- (Il appelle son prédécesseur à s’effacer de la vie politique avec lui après la présidentielle 2026)

Dans un entretien exclusif qu’il a accordé dans la soirée de ce mardi 04 novembre 2025 à la télévision nationale, le Chef de l’Etat Patrice Talon a vivement exprimé sa préoccupation sur le climat de tensions politiques permanentes que vit le Bénin depuis quelques années, exacerbé ces dernières semaines à l’approche des élections générales de 2026. C’est un Patrice Talon visiblement peiné, qui s’est enfin donné pour devoir d’indexer l’un des auteurs majeurs de cette situation, en la personne de Boni Yayi, l’ex-chef de l’Etat et président du parti de l’opposition Les Démocrates. « Je dois vous avouer que la situation dans laquelle se trouve la dynamique électorale ne m’enchante pas du tout. Elle porte un préjudice à l’image de notre pays » s’indigne-t-il. Il poursuit sur un ton plus grave : « depuis 2016, mon prédécesseur, le président Boni Yayi, s’emploie avec beaucoup d’énergie à faire échec à toutes les réformes, quelles qu’elles soient, et à l’action publique, quel que soit le secteur… » Pour Patrice Talon, la volonté du régime de la rupture d’associer toutes les compétences et bonnes volontés, quels que soient leurs bords politiques, à la construction du pays s’est pourtant manifestée très tôt, et ce dès la formation du premier gouvernement. Les différentes crises qui ont émaillé toutes les élections qui ont suivi après son arrivée au pouvoir, en 2016 tiennent, selon lui, de la position tranchée d’un seul homme, Boni Yayi, réticent à tout consensus, même quand des acteurs politiques de son camp en sont parfois consentants. Patrice Talon a évoqué plusieurs exemples pour illustrer ses propos, jusqu’à la plus récente concertation qu’il a eue avec Boni Yayi suite à l’invalidation du duo candidat du parti Les Démocrates à la présidentielle 2026. Il révèle avoir suggéré à son prédécesseur qui sollicitait son implication pour que le parti LD puisse participer à succès aux législatives 2026, d’aller en accord de coalition parlementaire avec d’autres formations politiques. Mais rien n’y fit à ce jour, regrette Patrice Talon, qui au finish, appelle tout simplement Boni Yayi à s’effacer de la vie politique avec lui, après les élections de 2026, parce que la guéguerre entre eux, à le croire, a « trop pourri » cette vie politique.
Du reste, le vœu le plus cher exprimé hier par le président de la République au cours de cet entretien est que, le Bénin continue de rassembler ses fils qui ont la vocation politique pour qu’ils puissent travailler travailler ensemble pour son développement. « C’est ma volonté, c’est ma prière…» a laissé entendre Patrice Talon.
Christian TCHANOU
L’intégralité de l’entretien exclusif avec le Président Patrice TALON autour des grands sujets d’actualité nationale
Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans cet entretien exceptionnel avec le président de la République Patrice Talon qui prend aujourd’hui la parole au cœur de ce qui ressemble à une tambouille préélectorale.
Monsieur le Président, bonsoir.
Merci de nous recevoir ici dans l’un de vos bureaux du Palais de la Marina.
Monsieur le Président, l’ambiance préélectorale, vous le savez, elle n’est pas des plus sereines puisqu’il y a encore des partis politiques qui n’arrivent pas à satisfaire aux conditions prévues par les lois électorales. Comment appréciez-vous cette situation ? Et puis, avec le recul, est-ce que la réforme du système partisan n’est pas un peu trop exigeante ?
Patrice Talon : Je dois vous avouer que la situation dans laquelle se trouve la dynamique électorale ne m’enchante pas du tout. Elle porte un préjudice à l’image de notre pays.
Mais pour autant, il n’y a pas lieu d’indexer la réforme du système partisan, encore moins le code électoral. Les infortunes qui s’observent chez les démocrates sont-elles la conséquence d’un code électoral trop contraignant ou résultent-elles d’une main cachée, en l’occurrence celle du président Talon ? Comme je suis devenu le souffre-douleur du président Boni Yayi et le bouc émissaire idéal pour tout ce qui ne va pas chez les démocrates, que puis-je dire pour ne pas être condamné ? Je suis le coupable idéal. Mais avant d’aller à l’échafaud, je vais vous dire à vous toute la vérité.
Tout ce que j’essaye de couvrir depuis fort longtemps en raison de ma charge et de la réserve que cela m’impose. En effet, depuis 2016, mon prédécesseur, le président Boni Yayi, s’emploie avec beaucoup d’énergie à faire échec à toutes les réformes, quelles qu’elles soient, et à l’action publique, quel que soit le secteur. Avant 2016, tout le monde priait pour une réforme du système partisan. Nous l’avons engagée et j’en suis fier.
Elle consistait à encourager, voire contraindre, les partis politiques au regroupement. La FCBE qui était à l’entame de la réforme, je crois le parti le plus grand de la centaine de petits partis que comptait le Bénin, avait l’opportunité d’absorber un grand nombre de ces petits partis et de devenir un grand parti d’envergure nationale, pour peu qu’elle en ait la volonté.
Mais comme c’est une réforme engagée par Patrice Talon, pas question que cette réforme prospère, même si la FCBE devait en profiter. De même, l’appel de Patrice Talon à entrer en partenariat avec la FCBE et à accueillir des cadres FCBE dans la gouvernance politique et technique du pays a été refusé à tous ceux qui ont estimé le contraire et ont montré leur disponibilité à collaborer. Tous ceux-là ont été bannis.
