- « Nous travaillons avec les stations-service pour qu’il y ait de la célérité dans le rythme d’approvisionnement », rassure Laurent Akpo DC/MCI
Alors que des files d’attente et des difficultés d’approvisionnement sont observées depuis plusieurs jours dans plusieurs stations-service de Cotonou, le ministère du Commerce intérieur se veut rassurant. Invité du journal télévisé de 20 heures de Bénin TV, mercredi 30 septembre 2026, le directeur de cabinet du ministre du Commerce intérieur, Laurent Akpo, a affirmé qu’il n’y avait pas de pénurie de carburant. Selon lui, la situation résulte principalement d’une hausse exceptionnelle de la demande dans les stations-service, consécutive aux difficultés rencontrées dans le secteur informel de distribution de l’essence.

« Il n’y a pas de pénurie de carburant ». Laurent Akpo est catégorique. Les difficultés actuellement observées dans les stations-service de Cotonou ne seraient pas liées à une insuffisance des stocks disponibles au niveau national. « Il n’y a pas de pénurie de carburant à Cotonou, il n’y a que les stations-service qui font face en ce moment à une demande inhabituelle », a déclaré le directeur de cabinet du ministre du Commerce intérieur.
Pour expliquer cette situation, il met en avant la structure de la consommation nationale. Selon les chiffres communiqués lors de l’entretien, le Bénin consommerait en moyenne 2,5 millions de litres de carburant par jour. Jusqu’ici, environ 270 000 litres étaient orientés quotidiennement vers le secteur formel, notamment les stations-service, tandis que plus de deux millions de litres étaient écoulés dans le secteur informel.
Les difficultés actuellement rencontrées dans ce dernier circuit auraient entraîné un report massif de la demande vers les stations-service.
Ce transfert soudain de la demande met à rude épreuve la capacité logistique des stations-service. Laurent Akpo estime que les volumes à prendre en charge par le réseau formel ont désormais plus que doublé, passant d’environ 270 000 litres à plus de 600 000 litres par jour.
Une évolution qui, selon lui, n’avait pas été anticipée dans les dispositifs habituels d’approvisionnement des stations. « Les stations-service avaient un dispositif, une logistique qui n’était pas habituée justement à une consommation journalière de ce niveau », a expliqué le directeur de cabinet.
Certaines stations doivent ainsi renforcer leurs moyens logistiques, accélérer les rotations d’approvisionnement et, dans certains cas, réactiver des dispositifs ou recruter du personnel afin de pouvoir absorber cette demande supplémentaire.
Des stocks disponibles au dépôt pétrolier
Malgré les difficultés constatées au niveau des points de vente, le directeur de cabinet assure que les stocks sont disponibles au Dépôt pétrolier du Bénin (DPB). « Au niveau du dépôt pétrolier du Bénin, nous avons du carburant et nous avons un stock de sécurité », a-t-il affirmé.
Il précise que l’État a pris des dispositions afin de garantir l’approvisionnement sur une année pour la consommation formelle. Le problème se situerait donc davantage au niveau de la capacité des stations-service à absorber rapidement une demande devenue exceptionnelle.
Une réunion avec les responsables des stations-service s’est d’ailleurs tenue mercredi matin, selon Laurent Akpo. L’objectif était de les inviter à mobiliser davantage de moyens logistiques afin d’accélérer la desserte des points de vente.
Au-delà des files d’attente observées par les consommateurs, la situation aurait également un impact financier pour l’État. Le directeur de cabinet évoque un surcoût important supporté par le gouvernement pour répondre à cette demande supplémentaire. La hausse des volumes à approvisionner dans le secteur formel impose en effet de mobiliser des moyens supplémentaires pour maintenir la disponibilité du produit.
Laurent Akpo estime que cette situation illustre également les conséquences d’une forte dépendance à l’économie informelle. Pour lui, la formalisation de l’économie doit permettre à l’État de disposer d’une meilleure visibilité sur les différents secteurs d’activité et d’anticiper davantage les éventuels chocs.
Le prix de 725 francs CFA maintenu, mais une vigilance sur les coûts
Interrogé sur le maintien du prix de vente à la pompe, fixé à 725 francs CFA le litre, Laurent Akpo s’est voulu rassurant, tout en soulignant les contraintes financières liées à la situation actuelle. Il a indiqué ne pas annoncer une éventuelle hausse du prix, mais a reconnu que le surcoût actuellement supporté par l’État pourrait devenir difficilement soutenable s’il devait se prolonger.
Le DC a ainsi relié la question du prix à la nécessité de mieux maîtriser les effets de l’économie informelle sur le marché des hydrocarbures.
Pour les usagers confrontés aux files d’attente et aux difficultés d’approvisionnement, le message du ministère se veut donc rassurant. Selon Laurent Akpo, le carburant est disponible et les efforts sont en cours pour améliorer la vitesse de rotation des approvisionnements vers les stations-service. « Je considère que d’ici les jours à venir, la situation va se normaliser », a-t-il assuré.
Le directeur de cabinet s’est montré particulièrement affirmatif en conclusion de l’entretien : « Je suis formel, il n’y a pas de pénurie de carburant. Nous travaillons avec les stations-service pour qu’il y ait de la célérité dans le rythme d’approvisionnement ».
Romain HESSOU

