
La Banque mondiale a rendu public il y a quelques jours son rapport d’octobre 2026 consacré aux perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne. L’institution souligne que « La croissance économique en Afrique subsaharienne s’est maintenue en 2026 en dépit des tensions géopolitiques accrues et d’une série de vents contraires régionaux et nationaux ». L’institution prévoit une accélération progressive de la croissance globale dans la région, qui devrait s’établir à 4,3 % en 2026 contre 4,1 % en 2025. Au sein de cet ensemble continental, le Bénin s’impose comme une locomotive. Après avoir enregistré une moyenne historique de 4,8 % sur la période 2010–2019, l’expansion du PIB réel béninois s’est accélérée pour atteindre 7,5 % en 2024 puis 8,1 % en 2025. Selon les projections de la Banque mondiale, cette dynamique se poursuivra à un rythme de 7,8 % en 2026, 7,7 % en 2027 et 7,5 % en 2028.
Une performance qui surclasse la CEDEAO et l’UEMOA
Ces trajectoires placent le Bénin au-dessus des performances moyennes de ses ensembles sous-régionaux. Pour la CEDEAO, la croissance économique moyenne est projetée à 4,5 % en 2026. Au niveau de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), où l’expansion s’établit à 5,6 % en 2026 après 6,3 % en 2025, le Bénin occupe le premier rang. Le rapport indique à ce titre que « la forte expansion économique au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Niger devrait rester un moteur clé de la performance de l’UEMOA ». Avec une prévision de 7,8 % pour 2026, le Bénin surpasse nettement des pays comme le Niger (7,0 %), la Côte d’Ivoire (6,2 %), le Togo (5,2 %), le Burkina Faso (5,0 %) et le Mali (5,0 %). « Les réformes visant à améliorer le climat des affaires, à développer les infrastructures, à approfondir l’intégration des marchés et à attirer les investissements privés soutiennent la croissance dans les secteurs hors ressources », explique le rapport.
Une trajectoire de dette sous contrôle et orientée vers le désendettement
Sur le plan des finances publiques et de la gestion de l’endettement, le rapport offre une analyse détaillée de la dynamique béninoise. À la suite du retracement comptable des prêts rétrocessionnés aux entreprises publiques, le ratio de dette publique brute du Bénin s’est établi à 60,5 % du PIB en 2024. Toutefois, contrairement à de nombreuses économies confrontées à un alourdissement du service de leur dette, le pays s’engage sur une pente de désendettement continu. La Banque mondiale prévoit un abaissement graduel du ratio de dette publique à 59,3 % en 2025, 57,4 % en 2026, 55,3 % en 2027 et 53,3 % en 2028. Parallèlement, le déficit budgétaire demeure encadré, ressortant à -3,1 % du PIB en 2026, -2,9 % en 2027 et -2,8 % en 2028.
Dans une perspective régionale et continentale, la position du Bénin demeure favorable. Alors que le ratio de dette béninois projeté à 57,4 % en 2026 se situe largement en deçà du plafond communautaire de 70 % fixé par l’UEMOA, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne affichent des niveaux de dette bien plus élevés, à l’image du Togo (63,6 %) ou du Kenya (71,1 %). Cette maîtrise combinée du déficit et de l’encours de la dette conforte la crédibilité financière du Bénin et préserve la confiance des partenaires internationaux.
Olivier ALLOCHEME