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Jean-Baptiste Elias

Élections générales de 2026 : Jean-Baptiste Elias alerte sur la corruption électorale et appelle à voter en conscience

Invité de l’émission “L’Invité” sur Esae TV, le président du Front des organisations nationales contre la corruption (FONAC), Jean-Baptiste Elias, a livré une analyse sans détour du déroulement de la campagne électorale en cours. Entre dérives observées, responsabilité des acteurs politiques et rôle du citoyen, il plaide pour un scrutin apaisé, transparent et conforme au Code électoral.

Jean-Baptiste Elias

À quelques jours des élections législatives et communales prévues pour le 11 janvier 2026, la campagne électorale peine à susciter l’enthousiasme. Un constat que partage Jean-Baptiste Elias, président du FONAC, invité ce dimanche 4 janvier sur le plateau de l’émission L’Invité sur Esae TV.
« La campagne a démarré de façon timide. Il n’y a pas encore l’engouement que l’on attend d’un rendez-vous démocratique de cette importance », observe-t-il.

Respect du Code électoral : Pour l’acteur de la société civile, l’essentiel réside dans le strict respect du Code électoral et la lutte contre les influences indues sur les électeurs. Il rappelle que la campagne, ouverte depuis le 26 décembre 2025, doit se dérouler « dans la paix, la transparence et sans provocation ». Mais sur le terrain, le FONAC constate déjà plusieurs manquements, notamment la violation de l’article 54 du Code électoral. « Nous observons des distributions de cadeaux, de kits, d’argent ou encore l’utilisation de biens de l’État à des fins de campagne. Tout cela est formellement interdit par la loi », dénonce Jean-Baptiste Elias.

La corruption électorale

Définissant la corruption électorale comme « le fait d’offrir, de promettre ou d’accepter un avantage pour influencer le vote ou l’abstention », le président du FONAC décrit des pratiques persistantes, souvent dissimulées. « On parle de frais de transport, de rafraîchissement ou de soutien, mais au final, ce sont des billets de 2 000 ou 5 000 francs CFA remis aux électeurs pour orienter leur choix », explique-t-il. Selon lui, la précarité sociale rend une partie de la population vulnérable à ces pratiques. Toutefois, il appelle les citoyens à un sursaut de responsabilité, « Si quelqu’un vous donne de l’argent et que la nécessité vous pousse à le prendre, votez néanmoins selon votre conscience. N’hypothéquez pas l’avenir du pays pour un gain immédiat. »

Promesses électorales : Jean-Baptiste Elias met également en garde contre les promesses électorales irréalistes, notamment lors des législatives et des communales. « Les députés votent les lois et contrôlent l’action du gouvernement. Les maires et conseillers municipaux ont des compétences bien définies. Promettre ce qui ne relève pas de leurs prérogatives, c’est tromper les électeurs », estime-t-il.

Pour le président du FONAC, la lutte contre la corruption électorale est possible à condition d’une mobilisation collective : sanctions effectives, éducation civique, responsabilité familiale et implication des médias.
Il regrette toutefois l’insuffisance de l’application des sanctions prévues par les textes, citant des cas de vote multiple restés impunis depuis les précédentes élections.

Face aux discours de découragement et de boycott, Jean-Baptiste Elias se veut catégorique, « Tout n’est pas joué. Il ne faut pas boycotter. Aller voter est un devoir civique. » Il rappelle que le Code électoral offre même aux citoyens mécontents la possibilité d’exprimer leur frustration à travers le vote nul, conformément à l’article 88. « Le bulletin nul est une forme de message politique. Il permet de dire : je ne suis pas satisfait, sans recourir à la violence. »

Transparence et paix

Le président du FONAC appelle la Commission électorale nationale autonome (CENA) et la Cour constitutionnelle à publier les résultats poste de vote par poste de vote, afin de renforcer la transparence et prévenir les tensions postélectorales. Il exhorte également les partis politiques à déployer leurs délégués dans tous les centres de vote et invite les citoyens à rester vigilants, pacifiques et engagés. « Le jour du vote doit être un jour de fête démocratique. Dans la paix et la transparence, que le meilleur gagne réellement », conclut-il.

Romain HESSOU

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