Cette volonté du régime de la rupture d’associer toutes les compétences et bonnes volontés, quels que soient leurs bords politiques, à la construction du pays s’est manifestée très tôt et ce dès la formation du premier gouvernement. C’est dans cette perspective d’ailleurs que monsieur Jean-Claude Houssou, membre du staff de campagne de Lionel Zinsou, a été appelé au gouvernement en qualité de ministre de l’énergie dès le lendemain de l’élection présidentielle. Beaucoup d’autres, en raison de leurs compétences techniques ou de leur leadership politique, ont été appelés pour servir le pays aux côtés de Patrice Talon, élu comme président de tous les Béninois et non comme président d’une partie des Béninois.
Certains restaient fidèles à la ligne du parti et de son chef, je parlais des FCBE, du président Yayi Boni, sont manifestement entrés en quasi-rébellion contre le nouveau régime et ceux qui ont choisi de servir le pays à mes côtés ont été, comme je l’ai dit, purement et simplement bannis. Ce sont ces deux phénomènes, refus d’adhérer aux réformes politiques et refus de toute collaboration avec le nouveau régime, qui ont conduit pratiquement à la scission des FCBE puis à la création du parti Les Démocrates. Je résume.
Et je peux vous dire que le point d’orgue de cette opposition radicale de principe a été atteint à l’occasion des élections de 2019.
Mais de quoi s’est-il agi concrètement, monsieur le Président ?
Mais vous n’avez pas manqué, tant que Béninois, de suivre les événements, tout ce qui s’est passé au Parlement, puis à l’occasion de l’élection, avec les drames qui ont suivi. Souhaitez-vous que j’aille dans le détail ?
Allons-y, on veut bien comprendre, monsieur le Président.
Je crois que c’était en février 2019 que j’ai reçu ici au Palais l’ensemble des partis politiques représentés au Parlement, parce que nous venons d’engager la réforme du système partisan. Les textes adoptés, qui répondaient parfaitement à l’attente de tous avant 2016, ces textes ont commencé à bouder par une partie de la classe politique, notamment FCBE d’alors. Et ils ont estimé que les nouveaux textes n’étaient pas convenables, trop rigides et risquaient de ne pas les faire gagner les élections.
Mais comme nous sommes au début du processus et qu’il fallait trouver un terrain d’entente, j’ai accepté que l’ensemble des acteurs politiques au Parlement se mettent ensemble pour trouver les tests qui, selon eux, permettraient à tout le monde d’aller aux élections sereinement, tout en engageant la réforme du système partisan. Ne pas rester au statu quo de notre passé connu, excusez-moi le terme, de « pagaille politique », mais d’engager une réforme qui reste à la portée des uns et des autres. La rencontre a eu lieu au Parlement, sous la présidence du président Adrien Houngbédji, président de l’Assemblée à l’époque, et un consensus a été trouvé.
L’ensemble de tous les acteurs représentés au Parlement ont abouti à un consensus. Je crois que ce consensus a été consigné dans un document le 18 mars 2019. Ceux représentant l’opposition dans le comité sont allés voir le président Yayi Boni pour lui présenter le consensus.
Mais tenez-vous tranquilles, le président Yayi Boni a refusé que le consensus soit adopté, que les textes prévus pour être votés, afin non seulement d’engager la réforme, mais de permettre à tout le monde d’y aller plutôt aisément. Ces textes ont été refusés par le président Yayi Boni. Il a dit aussi, ceux qui sont venus le rencontrer, que les choses n’ont qu’à rester en l’état, que si l’élection ne doit pas avoir lieu, elle n’aura pas lieu, et que nous verrons bien.
La mort dans l’âme, ses propres représentants revenus au Parlement, ont indiqué que, bien qu’ils aient travaillé au consensus, bien que les nouveaux tests devaient être pris, leur convenait bien, mais que la ligne du parti ne permet pas d’avancer et de signer quoi que ce soit. Encore moins de voter de nouveaux textes, puisqu’il était prévu que les tests changent.
Je dois préciser qu’à la suite des négociations au Parlement, tous les représentants de chaque camp, Mouvances, Opposition et consorts, comme je disais tout à l’heure, après avoir abouti au consensus, tous les représentants désignés avaient signé l’accord de consensus.
Donc avant d’aller soumettre cela au président Yayi Boni. C’est parce que celui-ci a refusé, qu’il n’est pas question que le consensus soit mis en œuvre, qu’ils sont donc revenus et ont dénoncé leur propre signature.
Ils l’ont dénié finalement.
Après l’avoir signée. Cela, j’étais là pour le préciser, parce que pour tout le monde, il paraissait évident que ce consensus soit mis en œuvre. C’est pour ça que je crois que les représentants de l’opposition n’ont même pas estimé nécessaire d’aller solliciter l’approbation des documents avant de les signer.
C’était évident pour eux, parce que tout ce qu’ils ont demandé a été pris en compte. Mais malheureusement, l’approbation du président Boni Yayi n’a pas été obtenue et ils sont revenus au Parlement pour dénier leur propre signature et se retirer de la salle. Et d’ailleurs, à la mise en œuvre des textes, je crois, je ne me souviens plus le bon souvenir des choses, toute l’investigation a été évoquée, ils sont carrément sortis de la salle.
