(Plus de 1 000 participants attendus du 24 au 26 septembre)
La deuxième édition des Journées des vétérinaires béninois se tiendra du 24 au 26 septembre 2026 à la Salle bleue du Palais des Congrès de Cotonou. Placée sous le haut parrainage du ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yéton Bloukounon Goubalan, la rencontre réunira professionnels, chercheurs, éleveurs, industriels et décideurs autour du thème : « Innover en santé et production animale pour renforcer la résilience et la cohésion sociale ». Trois jours de conférences, de panels, de communications scientifiques, d’exposition et de rencontres professionnelles sont annoncés.

Après une première édition organisée en 2024, les Journées des vétérinaires béninois s’installent progressivement comme un espace de réflexion et d’échanges autour de la santé animale et du développement des filières d’élevage. Les organisateurs ont présenté les grandes lignes de cette deuxième édition lors d’une conférence de presse tenue vendredi 18 septembre 2026 à la Cité ministérielle.
L’événement sera officiellement lancé jeudi 24 septembre au Palais des Congrès de Cotonou. Pendant trois jours, les acteurs du secteur seront invités à examiner les mutations en cours dans les systèmes d’élevage et leurs implications sur la santé animale, la sécurité sanitaire et les performances économiques des filières.
Pour Christian Dovonou, président de l’Ordre national des médecins vétérinaires du Bénin, ces journées constituent un rendez-vous majeur pour la profession. Elles doivent permettre de mieux faire connaître les différentes facettes du métier et le rôle du vétérinaire dans la société.
L’objectif est également de réunir autour des professionnels de la santé animale les chercheurs, les décideurs, les éleveurs et les autres intervenants du secteur afin de réfléchir ensemble aux défis auxquels sont confrontées les filières animales. Le thème retenu traduit cette volonté de réflexion et d’innovation. Les échanges porteront notamment sur les défis sanitaires, économiques et sécuritaires qui accompagnent le développement de l’élevage.
Les organisateurs espèrent, à l’issue des travaux, dégager des recommandations concrètes susceptibles d’être soumises aux autorités politico-administratives pour contribuer à l’amélioration des politiques publiques dans le secteur.
L’élevage béninois face à un changement de modèle
Le directeur de l’Élevage, Dr Yao Akpo, a souligné l’importance de cette rencontre dans un contexte marqué par une transformation des systèmes de production animale.
Le Bénin ambitionne notamment d’accroître sa production domestique afin de réduire sa dépendance aux importations de produits carnés. Cette évolution nécessite, selon lui, un accompagnement renforcé en matière de santé animale.
L’évolution de l’élevage des ruminants illustre cette nouvelle donne. La tendance à la sédentarisation des troupeaux, après des systèmes davantage fondés sur la mobilité, pourrait entraîner l’apparition ou le développement de nouvelles pathologies, notamment des maladies métaboliques.
Cette transformation impose donc de nouvelles compétences aux professionnels de la santé animale. Le vétérinaire est appelé à intervenir davantage dans la prévention, la surveillance sanitaire et l’accompagnement technique des nouveaux modes d’élevage.
Aviculture et sécurité sanitaire au programme
Les mutations attendues dans le secteur avicole feront également l’objet de discussions. Le développement de la production locale d’œufs à couver et de poussins d’un jour constitue notamment un enjeu important, alors que le pays reste fortement dépendant des importations dans ce domaine.
Les participants seront ainsi amenés à réfléchir aux modèles d’élevage avicole adaptés au contexte béninois, aux souches animales et aux conditions nécessaires à une production plus performante.
La sécurité sanitaire occupera également une place importante. Le vétérinaire joue un rôle dans le contrôle des denrées d’origine animale, notamment au niveau des postes d’abattage et des abattoirs. Avec des consommateurs de plus en plus attentifs à la qualité des produits alimentaires, cette mission prend une importance accrue.
Un panel sera par ailleurs consacré à la résistance aux antimicrobiens, notamment aux problématiques liées aux soins vétérinaires et à l’utilisation des produits vétérinaires.
Un programme articulé autour de cinq séquences
Selon Dr Kamilou Ouake Seibou, président du comité d’organisation, le programme de cette deuxième édition est articulé autour de plusieurs séquences.
Une conférence inaugurale permettra d’introduire les grandes problématiques liées aux transformations du secteur. Trois panels thématiques porteront notamment sur l’élevage des ruminants, l’aviculture et la résistance aux antimicrobiens.
Un colloque scientifique réunira également des chercheurs béninois et étrangers. Des participants venus notamment du Togo, du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire, du Cameroun et du Sénégal sont annoncés pour présenter leurs travaux et partager leurs expériences.
La rencontre comportera aussi une foire aux innovations. Laboratoires pharmaceutiques, industriels, producteurs d’aliments pour animaux, prestataires de services et institutions financières pourront y présenter leurs produits et solutions. Cet espace doit également favoriser les échanges commerciaux et la création de partenariats entre les différents acteurs des filières animales.
Deux concours animaliers sont également prévus. Le premier portera sur le poulet Goliath, avec la récompense des meilleurs producteurs. Le second concernera les chiens et les chats et mettra l’accent sur la santé et le bien-être des animaux de compagnie. La sensibilisation autour de la rage figure notamment parmi les enjeux associés à cette activité.
La troisième journée sera clôturée par une soirée gala, conçue également comme un espace de plaidoyer sur les défis liés à l’offre de services vétérinaires au Bénin.
Plus de 1 000 participants attendus
Les préparatifs de l’événement sont annoncés comme étant largement avancés. Les invités ont été identifiés et plusieurs ont confirmé leur participation. Les stands prévus pour la foire aux innovations sont également annoncés comme déjà occupés. Les organisateurs espèrent dépasser la participation enregistrée lors de la première édition, avec plus de 1 000 participants, dont environ 300 invités directs.
De par ces trois journées, les professionnels de la santé animale entendent ainsi contribuer aux réflexions sur l’avenir des filières d’élevage au Bénin. Entre évolution des systèmes de production, exigences de sécurité sanitaire, développement de la production nationale et nécessité d’innover, la profession vétérinaire entend prendre pleinement part aux transformations du secteur.
HESSOU Romain

