
La campagne 2026-2027 de commercialisation du soja commence ce vendredi 6 novembre 2026. Selon un communiqué du gouvernement, les opérations d’achat et de vente se déroulent selon le principe du marché libre, sans prix plancher imposé. Afin de concilier la priorité accordée aux usines de transformation nationales et l’écoulement des excédents, les opérations d’exportation par le Port autonome de Cotonou débuteront le lundi 15 février 2027, bénéficiant d’une Contribution à la Recherche Agricole réduite à 30 FCFA le kilogramme.
Le Bénin a enregistré une progression continue de sa récolte oléagineuse au cours des cinq dernières campagnes. D’après la Direction de la Statistique Agricole, la production nationale est passée de 253 954 tonnes en 2020-2021 à 291 279 tonnes en 2021-2022, puis à 421 886 tonnes en 2022-2023. La dynamique s’est maintenue avec 520 929 tonnes en 2023-2024 avant d’atteindre le niveau record de 606 016 tonnes en 2024-2025, soit une hausse de 16,33 % sur un an. Premier groupe de légumineuses du pays, le soja représente plus de 60 % de cette catégorie vivrière.
La stratégie industrielle de l’État
La politique publique s’articule autour de la création de valeur ajoutée nationale, encadrée par le décret N° 2022-568 interdisant l’exportation de graines brutes non régulées. L’État concentre le traitement industriel au sein de la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé. La mise en service du complexe d’Ehua Industries, doté d’une unité de trituration de 100 000 tonnes et d’une usine d’aliments pour bétail de 180 000 tonnes, concrétise cette ambition. Sa fondatrice, Annick Achi-Magne, souligne que « ce site est l’aboutissement d’un projet porté depuis plusieurs années avec la conviction que le Bénin peut produire, transformer et nourrir sa propre filière d’élevage ».
Perspectives d’intensification
Face à des rendements moyens stagnants entre 1 000 et 1 250 kg par hectare, l’État déploie la Société de Développement des Semences et Plants pour fournir des intrants certifiés et s’appuie sur le Fonds National de Développement Agricole. Sur le terrain, Maria T. I., productrice à Kouandé, explique que « ce que nous voulons avant tout, c’est avoir des semences certifiées en quantité suffisante et à temps ». De son côté, Steev Adjaman, président de l’Union nationale des coopératives des producteurs de soja du Bénin, indique que « sur le plan national, nous ne répondons pas souvent aux besoins des producteurs ». La modernisation visée cherche à franchir le cap des 2 000 kg par hectare pour consolider la souveraineté alimentaire régionale.
Olivier ALLOCHEME