Voter un nouveau texte, ils n’en avaient rien à faire. Continuer avec les textes existants, pareil. Est-ce qu’il fallait bloquer le pays ? S’arrêter là, on fait quoi ? Avec les textes existants ou de nouveaux textes, rien ne se fera.
Le Parlement a continué avec les textes existants et nous sommes allés aux élections législatives 2019. Vous connaissez la suite. Et c’est quelque chose que je n’ai jamais voulu évoquer dans ces détails-là, parce que je pense que, comme dit le président Yayi Boni lui-même, les intrigues du genre peuvent être gérées sans que l’opinion, dans son ensemble, ne découvre ces détails qui ne nous honorent pas, et encore moins un ancien président de la République.
Mais je suis tenu à la fin de dire que tout le monde m’entend, que ce qui s’est passé en 2019, c’est le président Boni Yayi qui a été le seul responsable. Il a empêché la tenue normale des élections. Il a empêché les démocrates de participer aux élections.
C’était la FCBE à l’époque, parce qu’il a empêché que des tests consensuels soient mis en œuvre pour permettre une élection apaisée. Il a pratiquement empêché que les élections aient lieu dès l’adoption des textes au Parlement. J’ai assumé.
J’ai été vu comme celui qui est à l’occasion, qui est à l’origine des violences électorales que nous avons connues. C’est mon rôle, celui de la charge, j’ai assumé. Mais ce qui se passe, et qui continue de se passer, ne peut pas me permettre de rester silencieux indéfiniment.
Alors, je crois qu’à la suite de cet événement, nous avons eu droit à l’installation de ce Parlement qualifié de monocolore, la huitième en législature, qui s’est installé sans la FCBE, et qui a été qualifié de monocolore. Mais devrions-nous arrêter toutes les réformes en raison de cette situation ? De l’opposition du président Boni Yayi ? De faire partie du pays normal ? Ou bien fallait-il continuer à construire le pays en faisant les réformes, en espérant que la foi dont le président Boni Yayi se réclame finirait par la souplier ? Nous prions tous, et nous espérons chaque fois que le ciel nous accorde de faire de bonnes œuvres, de calmer nos pulsions, nos colères, pour que autour de nous la vie soit confortable pour les uns et les autres. Et moi j’ai espéré que cette foi finirait par avoir raison de la position du président Boni Yayi. Mais je crois que rien n’y fit.
Nous avons donc décidé de ne pas arrêter le processus de mise en œuvre des réformes, et nous sommes allés le plus loin possible pour rester dans la dynamique de l’aboutissement à un pays doté de grands partis politiques, susceptibles de représenter toutes les régions du Bénin à l’occasion de chaque élection, que ce soit législative, communale ou présidentielle. Notre action, qui n’a pas manqué de continuer d’amadouer le président Boni Yayi et les FCBE d’alors, nous a amenés à convoquer un dialogue politique en octobre 2019.
L’intérêt de ce dialogue était de tourner la page de la non-participation des FCBE aux élections, de la violence qu’il y a eu, et qu’ensemble nous repartions sur une nouvelle base avec des tests peut-être nouveaux, un peu réajustés. Nous avons été constamment dans cette dynamique de rediscuter avec les uns et les autres, de trouver des compromis pour avancer. Presque tous les partis politiques existants au Bénin alors, en ce temps, qui ont été invités au dialogue, sont arrivés, y compris le FCBE.
Je crois qu’à l’époque, il y avait une dizaine de partis convenablement enregistrés selon la charte des partis, et les FCBE ont participé au dialogue. Mais le fait d’avoir participé au dialogue, Boni Yayi a décidé d’exclure tous les cadres FCBE, les leaders FCBE qui sont venus au dialogue. Vous connaissez, vous avez suivi un peu ce qu’il s’est passé dans cette période-là.
Un processus a été engagé pour les exclure du parti. Je crois que c’était même allé en justice. Je crois que le président Boni Yayi n’a pas réussi à les exclure du parti, et le parti devait rester dans son intégrité avec tout le monde.
C’est ce qui a fait partie du président Boni Yayi avec certains, et qui a donné lieu à la création des démocrates. Ce parti est né du fait de la participation des FCBE au dialogue politique. Il ne fallait pas que les FCBE participent à des échanges dits dialogue politique.
Voilà la situation dans laquelle nous avons été jusqu’à la création du parti Les Démocrates en 2020, je crois. Puis le pays a continué son chemin jusqu’à l’avènement des élections législatives de 2023. Je passe les détails de ce qui s’est passé jusque-là.
Mais je n’ai pas arrêté de faire le charme aux uns aux autres, de les amadouer, de les supplier même de venir et prendre le train en marche. Et en effet, Les Démocrates se sont résolus à participer enfin aux élections. Et ils ont été donc candidats aux élections de 2023, aux élections législatives.
La suite, avec les mêmes lois, les mêmes textes, parce qu’on a réussi à les supplier, à les amadouer comme ça, ils sont allés aux élections et ils ont eu 28 députés avec les mêmes textes.
A peine cet obstacle franchit, c’est-à-dire l’élection 2023 avec les nouveaux tests, que les prémices d’un contournement des dispositions mises en place ont commencé à apparaître ici et là, y compris dans mon propre camp. C’est-à-dire qu’après un an, deux ans, trois ans d’efforts, de sacrifices les uns des autres pour rester dans le grand ensemble, et à nos élections, je crois que nos démons nous ont rattrapés.
