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Cohésion sociale : A Nikki, les bénéficiaires du PACoSo-PEV-LCT témoignent des effets de l’appui néerlandais

« L’investissement n’est pas tombé en l’air » a fait constater Robert Sijstermans, le chef de la coopération

Une délégation de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Bénin, conduite par le chef de la coopération, Robert Sijstermans, a rencontré, le 31 août 2026 à Nikki, des bénéficiaires du Projet d’Appui au renforcement de la Cohésion Sociale, à la Prévention de l’Extrémisme Violent et à la Lutte contre les Conflits liés à la Transhumance (PACoSo-PEV-LCT). Cette séance d’échange et de suivi a permis de mesurer les effets concrets des équipements mis à la disposition de jeunes et de femmes entrepreneurs agropastoraux. Sur le terrain, les bénéficiaires témoignent d’une amélioration de leurs activités et de nouvelles perspectives économiques.

Le chef de la coopération de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Bénin avec MABOUDOU Abdou-Khaharou bénéficiaire du projet dans le secteur élevage de lapin

À Nikki, l’appui au développement économique se veut également un instrument de prévention de l’extrémisme violent. C’est tout le sens de la rencontre organisée, le 31 août 2026, entre des bénéficiaires du PACoSo-PEV-LCT et une délégation de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Bénin, partenaire financier du projet mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Conduite par Robert Sijstermans, chef de la coopération de l’Ambassade des Pays-Bas au Bénin, la délégation est venue s’enquérir de l’utilisation faite des équipements remis aux bénéficiaires, de leurs effets sur les activités économiques ainsi que des difficultés éventuellement rencontrées. La rencontre s’est déroulée en présence de Boni Gbêboussa, deuxième adjoint au maire de Nikki.

Mis en œuvre dans 16 communes du nord du Bénin, le PACoSo-PEV-LCT accompagne notamment des jeunes et des femmes entrepreneurs dans les secteurs du maraîchage, de l’agroalimentaire et de l’élevage. À travers la mise à disposition d’équipements et de matériels adaptés, le projet entend améliorer leurs conditions socio-économiques et renforcer leur résilience face aux facteurs susceptibles de favoriser l’extrémisme violent.

À Nikki, les échanges ont permis aux bénéficiaires d’expliquer les changements intervenus depuis la réception de ces équipements. Pour plusieurs d’entre eux, l’appui reçu ne constitue pas seulement une aide matérielle. Il représente un véritable levier pour accroître la production, diversifier les activités et envisager de nouvelles sources de revenus.

Le deuxième adjoint au maire de Nikki a salué cette dynamique. Au nom du conseil communal, il a exprimé sa reconnaissance au projet et au Royaume des Pays-Bas, tout en soulignant l’impact déjà perceptible des interventions sur la jeunesse locale. Selon lui, de nombreux jeunes bénéficiaires se sont effectivement investis dans les activités pour lesquelles ils avaient reçu un appui. L’arrivée des équipements leur a donné, estime-t-il, « un grand coup de pouce ».

L’exemple d’un éleveur qui diversifie ses activités

Parmi les bénéficiaires de Nikki rencontrés figure Maboudou Abdou-Khaharou, acteur du secteur de l’élevage. Avant l’intervention du projet, son activité reposait principalement sur l’élevage de poulets locaux, avec un système de reproduction qu’il jugeait lent et aléatoire. L’appui du PACoSo-PEV-LCT, notamment avec la mise à disposition d’une couveuse, lui a permis de revoir son approche. Il s’est progressivement orienté vers l’élevage de pintades et a commencé à diversifier ses activités avec l’apiculture et l’élevage de lapins.

« Avec l’appui du projet, j’ai modernisé mon élevage », explique-t-il, relevant notamment la possibilité de maîtriser davantage le cycle de reproduction. Désormais, il n’est plus contraint d’attendre qu’une poule ponde pour lancer une nouvelle production. Dès qu’il dispose d’œufs, il peut utiliser sa couveuse pour faire éclore les poussins. Cette évolution a également modifié son organisation quotidienne. Le suivi des sujets est devenu plus régulier et exige davantage d’attention. Pour le bénéficiaire, cette nouvelle méthode a contribué à réduire les pertes et à améliorer le rendement.

Les résultats sont déjà visibles. Alors qu’il disposait initialement d’un nombre limité de volailles, son cheptel dépasse désormais la centaine de sujets en cours d’élevage. Une progression qui lui ouvre de nouvelles perspectives commerciales et l’encourage à envisager, à terme, l’élevage de dindons et d’oies.

« L’investissement n’est pas tombé en l’air »

La visite des bénéficiaires ne s’est pas limitée aux échanges en salle. La délégation de l’Ambassade des Pays-Bas s’est également rendue sur certains sites d’exploitation afin de constater directement les réalisations et de mieux apprécier les conditions dans lesquelles les équipements sont utilisés.

Au terme de cette immersion, Robert Sijstermans s’est dit satisfait des résultats observés. Pour le chef de la coopération, l’expérience de Nikki démontre que des appuis relativement modestes peuvent produire des changements significatifs lorsqu’ils répondent aux besoins réels des bénéficiaires.

Il s’est particulièrement réjoui de constater que les femmes figurent également parmi les personnes impactées par le projet, y voyant un facteur supplémentaire d’autonomisation. « Pour ce que j’ai vu, je peux dire que l’investissement n’est pas tombé en l’air », a-t-il déclaré, saluant le travail réalisé par les bénéficiaires, le PNUD et les autorités béninoises.

MABOUDOU Abdou-Khaharou en train de charger sa couveuse avec les œufs

Poursuivre l’accompagnement

Pour la municipalité de Nikki, les résultats obtenus constituent une invitation à poursuivre et à élargir les efforts. Le deuxième adjoint au maire a plaidé pour que l’accompagnement ne s’arrête pas aux bénéficiaires déjà soutenus, soulignant que d’autres jeunes attendent encore de bénéficier de tels appuis. Il a également évoqué la nécessité, pour certains bénéficiaires, de disposer d’équipements complémentaires afin de consolider leurs activités. Une demande qui traduit, au-delà de l’aide initiale, le besoin d’un accompagnement durable des initiatives économiques locales.

Dans le cas de Maboudou Abdou-Khaharou, par exemple, la question de l’énergie reste un enjeu. Le dispositif solaire associé à sa couveuse ayant rencontré des difficultés, il a temporairement recours au réseau de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE). Son ambition demeure toutefois de retrouver une autonomie énergétique, notamment par le remplacement de la batterie ou l’ajout de panneaux solaires.

À travers ces témoignages, le PACoSo-PEV-LCT donne ainsi à voir une approche où la prévention de l’extrémisme violent passe aussi par le renforcement des capacités économiques des communautés. À Nikki, l’objectif se concrétise progressivement par des activités productives, une diversification des revenus et une plus grande autonomie des jeunes et des femmes. Autant de facteurs susceptibles de consolider la cohésion sociale et la résilience des populations dans les zones exposées aux vulnérabilités.

HESSOU Romain

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