Victime d’une tentative d’assassinat en décembre 2013, le président de l’ONG ALCRER, Martin Vihoutou Assogba, a enfin pu se faire retirer deux projectiles qui étaient restés logés dans sa tête et son cou pendant treize ans. Opéré en Turquie en juillet 2026, l’acteur de la société civile béninoise entame désormais une période de convalescence avec l’espoir de retrouver pleinement sa mobilité.

Treize années après avoir survécu à une tentative d’assassinat, Martin Vihoutou Assogba entrevoit enfin la fin d’un long calvaire. Le président de l’Association de lutte contre le racisme, l’ethnocentrisme et le régionalisme (ALCRER ONG) a subi, en juillet 2026 en Turquie, une intervention chirurgicale ayant permis l’extraction de deux balles restées logées dans son corps depuis l’attaque du 9 décembre 2013.
À l’époque, l’attaque avait profondément marqué le responsable de la société civile béninoise, connu pour ses prises de position sur les questions de développement. Pris en charge après les faits puis évacué vers la France, Martin Assogba avait appris que les projectiles étaient logés dans des zones particulièrement délicates, notamment au niveau de la tête et du cou. Compte tenu des risques liés à leur extraction, les médecins français avaient alors estimé qu’une intervention présentait trop de dangers. Les projectiles sont donc restés dans son corps pendant plus d’une décennie.
Durant toutes ces années, Martin Assogba dit avoir vécu avec les conséquences de ces blessures. Maux de tête, vertiges et problèmes de tension ont marqué son quotidien. Il explique notamment être devenu hypertendu depuis l’attaque et devoir suivre quotidiennement un traitement. « J’ai vécu avec ces corps étrangers pendant 13 ans dans mon corps », témoigne-t-il.
L’espoir renaît finalement en 2026 lorsqu’une prise en charge est organisée en Turquie par ENVIO Medical, cabinet spécialisé dans l’accompagnement du tourisme médical. Après différents examens, un neurochirurgien accepte de relever le défi d’une intervention jugée particulièrement délicate.
Un défi chirurgical relevé en Turquie
Le 25 juillet 2026, Martin Assogba est opéré une première fois. L’intervention porte notamment sur la région cervicale et permet finalement d’extraire les deux projectiles. L’une des balles était profondément enfouie dans les tissus du cou. Avant l’opération, le neurochirurgien avait d’ailleurs prévenu le patient des difficultés auxquelles il pouvait être confronté et de la possibilité de ne pas pouvoir procéder à l’extraction si les conditions de sécurité n’étaient pas réunies.
Mais l’intervention s’est finalement soldée par un succès. « Les balles assassines sont sorties », se réjouit Martin Assogba, qui conserve précieusement les projectiles retirés de son corps après treize années.
Pour le président de l’Ong ALCRER, cette réussite constitue un immense soulagement. Il exprime sa reconnaissance au neurochirurgien qui a réalisé l’intervention, au cabinet ENVIO Medical ainsi qu’à toutes les personnes qui l’ont accompagné dans ce parcours médical.
« Je peux marcher sans trop de douleur »
Après les opérations, Martin Assogba a entamé sa convalescence. Les premières heures qui ont suivi l’intervention ont été difficiles, notamment en raison des plaies encore fraîches. Mais son état s’est progressivement amélioré. « Je me sens bien », assure-t-il.
Le responsable de la société civile a déjà repris la marche, même si sa mobilité reste encore limitée. Il explique pouvoir désormais se déplacer avec beaucoup moins de douleurs qu’auparavant. Une période d’environ deux mois de rééducation et d’exercices est encore nécessaire, selon lui, pour retrouver une mobilité optimale et ne plus tituber.
Après treize années marquées par les séquelles de l’attaque, Martin Assogba regarde désormais l’avenir avec davantage d’optimisme. Au-delà du succès médical, l’extraction des deux projectiles représente pour lui la possibilité de tourner une page douloureuse de son existence.
Le président de l’Ong ALCRER dit ainsi mesurer la portée de ce nouveau départ et adresse ses remerciements à ses enfants, à ses proches et à toutes les personnes qui ont contribué à rendre possible cette intervention.
Treize ans après l’attaque qui avait bouleversé sa vie, Martin Assogba peut désormais espérer retrouver progressivement une vie débarrassée d’une partie du poids physique de cette épreuve.
Romain HESSOU