Au sein du l’Union Progressiste le Renouveau, qui est un parti qui me soutient, les velléités de liberté ont commencé à s’exprimer, à se faire voir. Pareil au Bloc Républicain. Et encore davantage chez Les Démocrates, qui venaient à peine de se constituer, d’aller aux élections et d’avoir des députés.
J’ai même reçu, en ce temps, une partie des cadres, des personnalités non moins importantes des démocrates qui m’ont prié, que maintenant qu’ils sont tous au Parlement, qu’ils m’ont prié de revoir les seuils fixés pour avoir accès au partage des sièges dans le code électoral. Ça demande également, je l’ai entendu, au sein des BR et au sein de l’UP le Renouveau. Alors vous comprenez quelle a été ma tristesse.
Est-ce qu’il fallait revenir en arrière, baisser les seuils pour qu’à nouveau les parties s’éclatent ? Parce qu’un seuil plus bas permettait, à ses deux parties, de se diviser en deux ou trois. Et je l’ai dit, même plusieurs fois ici, à l’occasion de cette rencontre, je l’ai dit au président Boni Yayi quand il m’a dit qu’il allait me voir, j’ai dit « Monsieur le Président, si j’avais accepté de m’engager avec vous dans la révision du code électoral pour baisser les seuils, les démocrates auraient déjà explosé. Et pas vous seuls, les UP-R et les BR.
Dans ces conditions, vous comprenez pourquoi je suis resté droit dans mes bottes, en essayant de convaincre les uns et les autres de bien vouloir rester là où ils sont, là où chacun se trouve, afin que nos sacrifices ne soient pas vains, puisqu’on serait retourné à la case départ. Voilà donc ce qui nous a amené à maintenir les textes, le code électoral, les textes actuels en l’état, pour, je dirais, forcer la main aux uns et aux autres de rester ensemble et même aller au-delà pour continuer le regroupement. Puis arrive le moment présent, l’élection présidentielle et les élections législatives et communales de 2026, et patata.
Le code électoral actuel a certes placée la barre haut, pour tout le monde, mais a surtout permis, voire recommandé à chacun d’être disposé, après les élections, à échanger avec les autres, afin qu’ils ne se voient plus comme des ennemis, car c’est ce qui se passe actuellement et cela ne doit pas continuer. Et quand je dis par là, vous observez que les échanges politiques, tout ce que fait le régime actuel, et la réaction, les commentaires, l’opposition des partis dits d’opposition, donnent l’impression que nous sommes dans un champ de bataille, sur un ring. Et ça, je l’ai dit n fois, on ne peut pas construire un pays quand on a l’impression qu’il y a une partie du pays contre l’autre.
Je suis à la fin de mon mandat, et ce serait regrettable que je ne fasse rien pour que les choses changent. Ce n’est pas quelque chose qui m’a enchanté, c’est quelque chose dont j’ai souffert tout le temps, et le mois est arrivé pour moi, devrait être pour la suite. Les choses ne se passent plus ainsi.
Et je vais l’illustrer par un fait qui s’est passé il n’y a pas longtemps. Le vote du budget de l’État de 2025. Quand le gouvernement a travaillé sur le procès du budget, le ministre des Finances est allé au Parlement, rencontrer les divers groupes parlementaires, les diverses commissions, pour échanger sur l’articulation du budget et ses détails.
Les Démocrates, pour une fois, ont participé au débat, et ont fait des observations pertinentes, et ont suggéré des modifications et des amendements au projet de budget. Le ministre des Finances s’est employé à prendre en compte la quasi-totalité des observations et des recommandations des démocrates. C’était une belle occasion pour montrer que le pays est un, indivisible.
Et je profite pour l’en féliciter à nouveau, mais toutes les gymnastiques possibles ont été faites, pour que toutes les observations soient prises en compte et toutes les recommandations des démocrates soient intégrées au projet de budget. Le ministre est revenu au gouvernement, présenter la nouvelle mouture. Le gouvernement l’a approuvée entièrement dans son intégralité, et a souhaité que le budget soit voté en l’état, avec les nouvelles dispositions.
Au vote, les démocrates ont fait exactement ce qu’ils ont l’habitude de faire, exactement le contraire de ce qu’ils ont souhaité. Quelques temps, quelques jours avant, ils ont voté contre le budget. Comment ça peut se comprendre ? Et nous avons appris dans la coulisse que le compte rendu qui a été fait au président Yayi Boni pour solliciter son accord avant de voter le budget, que cet accord n’a pas été obtenu et que le président leur a interdit de voter le budget, bien que celui-ci ait pris en compte la quasi-totalité de leurs observations et recommandations.
Ce n’est pas acceptable. Et vous voulez que, passant la main, je ne recommande pas que le pays continue ainsi. On a l’impression que la compétition politique s’exerce dans une adversité éternelle, qu’après les élections, les partis ayant été en cause sont devenus des ennemis.
Mais ça ne se passe nulle part comme ça. C’est vrai, cela arrive quelquefois dans quelques endroits du monde. Mais pour un pays où tout est à construire, le consensus est indispensable pour, non seulement, faire les efforts nécessaires, engager nos populations dans les efforts, présenter aux partenaires de développement que nous voyons tous le développement du pays comme un impératif et que nos guéguerres ne sont pas de nature à empêcher les grandes actions et notamment un budget.
Voilà ce qui se passe en France. La France peut se permettre de ne pas avoir un budget. Le pays est grand. L’industrie, le commerce fonctionnent parfaitement sans l’État.
Et l’État n’est pas le principal acteur économique. Au Bénin, la paralysie de l’État serait une catastrophe. Donc, on ne peut pas.
