
Lors de la deuxième édition du dialogue de partenariat tenue le 21 octobre 2026 à Cotonou, l’électricité s’est affirmée comme l’un des piliers stratégiques des échanges entre le Bénin et l’Union européenne. Le cadre de concertation, réunissant notamment le ministre de l’Énergie Édouard Dahome et le chef de la délégation européenne Stéphane Mund, s’est concentré sur les données factuelles et les projections du secteur. La ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a rappelé à cette occasion l’importance de ce dialogue pour « faire en sorte que les retombées des accords de coopération se traduisent par des bénéfices concrets pour les populations ». De son côté, Stéphane Mund a souligné la volonté commune de procéder à « l’examen des acquis de la coopération et des difficultés rencontrées » afin de dégager de nouvelles perspectives durables.
Des ressources financières globales de 427 millions d’euros
Soutenu par la stratégie Global Gateway et l’action de l’Équipe Europe, le développement électrique béninois s’appuie sur une planification budgétaire rigoureuse. Au titre de l’instrument financier européen IVCDCI, le Bénin bénéficie d’une enveloppe nationale initiale de 255 millions d’euros pour la période 2021-2024, suivie d’une seconde dotation de 172 millions d’euros programmée pour les années 2025 à 2027, soit un total de 427 millions d’euros. Le ministre délégué chargé de la Mobilisation des ressources extérieures, Hugues Oscar Lokossou, a qualifié ces discussions de « cadre d’échanges sur des enjeux politiques et géopolitiques, avec la volonté de parvenir à des résultats utiles au développement du pays ».
Des objectifs de 64 MW solaires et 1 million de bénéficiaires
Sur le plan opérationnel, les partenaires visent l’extension de l’accès à l’électricité pour au moins 1 million de personnes d’ici à 2027, grâce au renforcement des réseaux de transport et de distribution, en particulier dans la région Atlantique et autour de la capitale. Concernant la transition écologique, les projets prévoient le déploiement d’au moins 64 MW de capacité d’énergie solaire d’ici 2027, permettant d’économiser au moins 92 kilotonnes de CO2 par an. Dans les zones rurales du septentrion, cette dynamique s’accompagne du déploiement de mini-réseaux et de kits solaires autonomes pour accroître la résilience des populations.
Intégration régionale
La coopération intègre également la modernisation de la centrale hydroélectrique de Nangbéto d’une capacité de 65 MW à la frontière avec le Togo, ainsi que la création du centre d’information du marché régional de l’énergie de la CEDEAO via le Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain. Enfin, sur le site portuaire, une étude de faisabilité évalue l’installation de 5 éoliennes associées à une tour de mesure du vent pour accélérer la décarbonation.
Olivier ALLOCHEME