You are currently viewing Selon le FIDA 2026 :  Le Bénin reçoit au moins 1,7 % de son PIB de sa diaspora

Selon le FIDA 2026 :  Le Bénin reçoit au moins 1,7 % de son PIB de sa diaspora

Le 14 septembre 2026, le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) a rendu public son rapport mondial de référence intitulé Sending Money Home 2026. Beyond remittances: From lifeline to resilience – one family at a time.  Il met en lumière la mutation structurelle des flux financiers migratoires.  On y apprend que les remises de fonds reçues par le Bénin ont représenté 1,7 % du PIB en 2023, après 1,4 % en 2022 et 1,3 % en 2021, fixant le volume financier officiel à 230,7 millions de dollars USD en 2022. Sur le long terme, la contribution moyenne de ces flux plafonne à environ 1,6 % du PIB national. Ce niveau mesuré s’explique par la géographie de la migration béninoise : bien que la diaspora compte environ 4,4 millions de personnes, l’émigration béninoise est à 98 % intra-régionale, se dirigeant principalement vers le Nigéria à hauteur de 69 % et vers la Côte d’Ivoire à hauteur de 20 %. Seuls 0,7 % des émigrés béninois résident en Europe, principalement en France à hauteur de 83,7 %. La prédominance de ces corridors sous-régionaux favorise l’usage de canaux informels physiques de gré à gré et limite la valeur unitaire des envois par rapport aux diasporas installées dans les pays occidentaux à haut revenu.

Tableau comparatif des transferts de la diaspora dans la sous-région

L’analyse comparative met en relief un décalage net entre les performances béninoises et celles de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, où l’apport de la diaspora représente une part bien plus élevée de la richesse nationale.

Pays ou régionPart des transferts de la diaspora (% du PIB)Volume annuel officiel (repères)Principales caractéristiques migratoires et politiques
Sénégal10,4 %3 milliards USD (2022)Fort ancrage en Europe et politique proactive d’incitation à l’investissement
Ghana6,0 %Plusieurs milliards USDBureau gouvernemental dédié et organisation de sommets pour la diaspora
Nigéria4,7 %Premier récepteur d’AfriqueForte présence dans les pays anglo-saxons et création de la commission NIDCOM
Moyenne Afrique3,2 %124,2 milliards USD (2025)Croissance continentale des flux de 86 % sur la période 2016-2025
Bénin1,6 %230,7 millions USD (2022)Émigration à 98 % intra-régionale (Nigéria, Côte d’Ivoire) et prédominance de l’informel

À l’échelle internationale, les envois de fonds vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint le sommet historique de 728,6 milliards de dollars USD en 2025, matérialisant une progression de 94 % sur dix ans et représentant plus de quatre fois le volume global de l’aide publique au développement. Pour le continent africain, ces transferts ont augmenté de 86 % sur la même période pour s’établir à 124,2 milliards de dollars USD. Dans la Note de politique économique n° 03 publiée en août 2024, le Directeur général de l’Économie (DGE) aujourd’hui Ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Mèdénou soulignait la portée de ces capitaux en écrivant : « Depuis le début des années 90 et l’accélération de la globalisation, la contribution de la diaspora à l’essor économique et social de l’Afrique est de plus en plus perceptible avec une hausse continue des transferts financiers vers le continent, loin devant l’aide publique au développement et les investissements directs étrangers ».

Orienter l’épargne privée vers l’investissement productif

Face à ce constat, les travaux récents insistent sur la nécessité de transformer ces flux d’assistance familiale en leviers de développement durable. Dans leur étude académique publiée en 2026 sous le titre Beyond remittances: The role of trade and human capital, les chercheurs Elton Beqiraj, Marilena Giannetti et Mathurin Aime Mekam Pouatcha démontrent qu’il est primordial d’adopter des politiques publiques qui renforcent l’utilisation productive des envois de fonds, notamment par la promotion des investissements, l’ouverture commerciale et le renforcement du capital humain. Au Bénin, cette orientation s’appuie sur le portefeuille d’engagements du FIDA, qui s’élève à 78 millions de dollars USD au début de l’année 2026 pour appuyer le développement rural et la résilience agricole. En parallèle, la numérisation poussée par les fintechs et le Mobile Money permet d’abaisser les coûts de transfert sous la barre des 3 %, acheminant directement les ressources sur les portefeuilles électroniques des ménages ruraux. Enfin, le projet DIASDEV, mis en œuvre par Expertise France avec le soutien de l’Agence française de développement jusqu’au 31 décembre 2026, accompagne la Caisse des dépôts et consignations du Bénin pour structurer des produits d’épargne-retraite et d’investissement adaptés aux attentes de la diaspora.

Olivier ALLOCHEME

Laisser un commentaire