Pendant que, ailleurs, les gens s’entendent qu’ils soient de bords différents pour travailler ensemble, pour trouver un consensus, on ne peut pas, ici, même si l’on sait trouver, dire que nous sommes des ennemis et dire qu’il faut que le pays soit bloqué, paralysé pour peut-être qu’il y ait des élections anticipées ou qu’il y ait des coups d’État ou qu’il y ait je ne sais pas quoi. C’est malheureux. Et je prie tous les dieux pour que l’avenir du Bénin ne se conjugue plus en de tels combats politiques et autres, en de telles dynamiques de confrontations éternelles.
Et c’est bien pour ça que je suis, aujourd’hui, favorable à ce que nos textes, nos codes électoraux et autres, obligent les gens. Certes, à aller en compétition, mais à travailler après ensemble pour l’intérêt national. Et je l’ai dit aux jeunes que j’ai rencontrés il n’y a pas longtemps, ici, au Palais.
Je leur ai dit, mais qu’est-ce qui oppose l’UP-R / BR ? Qu’est-ce qui oppose l’UP-R /BR et les démocrates ? Qu’est-ce qui nous oppose, fondamentalement ? Si ce n’est une question de feeling. Nous avons les mêmes besoins d’eau, d’électricité, de routes, d’emplois, de centres de bonne santé, d’éducation. Et ces choses-là ne relèvent pas d’une idéologie.
On peut aller à la compétition, mais on peut travailler ensemble. Et le monde va ainsi. Regardez en Allemagne.
Nous avons vu pendant longtemps que la CDU et le FDP, je crois, qui ont souvent des parties challenger, qui se challengent, qui vont aux élections ensemble, un contre l’autre, une fois les élections finies, ils se mettent ensemble pour gérer le pays. Et chacun apporte sa pierre à la réflexion, chacun apporte sa contribution à la définition de la politique nationale. Et on a pu observer que, à la suite de ça, la même CDU avec le SPD, pareil.
Partout dans le monde aujourd’hui, regardez en Europe, on observe bien que les populations ont beaucoup évolué, les peuples ont évolué, la dynamique démocratique a évolué, la liberté a évolué. Donc il n’est plus convenable qu’un seul camp dise qu’il détient la vérité et qu’il s’impose aux autres. Il faut mettre les vérités ensemble pour construire un pays.
Et mettre les vérités ensemble requiert dans un système de démocratie que d’abord les vérités se confondent dans les urnes. Une fois que l’un a gagné… Parfois on peut gagner une élection à une voix près. 49,99% peuvent perdre au profit de quelqu’un, d’un groupe qui a fait 51,001%.
Ça ne veut pas dire que les 49% ont tort. Non, il faut que pour construire le pays, les responsables, les divers leaders se mettent ensemble d’une certaine façon pour définir la conduite du pays. Chacun dans son rôle, chacun dans son couloir, chacun selon ses compétences.
C’est bien ça qu’il s’agit. Et c’est pour ça que j’ai dit aux jeunes, mais demain, après les élections, si les démocrates gagnent, pourquoi ils ne travailleraient pas avec les FCBE ? Pourquoi pas aussi peut-être avec UP-R et BN ? Que si le BR gagne les élections, UP-R, pourquoi ils ne travailleraient pas avec les démocrates, soit au Parlement, soit même dans un gouvernement ? Moi, j’ai fait ça. C’est sûr que ça peut arriver, pour autant que les jeunes veulent bien le faire.
Le Code actuel prescrit cela. Est-ce que c’est mauvais que notre Code électoral demande aux partis candidats de dire s’ils ont l’intention, après les élections, d’échanger, de collaborer pour la gouvernance du pays ? Et si vous le dites, vous avez un bonus. C’est-à-dire que les partis politiques qui disent qu’après les élections législatives, après les élections communes, après les élections, nous sommes capables de travailler ensemble, ils ont un bonus.
Et le bonus, c’est que pour la législative, les 20% qui sont exigés par ces concessions électorales vous permettent de les sommer ensemble, même si vous n’avez que 10% de ces concessions. Dès lors que vous dites, je suis prêt à travailler, à discuter au Parlement avec un autre groupe qui a 12%, eh bien, vous bénéficiez de ces 12%. C’est une technique pour amener les gens à commencer à se parler.
C’est tout. Eh bien, ce Code-là, on l’attaque. Tout le monde est en train de signer des accords de gouvernance et parlementaire, mais les Démocrates ont refusé.
Le président Yayi Boni a refusé que les Démocrates signent un quelconque accord avec qui que ce soit, y compris les FCBE. Les FCBE est une partie d’opposition, même modérée. C’est une partie d’opposition.
Si les Démocrates avaient signé avec les FCBE un accord de gouvernance et d’accord parlementaire, le duo candidat à l’élection présidentielle des Démocrates ne serait pas tombé, malgré la défection d’un des leurs. Parce que les FCBE disposent, je crois, de 6 ou 7 parrainages. Le parrainage de les FCBE auraient permis aux Démocrates d’être présents aux élections.
Non, ils ont choisi de marcher sur le code raide, sur le fil du rasoir. Ils le sont si fort, c’est très bien. Mais en ce moment, quand on a choisi de marcher sur un fil et qu’on tombe, il ne faut pas chercher le bouc émissaire mystérieux.
