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Lutte contre l’extrémisme violent au Bénin : À Djougou, le PNUD mobilise journalistes et blogueurs contre la désinformation et les discours de haine

Vérification des faits, journalisme éthique et lutte contre les discours de haine sont au cœur d’un atelier de formation ouvert du 13 au 16 octobre 2026 à Djougou, dans le département de la Donga. L’initiative s’inscrit dans le cadre du Projet régional de prévention et de réponse à l’extrémisme violent dans le Corridor Atlantique.

Les journalistes et blogueurs sont appelés à jouer un rôle accru dans la prévention de l’extrémisme violent et la préservation de la cohésion sociale au Bénin. C’est dans cette perspective que s’est ouvert, le mardi 13 octobre 2026 à Djougou, un atelier de formation consacré à la vérification des faits, au journalisme éthique dans le contexte de l’extrémisme violent et à la lutte contre les discours de haine. Prévue pour durer quatre jours, jusqu’au vendredi 16 octobre, cette rencontre bénéficie de l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), avec le soutien de partenaires internationaux, dont la Norvège et le Danemark.

L’initiative intervient dans un contexte marqué par les défis sécuritaires auxquels sont confrontées les populations des départements du nord du Bénin. Elle vise à renforcer les compétences des professionnels des médias afin qu’ils puissent mieux vérifier les informations, traiter les sujets sensibles avec discernement et contribuer à la prévention des tensions communautaires.

Le PNUD mise sur une information fiable et responsable

Dans son intervention, la docteure Sakinatou Bello, coordonnatrice des projets de prévention de l’extrémisme violent au PNUD, a rappelé l’importance de la collaboration avec les professionnels des médias. Elle a notamment évoqué les expériences acquises dans le cadre du Projet d’appui à la cohésion sociale, à la prévention de l’extrémisme violent et à la lutte contre les conflits liés à la transhumance (PACOSO-PEV-LCT), qui a permis de former plus de 100 journalistes en 2024 et 2025 au traitement de l’information en période sensible et sécuritaire.

Pour la coordonnatrice, les médias et les acteurs du numérique occupent une place déterminante dans la construction de l’opinion publique. À l’heure où les réseaux sociaux accélèrent la circulation des contenus, une information mal vérifiée peut alimenter les rumeurs, accentuer les frustrations et fragiliser les relations entre les communautés.

Les travaux de Djougou doivent ainsi permettre aux participants de revisiter leurs pratiques professionnelles, d’identifier les risques liés aux discours stigmatisants et de privilégier des formulations susceptibles de favoriser le dialogue et le vivre-ensemble. La coordonnatrice a également insisté sur la nécessité d’une participation active et d’un partage d’expériences entre les journalistes, les blogueurs et les experts mobilisés.

La Police républicaine appelle à la vigilance

Représentant le directeur départemental de la Police républicaine de la Donga, le commissaire principal de police FATOUMBI M. Bariou, directeur départemental adjoint, a souligné la nécessité d’une communication fiable face aux menaces sécuritaires qui affectent la partie septentrionale du pays. Selon lui, la rapidité de diffusion de l’information à l’ère du numérique constitue à la fois une opportunité de sensibilisation et un risque, notamment en raison de la propagation des fausses nouvelles, de la manipulation de l’opinion et des contenus susceptibles d’inciter à la haine ou à la violence.

Il a rappelé que la responsabilité des journalistes et des blogueurs ne consiste pas uniquement à diffuser des informations, mais également à en garantir, autant que possible, l’exactitude et la fiabilité. La vérification des sources, le recoupement des témoignages et la prudence avant publication constituent, à cet égard, des exigences essentielles.

Le représentant de la Police républicaine a également invité les professionnels des médias à rendre compte des situations sécuritaires sans faire l’apologie de la violence ni stigmatiser des communautés. Il a insisté sur le respect des droits humains, de la liberté d’expression et des principes déontologiques du métier.

La lutte contre la désinformation, une responsabilité partagée

Procédant au lancement officiel de l’atelier, le contrôleur général de police Louis T. TOKPANOU, secrétaire permanent par intérim du Secrétariat permanent de la Commission nationale de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a mis l’accent sur les liens entre désinformation, discours de haine et fragilisation de la cohésion sociale.

Il a souligné que les menaces liées à l’extrémisme violent ne se manifestent pas uniquement sur le terrain sécuritaire, mais peuvent également se développer à travers la manipulation de l’information et les discours qui divisent les populations. Dans ce contexte, une publication non vérifiée peut contribuer à alimenter la peur, à exacerber les tensions locales et à compliquer les interventions des forces de défense et de sécurité.

À l’inverse, un journalisme responsable peut contribuer à désamorcer les tensions et à consolider la confiance entre les citoyens. Le contrôleur général de police a donc exhorté les participants à faire preuve d’assiduité et d’esprit critique tout au long de la formation.

Au programme des quatre jours figurent des communications spécialisées, des échanges d’expériences et des exercices pratiques portant notamment sur la vérification des faits et le traitement des situations sécuritaires.

À travers cette initiative, le Projet régional de prévention et de réponse à l’extrémisme violent dans le Corridor Atlantique entend contribuer à l’émergence d’un réseau de professionnels mieux outillés pour informer avec rigueur, prévenir la propagation des discours de haine et soutenir les efforts de consolidation de la paix au Bénin.

Romain HESSOU

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