Le Parti Les Démocrates a donné, le dimanche 16 août 2026 à Parakou, le coup d’envoi d’une série de rencontres avec ses militants après les élections générales. Devant une forte mobilisation, les responsables de la formation d’opposition ont reconnu les difficultés traversées, demandé pardon à leurs électeurs et réaffirmé leur volonté de poursuivre le combat politique.

À Parakou, le Parti Les Démocrates veut tourner la page des élections générales de 2026 sans renoncer à ses ambitions politiques. Le dimanche 16 août, la formation a organisé son premier grand meeting de remobilisation depuis les dernières échéances électorales. Cette rencontre, qui marque le début d’une série d’activités similaires dans plusieurs localités, a été l’occasion pour les responsables du parti de renouer avec leur base et de réaffirmer leur détermination à rester présents sur le terrain.
Face aux militants, les dirigeants des Démocrates ont livré leur lecture des événements politiques récents et des difficultés rencontrées par le parti. Le président de la formation politique, Nourénou Atchadé, a notamment demandé pardon au peuple béninois qui, selon lui, avait placé sa confiance dans le parti et était disposé à lui accorder largement ses suffrages.
Le premier responsable du parti LD est également revenu sur les conséquences de la défection d’un député, qu’il considère comme un événement ayant profondément bouleversé les équilibres politiques issus des précédentes élections.
Plus de 500 000 suffrages sans député
L’absence des Démocrates à l’Assemblée nationale a constitué l’un des principaux sujets abordés lors du meeting. Nourénou Atchadé a rappelé que le parti LD revendique plus de 500 000 suffrages à l’issue des élections générales. Il juge dès lors paradoxal qu’une formation ayant bénéficié d’un tel niveau de soutien électoral ne dispose aujourd’hui d’aucun représentant à l’Assemblée nationale.
L’ancien député Kamel Ouassagari a, pour sa part, mis en cause les dispositions du Code électoral. Selon lui, celles-ci ne favoriseraient pas suffisamment le pluralisme politique au Parlement. Pour les responsables des Démocrates, cette situation pose plus largement la question de la représentation politique et de la place de l’opposition dans les institutions de la République.
Le parti salue l’initiative de Wadagni sur le Niger
Le rapprochement entre le Bénin et le Niger a également figuré au menu des échanges. Les responsables du parti ont salué la démarche du président Romuald Wadagni, qui s’est rendu à Niamey dans le cadre des efforts visant à favoriser la réouverture des frontières entre les deux pays. Les Démocrates ont appelé les autorités nigériennes à poursuivre le dialogue afin de parvenir à une réouverture effective des frontières, dans l’intérêt des populations béninoise et nigérienne, fortement liées par les échanges économiques et sociaux.
Sur le front social, les responsables du parti ont également indiqué que plusieurs préoccupations prises en compte récemment par les autorités figuraient déjà parmi les revendications portées par leur formation politique.
La suppression de la CENA
La réforme du dispositif électoral a également alimenté les débats. Abordant la suppression de la Commission électorale nationale autonome (CENA), Nourénou Atchadé s’est interrogé sur le devenir des agents de l’institution ainsi que sur les modalités d’organisation des prochaines élections.
Tout en reconnaissant que le fonctionnement de la CENA avait pu faire l’objet de critiques par le passé, il estime que sa suppression soulève de nouvelles interrogations sur le futur dispositif électoral. Le président des Démocrates a notamment estimé que, si l’objectif était de réaliser des économies, d’autres choix auraient pu être envisagés.
Réformes internes et audit de la gestion
Le meeting a également permis aux responsables du parti LD de présenter aux militants les réformes engagées au sein de la formation politique. Le secrétaire administratif a fait le point sur les différentes activités menées et les changements actuellement en cours. Il a par ailleurs annoncé la réalisation d’un audit de la gestion du parti sur la période 2020-2025, une démarche destinée à faire le point sur la gestion des années précédentes.
De son côté, le vice-président Eugène Azatassou a appelé les Béninois à poursuivre la mobilisation en faveur de la démocratie. Pour lui, la défense des acquis démocratiques ne peut être l’œuvre d’un seul individu, mais doit relever d’un engagement collectif.
Le Sénat déjà au cœur des préoccupations : La nouvelle institution sénatoriale n’a pas échappé aux discussions. L’ancien député Habibou Woroucoubou a estimé que le principal défi du Sénat résidait dans la promotion du pluralisme. Kamel Ouassagari a, pour sa part, prévenu que Les Démocrates réagiraient si le Sénat venait, selon son expression, à devenir une « institution de censure des opposants ». Une manière pour le parti de rappeler sa vigilance face à l’évolution du paysage institutionnel béninois.
« Parakou toujours debout »
Au-delà des déclarations politiques, le meeting de Parakou avait surtout valeur de remobilisation. Après les déconvenues électorales et les bouleversements ayant affecté son positionnement institutionnel, Les Démocrates cherchent désormais à maintenir le contact avec leur base.
Le parti Les Démocrates entend ainsi multiplier les rencontres avec ses militants dans les différentes localités du pays. À Parakou, le message livré est clair : malgré les difficultés, le parti veut rester debout, poursuivre son implantation et continuer à défendre ses positions dans le débat public.
Le rendez-vous de Parakou apparaît ainsi comme le premier acte d’une nouvelle séquence pour Les Démocrates, désormais contraints de conjuguer reconstruction interne, mobilisation de leur base et affirmation de leur rôle d’opposition en dehors de l’Assemblée nationale.
Romain HESSOU

