
Le président de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), Édouard Cyriaque DOSSA, a présidé, le lundi 12 octobre 2026 à Cotonou, l’audience solennelle de rentrée judiciaire de la juridiction. Les travaux consacrés au thème « Humaniser la justice pénale : entre protection des droits fondamentaux et efficacité répressive », ont réuni plusieurs personnalités, dont la vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata Yérima Zimé, des députés et des acteurs du système judiciaire.
À l’ouverture de cette nouvelle année judiciaire, le président de la CRIET a rappelé la portée de cette cérémonie au-delà de son caractère institutionnel. Pour Édouard Cyriaque Dossa, cette rentrée « est une affirmation de la continuité de l’État de droit, une invocation de la force morale de la justice et une rencontre entre la République et ses serviteurs ».
Le bâtonnier Zakari Baba Body a également souligné l’importance de ce rendez-vous pour les professionnels du droit. « Elle nous invite à interroger nos pratiques, à réaffirmer nos principes, et à renouveler notre engagement au service de la justice, de la liberté et de la paix sociale », a-t-il déclaré.
Le thème retenu place au centre des débats une exigence délicate : réprimer efficacement les infractions tout en garantissant le respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine. Le procureur spécial près la CRIET, Elom’n Mario Metonou, a réaffirmé la détermination du parquet à lutter contre les atteintes à la fortune publique, les actes liés au terrorisme et les violences sexuelles. Il a toutefois insisté sur la nécessité de prévenir les abus dans l’application de la procédure pénale. Dans son intervention, le procureur spécial a défendu une ligne qui associe la sévérité à l’égard des auteurs d’infractions graves et la protection des droits des justiciables. « Nous serons intraitables, inflexibles, féroces s’il le faut, contre ceux qui pillent la fortune publique ou pactisent avec la terreur. Nous ne ferons aucune concession aux prédateurs sexuels qui s’attaquent à l’innocence de nos enfants. Mais nous serons en même temps les premières sentinelles à nous dresser contre l’arbitraire de la procédure. Nous ferons résonner la force de la loi, mais nous veillerons à ce qu’elle soit prononcée avec le respect absolu dû à la condition humaine. Le défi de cette année judiciaire qui s’avance dans la lumière ne sera pas de choisir entre le laxisme et la terreur. L’un est une démission, l’autre est une infamie. La CRIET refuse ce choix étroit. Entre le laxisme et la terreur, il existe une troisième voie, noble et exigeante : celle de la proportionnalité », a déclaré Elom’n Mario Metonou.
La rentrée judiciaire a également permis de présenter quelques données sur l’activité de la CRIET au cours de l’exercice écoulé. La juridiction a enregistré 3 849 plaintes et procès-verbaux, contre 3 067 l’année précédente, soit une progression de 25,50 %. Ce bilan ouvre la nouvelle année judiciaire sur un volume de dossiers en hausse, alors que la Cour réaffirme la nécessité de concilier la lutte contre les infractions les plus graves avec le respect des droits fondamentaux.
Augustin HESSOU

