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Nathanaël Koty sur l’attaque du 7 décembre : « Notre armée est restée fidèle aux valeurs républicaines »

Invité de l’émission Zone Franche de Canal 3 Télévision, le dimanche 21 décembre 2025, Nathanaël Koty, membre du bureau politique de l’Union progressiste le Renouveau (UP-R), est revenu sur la tentative de déstabilisation armée du 7 décembre dernier et sur les réformes constitutionnelles annoncées par le président Patrice Talon. Face aux interrogations de l’opinion, il a soutenu la lecture sociologique privilégiée par le chef de l’État et défendu les nouvelles orientations institutionnelles.

Pour Nathanaël Koty, les événements survenus le 7 décembre 2025 constituent « un acte d’une gravité exceptionnelle » qui ne ressemble pas à l’image du Bénin. Il a fermement condamné la tentative de déstabilisation, saluant la réaction des forces de défense et de sécurité.
« Le Bénin a grandi. Nous ne pouvons accepter que des hommes tentent d’arracher le pouvoir par les armes », a-t-il déclaré, tout en s’inclinant devant la mémoire des victimes et en adressant ses condoléances aux familles endeuillées.

Refus de la politisation des faits : Interrogé sur la position du président Patrice Talon, qui a privilégié une lecture sociologique plutôt que politique de ces événements, le leader de l’UP le Renouveau estime qu’il s’agit d’un principe républicain fondamental. « Aucune raison politique ne peut justifier une prise du pouvoir par la force », a-t-il martelé, soulignant que politiser cette tentative reviendrait, selon lui, à encourager de telles dérives. Tout en laissant à la justice le soin d’établir les responsabilités, Nathanaël Koty a insisté sur le fait que les auteurs présumés, qu’ils soient politiques ou non, devront répondre de leurs actes devant la loi.

Nathanaël Koty s’est félicité du fait qu’aucune frange significative de l’armée n’ait suivi les instigateurs de l’attaque. Pour lui, cela témoigne de l’attachement des Forces armées béninoises aux valeurs républicaines héritées de la Conférence nationale de 1990. « Celui qui emprunte le chemin criminel se retrouvera seul », a-t-il averti, citant la mobilisation des différentes casernes restées loyales à la République. Reconnaissant l’existence possible de failles sécuritaires, Nathanaël Koty a estimé qu’aucun dispositif n’est infaillible, mais que l’essentiel réside dans la capacité à corriger rapidement ces faiblesses.

Coopération régionale et souveraineté nationale : Sur l’appui du Nigeria évoqué par le chef de l’État, Nathanaël Koty parle d’une coopération encadrée par les mécanismes de la CEDEAO. Il réfute toute idée de dépendance extérieure pour la survie du régime, affirmant que « la démocratie béninoise a tenu grâce à la loyauté de ses forces armées ». Il reconnaît toutefois que cet épisode doit amener le Bénin à renforcer, à l’avenir, ses capacités militaires, notamment en matière d’équipements stratégiques.

Révision constitutionnelle

Au second volet de l’émission, Nathanaël Koty a défendu les réformes constitutionnelles annoncées, notamment la création du Sénat, l’instauration d’un mandat présidentiel de sept ans renouvelable une seule fois et la trêve politique. Selon lui, le Sénat permettra de réguler la vie politique grâce à l’expérience d’anciens hauts responsables de l’État. Quant à l’allongement du mandat présidentiel, il estime que « cinq ans sont insuffisants pour conduire des projets structurants ».
« Sept ans offrent plus de sérénité pour mettre en œuvre les politiques publiques », a-t-il expliqué, rejetant l’idée d’une manœuvre visant à conserver le pouvoir.

Face aux critiques évoquant un éloignement du modèle démocratique de 1990, Nathanaël Koty affirme que le Bénin ne renonce pas à la démocratie, mais cherche à l’améliorer. « La démocratie doit aussi servir le développement », a-t-il soutenu, assurant qu’il n’a pas connaissance de reculs majeurs en matière de libertés ou de droits fondamentaux.

Se prononçant sur la conférence de presse du chef de l’État, Nathanaël Koty s’est dit pleinement satisfait des réponses apportées par le président de la République Patrice Talon, allant jusqu’à lui attribuer la note maximale. « Même ceux qui doutaient devraient être rassurés après l’avoir entendu », a-t-il affirmé.

Romain HESSOU

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