Je suis malheureux de le dire, de le répéter, je suis malheureux que les Démocrates n’aient pas l’élection présidentielle, ils avaient la possibilité de le faire. Ils pouvaient signer un accord avec les FCBE. Moi, j’ai demandé même à l’UP-R et au BR de rester disposés à signer avec les Démocrates un partenariat ou un accord de gouvernance.
Si je l’ai dit publiquement devant le peuple, avec les jeunes, c’est parce que c’est ma consigne. Et je l’ai dit pour que les cadres des 2 partis, l’UP-R et BR, entendent publiquement que le président de la République, qui est aujourd’hui le chef de la majorité, souhaite que l’UP-R et BR puissent signer avec n’importe quel autre parti, y compris les Démocrates. Je l’ai dit publiquement.
Qu’est-ce qui, honnêtement, pourquoi Yayi Boni ne peut pas accepter de signer un accord avec ceux-ci et dire que si vous gagnez ou si je gagne, nous pouvons travailler ensemble. Mais cette déclaration ne veut pas dire qu’ils auront l’obligation demain de nommer des ministres et de partir. Non.
C’est juste l’intention. À la limite, même les peuples ne vont pas le respecter plus tard. Mais ce serait bien que le peuple entende, qu’ils-mêmes se disent que travailler ensemble n’est pas un problème quand on est dans le même pays. C’est tout ce que voulait le Code. Et cette déclaration d’intention leur a permis aujourd’hui d’être candidat au présidentiel. Si vous permettez, l’action législative arrive bientôt.
Le Code électoral dit qu’à défaut d’accords de gouvernance, à défaut d’accords parlementaires, chaque liste, chaque parti devra réaliser 20% de suffrages, obtenir 20% de suffrages dans chacune des 24 circonscription électorale. Aujourd’hui, aucun parti n’est en mesure de le faire. Peut-être que demain ils le feront.
Ni UP-R, ni BR, ni FCBE, ni MOELE-Bénin, ni RN. Même les démocrates, en tout cas ils ne l’ont pas, je ne sais pas s’ils y parviendront. Nous voulons y arriver là.
Que demain nos partis soient d’envergure. Pour pouvoir être représentatifs partout. Et que partout dans le Bénin, les gens se sentent concernés par l’action d’un parti, le pouvoir d’un parti.
Même si le parti n’est pas majoritaire partout, que le parti soit suffisamment présent partout. Comme on n’y est pas encore, et que nous demandons aux gens de se regrouper pour y arriver, mais en attendant d’y être, on demande aux gens de faire des déclarations d’intention. Rien que ça.
Que les démocrates disent, je pourrai travailler avec le BR après les élections. En quoi ? C’est noble comme intention, ça peut les influencer de mettre un peu disponibles, mais en quoi c’est une contrainte ? Cela leur est permis, bientôt d’aller aux élections législatives, sans être soumis à la satisfaction de ces 20% exigés, ils pourront avoir peut-être 50% ou 60% du Parlement, peut-être qu’ils auront 80 députés sur 109, rien qu’avec cette déclaration d’intention. Moi je fais tout pour amener les uns et les autres à travailler ensemble, à ne plus avoir d’ennemis, ou au moins à déclarer l’intention de non-agression.
Oui, vous parlez si bien d’intention de non-agression, mais croyez-vous vraiment à la viabilité de ces alliances entre des partis qui aujourd’hui sont d’obédience différente ?
Mais vous voyez bien que les obédiences ne sont pas forcément les mêmes, liées à des idéologies de gouvernance politique. Quand on a tout, on a bien les fondamentaux, on a l’école, la santé, les routes, l’eau, l’électricité, assez d’emplois, on peut parler d’obédience politique, en réalité liée à la vision. Mais aujourd’hui, nos populations demandent aux uns et aux autres le minimum, comment je vais dire ça, le minimum de survie.
Donc, les gens sont dans des divers camps par affinité. C’est tout. Mais je vous ai dit, qu’est-ce qui différencie l’UP-R du Bloc républicain ? C’est un camp d’affinité.
Qu’est-ce qui fait que les démocrates ont quitté les FCBE ? Pourquoi à l’époque, l’FCBE et Yayi Boni ne sont pas venus avec moi ? Parce qu’il y a un problème à Yayi Boni et à Patrice Talon. Le seul problème que les FCBE a eu dans le passé, quand il était dirigé par Yayi Boni, le seul problème que les démocrates ont aujourd’hui, dirigé par Yayi Boni, c’est parce qu’il y a un problème entre Patrick Salo et Yayi Boni. La guéguerre entre mon ami, mon grand-frère, l’ancien président et moi, est en train de pourrir l’environnement politique au Bénin.
Même l’environnement social, en train de pourrir la paix et la quiétude de la Concorde. C’est dommage. Vivement l’élection de 2026 pour que nous quittions la scène politique.
Je voudrais tant que lui et moi quittions la scène politique. Je voudrais qu’il quitte aussi la scène politique. Mettons-nous surtout dans un conseil de sage pour donner des conseils aux gens, pour faire des arbitrages.
Le Sénat, vous voulez vous dire ?
Pourquoi pas ? Je ne sais pas quel nom ça va s’appeler, mais il serait bien que nous quittions la scène politique. Notre relation nuit au Bénin. Moi, je fais tout pour qu’il en soit différent, que ce ne soit plus ainsi, mais je n’y arrive pas.
