
Le parti Les Démocrates (LD) traverse une nouvelle zone de turbulences. Le député suppléant Chabi-Barka Bekourou Nadjibh, élu dans la 8ᵉ circonscription électorale, a annoncé sa démission avec effet immédiat dans une correspondance adressée au président de la formation politique. L’élu, suppléant du député Habibou Woroucoubou, affirme ne plus pouvoir évoluer dans un environnement qu’il juge hostile, fait de « pressions », « d’exclusion » et de « désapprobations » internes.
Dans sa lettre, Chabi-Barka Bekourou évoque des « faits répétés et regrettables » qu’il impute directement à sa proximité avec le vice-président du parti, Éric Houndété. Il assure avoir été écarté des listes pour les prochaines élections communales sans explication ni concertation. À la Céna, rapporte-t-il, le président du groupe parlementaire lui aurait recommandé de « se débrouiller pour être sur la liste comme en 2023 », une attitude qu’il juge contraire aux principes de démocratie interne.
« Je demeure attaché aux valeurs républicaines et à la liberté d’opinion. Mais je ne peux plus évoluer sereinement dans de telles conditions », écrit-il dans sa correspondance. Chabi-Barka Nadjibh affirme néanmoins rester engagé pour « servir la Nation » et pour le développement de sa circonscription.
Des tensions internes mises à nu
Invité sur le plateau de Actu Matin de Canal 3 Bénin après l’annonce de sa démission, l’élu suppléant est revenu plus en détail sur les causes profondes de sa rupture avec le parti. Selon lui, les dissensions n’ont rien à voir avec la question du parrainage ou avec les débats sur la révision constitutionnelle enclenché à l’Assemblée nationale.
« Cette démission vient tout simplement des guéguerres qu’il y a entre nous au sein du parti Les Démocrates, et que beaucoup ne veulent pas comprendre », a-t-il déclaré. Il affirme que ces tensions durent depuis près de trois ans et qu’elles rendent impossible toute cohésion interne. « On ne peut pas gagner une lutte en étant divisé », a-t-il insisté.
Interrogé sur la perception du vice-président Éric Houndété au sein du parti, il n’a pas caché son admiration. Pour lui, « qu’on le veuille ou non, Éric Houndété est aujourd’hui le meilleur candidat capable de réconcilier les Béninois ». Il reconnaît que certains militants lui reprochent sa proximité avec le chef de l’État, Patrice Talon, mais y voit plutôt une opportunité politique.
« Le président Éric Houndété est un homme pondéré. Ce n’est pas un ennemi de la mouvance, et cela ne devrait pas entraver les relations personnelles qu’il entretient avec certains responsables. On devrait pouvoir profiter de cette posture pour obtenir ce que nous voulons. Avec des exilés et des détenus politiques, c’est justement ce profil qui peut faciliter des avancées », a-t-il expliqué.
Selon lui, cette modération fait d’Éric Houndété un acteur respecté dans les deux camps. « Il n’est pas un homme violent, il n’est pas manipulable. Même au sein de la mouvance, beaucoup reconnaissent ses qualités », a ajouté Chabi-Barka Bekourou.
Romain HESSOU

