Désigné parmi les nouveaux membres du CES lors du conseil des ministres du mercredi 1er Juillet 2026, Abdoulaye Bio Tchané apparaît comme l’une des personnalités les mieux armées pour présider l’institution. Son parcours, à la croisée des grandes administrations publiques, des institutions financières internationales et de la conduite des politiques publiques, constitue un atout majeur pour une institution appelée à éclairer les choix stratégiques de l’État.

La désignation des nouveaux membres du Conseil Économique et Social (CES) ouvre une nouvelle séquence institutionnelle. Si le nom du futur président de cette institution consultative n’est pas encore officiellement connu, une personnalité se distingue naturellement au regard de son parcours : Abdoulaye Bio Tchané. Sa nomination parmi les nouveaux membres du CES, décidée lors du Conseil des ministres du mercredi 1er juillet 2026, relance les regards sur un homme dont la carrière épouse les principales exigences de cette institution : expertise économique, sens de l’État et connaissance approfondie des politiques publiques.
Le CES n’est pas un organe d’exécution. Sa vocation est d’éclairer les pouvoirs publics, d’analyser les grandes questions économiques et sociales, de proposer des orientations et de favoriser le dialogue entre les différentes composantes de la nation. Une telle mission exige une personnalité capable de conjuguer vision stratégique, expérience institutionnelle et capacité d’écoute. Sur ces différents plans, le parcours d’Abdoulaye Bio Tchané plaide en sa faveur.
Avant d’accéder aux plus hautes responsabilités politiques, il s’est forgé une solide réputation dans les institutions économiques et financières. Directeur des études à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), il est appelé en mai 1998 par le président Mathieu Kérékou pour prendre les rênes du ministère de l’Économie et des Finances. Cette première expérience gouvernementale lui permet de maîtriser les mécanismes de gestion des finances publiques et les grands équilibres macroéconomiques, des compétences particulièrement utiles pour apprécier les politiques publiques soumises à l’examen du CES.
Son parcours prend ensuite une dimension internationale. En 2002, il rejoint le Fonds monétaire international (FMI) en qualité de directeur du département Afrique, avant d’être porté, en 2008, à la présidence de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) par les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. À la tête de cette institution régionale jusqu’en 2011, il est confronté aux problématiques du financement du développement, de l’intégration régionale et des investissements structurants. Cette expérience lui confère une lecture à la fois nationale et régionale des enjeux économiques, un avantage certain pour une institution appelée à se prononcer sur les grandes orientations du développement.
Son retour au premier plan de la vie publique béninoise sous le président Patrice Talon, en qualité de ministre d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’Action gouvernementale, enrichit encore son profil. Cette fonction, au cœur de la coordination des politiques publiques, lui a offert une vision transversale de l’action gouvernementale, de la planification du développement aux mécanismes de mise en œuvre des réformes. Elle l’a également familiarisé avec les interactions entre les administrations, les collectivités, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs économiques et sociaux, autant d’interlocuteurs naturels du Conseil économique et social.
À cette expérience administrative et gouvernementale s’ajoute une dimension politique. En tant que président du Bloc Républicain, Abdoulaye Bio Tchané a développé une pratique du dialogue, de la concertation et de la recherche de compromis, des qualités indispensables dans une institution comme le CES où les avis sont construits à partir de sensibilités et d’intérêts souvent diversifiés.
La désignation du futur président du CES relève naturellement des procédures prévues par les textes. Mais si le choix devait reposer sur les critères de compétence, d’expérience et de maîtrise des questions économiques et sociales, le parcours d’Abdoulaye Bio Tchané constitue un argument de poids. Son itinéraire, marqué par des responsabilités nationales, régionales et internationales, lui confère une légitimité particulière pour conduire une institution dont l’efficacité dépend avant tout de la qualité de son expertise et de la crédibilité de ses analyses.
Augustin HESSOU