Je suis pressé que le temps de mandat arrive pour que les Béninois vivent autre chose en dehors du talent de Yayi Boni. Vous savez, en 1990, à la conférence nationale, pourquoi les conférenciers ont mis la limite d’âge aux élections présidentielles de 70 ans ? Pourquoi ? Ça a été affirmé. Les anciens présidents que le Bénin a connus aujourd’hui, Maga, Ahomadégbé, Apithy, Zinsou, ont pourri la vie aux Béninois par la compétition politique. Par la guéguerre de leadership.
À la conférence, paix à l’âme Apithy et Apithy n’y étaient plus, mais restaient encore trois. Maga, Ahomadégbé et Zinsou. Presque à l’unanimité, sauf les trois.
Les conférenciers ont décidé de les mettre à l’écart, de les mettre au repos, de les interdire d’être candidats. C’est ça aussi, les lois des pays sont faites pour régler les problèmes qui se posent au pays. Moi je demanderais bien aux Béninois au Parlement de voter une loi constitutionnelle pour interdire à Talon, à Yayi Boni et à Soglo de faire de la politique.
Qu’on aille passer nos vacances au village. Ça devient impératif pour le Bénin. Et je vous le promets, si les Béninois apprennent à nous oublier demain, les choses changeront très vite dans le pays. Plus vite qu’on ne le pense.
Vous permettez, est-ce que vous pensez que les frondeurs LD aujourd’hui pourraient atterrir aux côtés des partis de la mouvance ?
Beaucoup d’entre eux sont demandeurs. Beaucoup de démocrates sont demandeurs.
Quand le Président Boni Yayi est venu me voir ici au Palais il y a quelques jours, il m’a demandé s’il fallait faire quelque chose pour que le duo soit réhabilité. Mais je lui ai dit que je ne peux pas faire de miracle. C’est trop tard.
Vous le saviez ça. Pourquoi vous n’avez pas voulu le faire plus tôt ? Pourquoi vous n’avez pas voulu faire un accord avec les FCBE, ni avec les BR ou les UP-R ? Il m’a dit que c’était trop tard, mais qu’est-ce qu’on peut faire maintenant ? Je lui ai dit, Monsieur le Président, dites-moi, s’il y a un moyen de le faire, je le ferai. Mais je ne trouve pas comment revenir en arrière.
Ils souhaitaient quoi ? Annuler le processus ? Faut repartir ? Mais ce n’est pas bien. Il ne faut pas que leur intransigeance, leurs erreurs amènent le pays à faire du n’importe quoi. J’ai dit, Monsieur le Président, ce n’est pas possible.
Je ne peux rien faire, je ne vois pas ce que je peux faire pour ramener le processus en arrière afin que le Maître Agbodjo et Lodjou soient à nouveau éligibles. Je ne sais pas ce que je peux faire. Si vous trouvez quelque chose à me conseiller, qui est dans mes cordes, je le ferai.
Mais que ce soit réaliste. Et puis nous avons parlé des législatives. Je lui ai dit, Monsieur le Président, attention.
Ce que nous avons fait, ne continuez pas parce que si jamais il y a un malheur au législatif, vous serez le seul responsable. Vous n’allez pas chercher Talon si jamais le législatif se passe mal et que les démocrates ne soient pas au Parlement. Parce que le risque de ne pas être au Parlement guette tout le monde.
Tous ceux qui veulent aller au législatif sont tout seuls. Ils sont guettés par ce risque-là. Et si ça arrive ? Il m’a dit, le Président Boni Yayi.
J’ai entendu dire que je voulais que tout le monde aille au BR ou à l’UP-R. Mais ce que je lui ai dit, c’est simplement que les autres discutent. Que les démocrates peuvent discuter avec UPR-BR. Discuter avec FCBE pour faire une déclaration d’intention, d’amour. Même si l’amour ne se consomme pas après, parfois la déclaration peut suffire. Pour qu’il n’y ait pas ce risque-là.
Il est parti d’ici en me disant qu’il me reviendrait là-dessus et qu’au besoin, je pourrais aider à ce que les UPR-BR acceptent de le faire. Le débat a eu lieu chez les démocrates au lendemain de son arrivée ici. Le débat a eu lieu.
Certains ont dit, alléluia, il faut le faire. D’autres ont dit non. Et in fine, le Président Boni Yayi lui-même a dit non.
Nous irons aux élections dans ces conditions, quelles que soient les conséquences que ça va générer. Et nous verrons bien après ce qui va se passer. Mais d’ailleurs, il ne se passera rien du tout.
Si les démocrates décident d’aller aux élections dans ces conditions, il ne se passera rien du tout. Je vais prier simplement pour qu’ils gagnent, qu’ils enlèvent des sièges pour que le pays retrouve son calme comme d’habitude.
Un mot, Monsieur le Président, pour conclure cet entretien.
Je voudrais conclure cet entretien avec vous. Vous vous nommez maintenant Béninois, juste pour dire qu’il faut préserver la concorde, l’unité. Et il faut que chaque personne, chaque leader, chaque Béninois, qui, dans sa vie sur cette terre, s’était fini d’accomplir sa mission, ait un rôle donné pendant un temps, qu’il veuille que ceux qui vont le succéder, quelles que soient les conditions, puissent réussir pour l’intérêt général.
Que celui qui part ne souhaite pas le chaos après lui. Je veux dire que la compétition politique ne doit pas se faire au détriment du pays. Malgré nos déceptions, malgré nos divergences, il ne faut pas que nous soyons ennemis au point de compromettre l’intérêt général.
