Invité de l’émission « L’Invité » d’ESAE TV, ce dimanche 18 octobre 2026, Kamar Ouassagari a défendu le maintien des Démocrates dans l’opposition, au lendemain du deuxième congrès ordinaire du parti. Le secrétaire administratif revient sur les exclusions, les départs de militants et les premières orientations de Romuald Wadagni.

Le parti Les Démocrates n’entend pas rejoindre la mouvance présidentielle sous le mandat de Romuald Wadagni. C’est la position défendue par Kamar Ouassagari, secrétaire administratif de cette formation politique, lors de son passage sur ESAE TV, ce dimanche 18 octobre 2026. Au lendemain du deuxième congrès ordinaire tenu les 10 et 11 octobre, le responsable politique a réaffirmé l’ancrage du parti dans l’opposition, tout en appelant à une appréciation mesurée des premières actions du nouveau chef de l’État.
Convoqué après le constat de l’arrivée à échéance du mandat des instances dirigeantes, le congrès a réuni des délégués venus des 77 communes du Bénin. Pour Kamar Ouassagari, les procédures judiciaires en cours autour de la formation politique ne pouvaient justifier le report de cette rencontre statutaire. Le bureau issu du premier congrès, organisé les 14 et 15 octobre 2023, disposait d’un mandat de trois ans. Le thème retenu, « Bâtir un parti plus uni et restaurer la confiance avec le peuple. Les Démocrates déterminés à défendre la démocratie et la justice sociale », traduit, selon lui, la volonté de tirer les leçons des difficultés accumulées. Le parti n’a notamment pas obtenu de députés lors des dernières législatives et n’a pu participer aux élections communales. Kamar Ouassagari évoque également les difficultés liées au parrainage présidentiel et à l’obtention des duplicatas de quitus fiscaux.
Les exclusions assumées
Les exclusions prononcées à l’issue du congrès ont également occupé une place importante dans l’entretien. Le secrétaire administratif les présente comme la conséquence de manquements aux décisions des instances du parti et aux dispositions statutaires. Il soutient que les personnes concernées avaient auparavant fait l’objet de suspensions. Il conteste, par ailleurs, l’idée d’une vague de démissions traduisant un effondrement de la formation politique. « Nous ne contestons aucun départ », affirme-t-il, tout en précisant que le parti reste ouvert aux militants souhaitant formaliser leur retrait. Selon lui, certaines lettres de démission présentées avant le congrès ne permettaient pas d’établir l’adhésion préalable de tous les signataires.
Face aux accusations de gestion clanique, Kamar Ouassagari assure que les décisions étaient prises par les instances compétentes. Il estime que les départs ne remettent pas en cause la dynamique engagée et invoque les résultats électoraux obtenus dans plusieurs circonscriptions pour défendre la capacité de mobilisation du parti.
Privé de représentation parlementaire, le parti entend poursuivre son action politique en dehors de l’Assemblée nationale. « Ce n’est pas uniquement au Parlement qu’on fait le combat démocratique », insiste l’invite d’ESAE TV. Il écarte ainsi toute perspective de participation au gouvernement de Romuald Wadagni, considérant qu’une telle démarche serait incompatible avec le choix assumé de rester dans l’opposition. Sur la gouvernance du nouveau président, le responsable politique se garde toutefois de porter un jugement définitif. « Il est trop tôt de donner une position sur la gouvernance du président Wadagni », déclare-t-il. Il annonce une prise de position ultérieure du parti, après l’installation de ses nouvelles instances et l’analyse des différents dossiers.
Il relève néanmoins une différence de méthode, notamment à travers les déplacements du chef de l’État au contact des populations. Sans parler d’une ouverture politique établie, il y voit une approche différente de celle observée précédemment sous la gouvernance de l’ancien président Patrice Talon. Il approuve également le principe d’un découpage du territoire en pôles de développement, susceptible, selon lui, de faciliter le suivi de l’action publique. Il a également appelé à une accélération des démarches en vue de la réouverture des frontières, au regard des difficultés rencontrées par les populations frontalières.
Au terme de l’entretien, Kamar Ouassagari présente le congrès comme une renaissance pour Les Démocrates, désormais engagés dans une nouvelle phase de leur organisation. Malgré les départs et les tensions internes, il affirme que les structures locales demeurent en place et que le parti conserve le soutien de sa base militante.
Le message défendu par l’invité d’ESAE TV est celui d’une opposition qui entend préserver son autonomie, poursuivre son action politique et apprécier la gouvernance de Romuald Wadagni à partir de ses actes. À noter que le parti promet de préciser ses positions sur les dossiers nationaux après ses travaux internes, tout en excluant, à ce stade, toute entrée au gouvernement.
Augustin HESSOU

