You are currently viewing FINANCE : La BIDC se rapproche de l’« investment grade » après un relèvement de note salué par Moody’s

FINANCE : La BIDC se rapproche de l’« investment grade » après un relèvement de note salué par Moody’s

L’agence de notation a fait passer la note d’émetteur à long terme de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO de B2 à B1, une progression que la direction de l’institution présente comme une nouvelle étape vers la catégorie investissement.

C’est une nouvelle que la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) attendait depuis plusieurs mois. Le 14 août, à Londres, l’agence Moody’s a annoncé le relèvement de sa note d’émetteur à long terme d’un cran, de B2 à B1, assortie d’une perspective stable. L’institution basée à Lomé, bras financier des Quinze États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, y voit la confirmation de sa trajectoire vers le statut tant convoité d’« investment grade », le seuil à partir duquel les grands investisseurs institutionnels internationaux peuvent placer leurs capitaux sans restriction particulière.

Un profil de crédit jugé plus solide

Dans sa décision, Moody’s met en avant plusieurs facteurs : la solidité du profil de solvabilité de la BIDC, un niveau de capitalisation jugé adéquat, ainsi qu’une qualité d’actifs résiliente, alors que la banque poursuit l’expansion de ses activités de financement à un rythme soutenu. L’agence salue également les efforts de diversification des sources de financement de l’institution et le soutien constant de ses actionnaires, matérialisé par la poursuite des libérations de capital et la multiplication des partenariats stratégiques.

Un événement a particulièrement pesé dans la balance : l’entrée, approuvée en juin 2026 par le conseil d’administration de la BIDC, de la Banque africaine de développement (BAD) à son capital en tant que premier actionnaire institutionnel. Ce partenariat renforce à la fois les fonds propres et les normes de gouvernance de la banque régionale, tout en confortant sa crédibilité auprès des marchés internationaux.

« Cette révision à la hausse de la notation témoigne clairement des progrès réalisés par la BIDC dans le renforcement de ses bases financières et de ses capacités institutionnelles », a réagi George Agyekum Donkor, président de la BIDC et de son conseil d’administration. Il y voit la preuve qu’« une banque régionale de développement peut être à la fois ambitieuse et résiliente », et que l’Afrique de l’Ouest dispose désormais d’un outil financier crédible pour porter son propre agenda de développement.

Un accès aux marchés à des conditions plus favorables

Concrètement, ce relèvement de note devrait permettre à la BIDC d’emprunter sur les marchés internationaux de capitaux à des conditions plus compétitives, en réduisant la prime de risque exigée par les investisseurs. C’est un enjeu de taille pour une institution qui multiplie les opérations de financement ces derniers mois. Le conseil d’administration de la banque a ainsi validé plusieurs opérations stratégiques représentant plus de 510 millions de dollars destinées à des projets d’infrastructures, de santé et d’énergie dans la sous-région, des chantiers censés améliorer l’accès à l’électricité, créer des emplois et poser les bases d’une croissance plus durable.  

Cette dynamique s’inscrit dans la Stratégie de croissance, de résilience et d’optimisation (GRO) 2026-2030, le plan quinquennal de la banque, qui donne la priorité aux infrastructures, au financement des énergies renouvelables, à la croissance du secteur privé et au renforcement de la résilience climatique dans les États membres.

Un mouvement plus large dans la sous-région

Le relèvement de la BIDC ne survient pas dans un vide régional. Quelques jours plus tôt, le 7 août, Moody’s avait également relevé d’un cran la note souveraine du Bénin, l’un des États membres de la CEDEAO, la faisant passer de B1 à Ba3, une note qui reste toutefois encore trois crans sous le seuil de l’investment grade. Ces révisions successives illustrent un frémissement plus général de la perception du risque en Afrique de l’Ouest par les agences de notation, porté par des efforts de consolidation budgétaire et de diversification des financements dans plusieurs pays de la sous-région.

Reste que le chemin vers la catégorie investissement demeure long pour la BIDC comme pour la plupart des emprunteurs souverains ou institutionnels ouest-africains. La note B1 se situe encore quatre crans sous le seuil Baa3, qui marque l’entrée dans l’« investment grade » chez Moody’s. La banque devra donc confirmer, dans la durée, la trajectoire saluée par l’agence pour espérer franchir cette étape décisive.

Olivier ALLOCHEME

Laisser un commentaire