Moi, j’en ai donné le signal. J’ai travaillé avec les FCBE au lendemain de mon arrivée à la fonction. Jusqu’à aujourd’hui, je continue de le faire. L’ancien Premier ministre Zinsou, qui a été mon challenger en 2016. Aujourd’hui, il travaille avec le Bénin, il travaille pour le Bénin. Il fait des choses extraordinaires.
Moi, je suis admiratif de ce qu’il fait. Il nous accompagne beaucoup, il nous aide beaucoup. Il aime son pays.
Moi, j’ai pu, en 2016, mal juger sa capacité à se donner pour le Bénin. Et j’observe, il n’est pas président, mais il fait des choses extraordinaires pour le Bénin. Et ça, vous voyez, s’il avait suivi Yayi Boni, il nous aurait privés de ses compétences.
Il nous aurait privés de tout ce qu’il nous apporte dans le succès de notre action. C’est ce que je voudrais que chacun fasse, qu’on soit d’un bout à l’autre. Quand c’est le pays, on peut servir le Bénin.
On peut ne pas être d’accord avec Talon Patrice, on peut ne pas être d’accord avec la rupture, mais il ne faut pas saboter le Bénin. Il y a un monsieur qui fait des postes sur les réseaux sociaux, qui est un poulain du président Yayi Boni, un proche des démocrates, un protégé, un poulain, je sais de quoi je parle, Yayi Boni, qui raconte sur les réseaux sociaux que nul ne doit aller investir au Bénin. N’allez pas au Bénin, vous serez escroqués, vous serez broyés, vous serez mis en prison.
Les Béninois sont des voleurs, ils vont vous voler, ils vont vous escroquer. L’État même du Bénin va vous escroquer aussi, vous serez broyés. C’est un Béninois, qui est un des sympathisants démocrates, un proche du président Yayi Boni, qui dit de pareilles choses sur les réseaux sociaux.
Mais j’aurais voulu dire au président, mais dis-lui d’arrêter, ce n’est pas bien, parce qu’il ne porte pas juste un Talon, c’est le Bénin. Il dit aux gens de ne pas venir au Bénin, n’allez jamais au Bénin. Alors quand je serai parti, il dira quoi ? Ah bon, le diable est parti, maintenant il faut aller au Bénin.
Mais il aura impacté négativement le Bénin. Quand le président est venu me voir il y a quelques jours, permettez que je vous détaille l’ordre conclu. Il y a des web activistes qui sont dans la même dynamique qui seraient en détention aujourd’hui.
Premier ministre Boni Yayi m’a prié de faire quelque chose pour les libérer. J’ai dit mais je fais quoi monsieur le président ? C’est la justice, je ne commande pas la justice en cette matière. Il m’a dit non, faites quelque chose parce que quand ils vont sortir ils ne recommenceront plus. J’ai dit ah bon, président, vous pouvez en jurer ? Il m’a dit oui. Et c’est alors que je lui ai dit ah bon, vous êtes commanditaire ? Ce n’est pas bien, ce n’est pas bien.
Je veux donner un mot de fait pour exhorter les uns les autres, exhorter les démocrates à être disposés à tout, disposés à ouvrir.
Je veux interpeller surtout ceux que j’ai vus démissionner des démocrates. C’est malheureux qu’ils aient démissionné, c’est dommage. Mais j’ai entendu qu’ils ont un idéal et qu’ils ne veulent plus continuer à prêcher dans le désert.
Et moi ça m’a touché. Et j’ai ici un message pour eux. C’est que si leur idéal ne veut pas prospérer dans le groupe politique actuel et qu’ils sortent de ce groupe-là, il ne faut pas que leur idéal meure.
Il faut qu’ils continuent de le promouvoir. Mais le meilleur moyen de promouvoir un idéal politique, c’est d’être un acteur politique. Et c’est pour ça que, sans état d’âme, je vais inviter le ministre d’État Romuald Wadagni, ou alors un candidat aux élections présidentielles, je vais inviter l’Union Progressiste le Renouveau, je vais inviter le Bloc républicain, MOELE-Bénin, RN, pour les rencontrer, discuter avec eux, et leur permettre même de s’exprimer leur idéal dans un siècle plus large.
Parce que ce que je prône depuis, c’est d’ouvrir les champs des discussions politiques, d’ouvrir les cercles de rassemblements politiques. Et il ne faut pas les laisser en rade parce qu’ils n’ont pas trouvé le bonheur là où ils sont. Mais ils sont des acteurs politiques, ils continuent de vouloir défendre un idéal, il ne faut pas les laisser en rade.
Je serais heureux de les voir discuter avec. Et je voudrais également que d’autres démocrates qui sont encore dans le parti influencent le président Boni Yayi, influencent les faucons du parti pour qu’ils ouvrent des discussions avec le FCBE, avec le BR, avec l’UP-R, pour que la compétition électorale ne fasse pas d’une des ennemies. Et ça, telle est ma prière.
Et je vais demain, ce jour-ci, agir pour ça. Je voudrais que le ministre Romuald Wadagni, je lui dirais, qu’il doit le faire. Je voudrais que le président Bio Tchané, Jacques Ayadji et Mme Claudine Prudencio, je vais leur dire qu’il faut aller parler avec ceux qui, tu vois, n’ont pas trouvé leur bonheur et qui sont sortis pour que le Bénin continue de rassembler ses fils qui ont la vocation politique pour travailler ensemble pour le Bénin.
C’est ma volonté, c’est ma prière.
Merci beaucoup, M. le président. Merci à toutes et à tous.
À très vite.

