
À la suite de la cérémonie d’ouverture du Forum des Zones Économiques Spéciales ce mercredi 21 octobre 2026, une conférence de presse s’est tenue au Sofitel Hôtel de Cotonou. Coanimée par Létondji Béhéton, Directeur général de la SIPI-Bénin, Jean Arsène Yérima, Directeur des opérations pour l’Afrique de l’Ouest francophone d’Afreximbank, et Eustache Kotingan, Président du Conseil National du Patronat (CNP-Bénin), la rencontre a également enregistré la présence de Maryse Lokossou, Directrice générale de la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin (CDC-Bénin). L’échange avec les hommes des médias a permis de lever le voile sur les performances et les perspectives de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ).
Dès l’entame de cette rencontre avec la presse, le DG de la SIPI-Bénin a planté le décor sur les mutations structurelles impulsées par le gouvernement béninois. Létondji Béhéton a insisté sur la rupture avec le modèle colonial d’exportation brute. « Vous n’êtes pas sans savoir que le coton est la première recette d’exportation de notre pays et que ce coton non transformé, pendant de nombreuses années, nous a toujours rapporté entre 500 et 700 millions de dollars tous les ans », a-t-il rappelé. Grâce à l’implantation des unités intégrées, la zone transforme aujourd’hui 40 000 tonnes de fibres, soit 12,7 % de la production nationale, générant une valeur marchande considérable et des marques mondiales telles que Kiabi, US Polo Association et H&M. Le DG a également mis en avant l’impact social de la plateforme : « Il y a plus de 25 000 personnes qui travaillent dans la zone, qui, il y a trois ans, ne travaillaient pas dans la zone. C’est plus de 25 000 familles qui sont impactées ». Il n’a pas manqué de balayer d’un revers de main les stéréotypes sur les conditions de travail : « Tous ceux qui travaillent dans cette zone ont un contrat de travail, bénéficient d’une pension et d’une assurance maladie. Qu’ils soient ouvriers, au cadre, etc. »
Interrogé sur la décision audacieuse d’Afreximbank de financer ce projet malgré la frilosité de certains bailleurs, Jean Arsène Yérima a réaffirmé la vocation contracyclique de son institution. « Afreximbank est une émanation de l’Union africaine qui a été mise en place à travers la BAD. La mission de la Banque, c’est de promouvoir le commerce intra-africain et augmenter la part de l’Afrique dans le commerce global », a-t-il expliqué. Confirmant que les voyants sont résolument au vert après quelques années d’exploitation, il a détaillé les mécanismes de garantie et de partage des risques mis à disposition des banques commerciales et des PME pour pérenniser ces investissements.
Abordant le défi crucial de l’approvisionnement énergétique, Létondji Béhéton s’est voulu rassurant en dévoilant les projets d’envergure en cours. « On vient de finir la construction d’un pipeline gazier de 30 kilomètres qui relie la zone économique spéciale de Glo-Djigbé à Maria Gléta, où nous avons déjà une centrale thermique », a-t-il annoncé. Il a également précisé qu’une nouvelle centrale thermique de 225 mégawatts et des parcs solaires de 300 mégawatts permettront de couvrir durablement les besoins énergétiques de la plateforme industrielle dans les mois et années à venir.
Augustin HESSOU

