Romain HESSOU

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