Le président du parti Les Démocrates (LD) entend reconstruire sa formation politique, restaurer la confiance des Béninois et préparer les prochaines échéances électorales. Invité de l’émission « L’Entretien Grand Format » de BIP Radio, le dimanche 18 octobre 2026, il a également plaidé pour une révision du mécanisme de financement public des partis politiques et une loi d’amnistie en faveur des détenus et exilés politiques.

À la tête du parti Les Démocrates le 11 octobre 2026 à Porto-Novo, lors du 2e congrès ordinaire de la formation politique, Nourénou Atchadé affiche sa détermination à relancer la formation politique, fragilisée par plusieurs démissions et le départ de figures majeures. Élu à la présidence par consensus, selon ses déclarations, il entend miser sur la consolidation des structures de base, la mobilisation des militants et la préparation des prochaines échéances électorales.
Sur le plateau de BIP Radio, le nouveau président LD a défendu la vitalité de son parti, malgré les turbulences internes. Pour lui, les départs enregistrés au sommet ne signifient pas la disparition de la formation politique. « La base est restée », a-t-il insisté, évoquant la présence de militants et de responsables locaux venus de plusieurs communes lors du congrès. Il estime que la solidité du parti devra toutefois se mesurer concrètement lors des prochaines consultations électorales.
Reconstruire la confiance après les crises
Revenant sur les difficultés traversées par Les Démocrates, Nourénou Atchadé a notamment évoqué le retrait du parrainage de Michel Sodjinou, qu’il considère comme un épisode ayant fortement entamé la confiance de l’opinion envers le parti. Il reconnaît que la formation politique n’a pas réussi à préserver tous ses soutiens, tout en estimant que des facteurs internes et externes ont contribué à ses difficultés.
Le départ de Boni Yayi de la présidence constitue également un défi. Nourénou Atchadé reconnaît que son prédécesseur dispose d’une légitimité nationale difficile à remplacer. Il assure cependant que cette séparation s’est faite pour des raisons personnelles et de santé, sans conflit avec les responsables du parti. Il affirme entretenir de bons rapports avec l’ancien président et considère que la nouvelle direction doit désormais coordonner les différentes personnalités et leurs bases respectives.
Pour restaurer la confiance, le président des Démocrates annonce des rencontres avec les militants afin de leur expliquer les événements récents et les orientations futures. Il évoque également la mise à jour des textes du parti et la réorganisation des structures départementales et locales.
Une opposition qui entend rester active
Malgré l’absence de représentants du parti à l’Assemblée nationale et dans les exécutifs municipaux, Nourénou Atchadé assure que Les Démocrates entendent poursuivre leurs activités politiques. Il défend une opposition fondée sur l’analyse de l’action gouvernementale, la contradiction et la formulation de propositions.
Le président LD affirme que certaines mesures engagées par les autorités, notamment dans les domaines agricole et sanitaire, rejoignent des propositions antérieurement formulées par son parti. Il cite les subventions agricoles et la prise en charge des personnes dialysées, pour lesquelles il souhaite une couverture plus globale des coûts.
Concernant les pôles de développement, il se montre favorable au principe, mais critique leur découpage. Selon lui, les regroupements devraient davantage tenir compte des potentialités économiques des territoires, notamment agricoles et touristiques, plutôt que de reprendre une logique essentiellement géographique.
Le financement des partis politiques figure aussi parmi ses préoccupations. Nourénou Atchadé juge injuste le système actuel, qui, selon lui, concentre le financement public sur les formations disposant d’élus. Il propose un mécanisme à deux volets : une part destinée au fonctionnement des partis légalement reconnus et une autre répartie en fonction du nombre d’élus. En attendant une éventuelle réforme, il affirme que Les Démocrates comptent sur les cotisations des responsables et des militants ainsi que sur les autres ressources prévues par leurs textes.
Une loi d’amnistie réclamée
Sur le terrain institutionnel, le président des Démocrates réitère ses réserves concernant le Sénat, dont il conteste notamment le mode de désignation des membres et les pouvoirs attribués. Il estime que la composition de cette institution devrait mieux refléter la diversité politique nationale.
Interrogé sur la gouvernance du président Romuald Wadagni, il livre une appréciation nuancée. Il salue certaines initiatives diplomatiques auprès des pays voisins et les perspectives de réouverture de la frontière avec le Niger. En revanche, il regrette l’absence, selon lui, d’avancées sur le retour des exilés politiques et la situation des détenus qu’il qualifie de prisonniers politiques.
Nourénou Atchadé appelle particulièrement le président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou, à contribuer à une décrispation politique par des mesures législatives correctives, notamment une loi d’amnistie générale. Il estime que la recherche de la paix doit engager l’ensemble des institutions concernées.
Élu pour un mandat de cinq ans, le président des Démocrates Nourénou Atchadé ambitionne de bâtir un parti plus uni, mieux implanté sur l’ensemble du territoire et capable de remporter des élections. Il affirme que la préparation de l’échéance de 2033 a déjà commencé, avec pour priorité de consolider les bases militantes et de maintenir une présence politique continue sur le terrain.
Romain HESSOU

