
S’il y a un combat parlementaire dont le renforcement suscite l’adhésion des 5 partis en course pour les législatives 2026, c’est le contrôle de l’action gouvernementale. Qu’il s’agisse des formations politiques de la mouvance actuelle, ou encore celles se réclamant de l’opposition, elles nourrissent toutes, l’espoir de voir suffisamment opérationnelle, l’une des deux prérogatives majeures dévolues au parlement béninois . « En l’absence de contrôle parlementaire, les politiques publiques perdent de leur efficacité. L’action publique perd de sa performance et la corruption s’installe, les abus et la dérive autoritaire se multiplient » relève le parti Les Démocrates dans l’un de ses messages de la campagne électorale en cours.
La Force Cauris pour un Bénin Emergent(FCBE), le deuxième parti de l’opposition en course pour les législatives et communales du dimanche 11 janvier 2026, se veut plus tenace sur la question. « Les députés FCBE remettront les pendules à l’heure en initiant des contrôles réguliers des actions du gouvernement. Si la FCBE était au pouvoir, elle ferait de la reddition des comptes une obligation annuelle, pour permettre aux populations d’avoir la moindre information, aussi bien sur la gestion du budget de l’Etat voté, que sur toutes les autres actions et initiatives chaque année » affirment Paul Hounkpè et les siens. Evoquant des aspects qui, visiblement les préoccupent dans le contrôle de l’action gouvernementale, ils promettent que les « députés FCBE se battront afin que les salaires politiques soient officiellement et clairement définis afin de rendre transparent le train de vie de l’État et de réduire les charges. Les marchés publics feront l’objet d’une attention particulière. Les députés FCBE lutteront contre les gré-à-gré qui ne seront désormais que de véritables exceptions…. »
Même s’ils sont beaucoup plus modérés quant à l’expérience vécue ces dernières années pour le contrôle de l’action gouvernementale, les partis proches du président Talon ne minimisent pas la nécessité de la renforcer à la prochaine législature. « Le contrôle de l’action gouvernementale n’est pas une opposition systématique. Il est une responsabilité constitutionnelle. Il permet de garantir que les décisions prises servent réellement l’intérêt général, dans la transparence et le respect des institutions. À Moele-Bénin, nous défendons un contrôle parlementaire exigeant, responsable et constructif, fondé sur le dialogue et la redevabilité » a soutenu ce parti lors de cette campagne. L’Union Progressiste le Renouveau reste dans la même logique. « Dans un esprit de responsabilité et de défense de l’intérêt général, les députés de l’UP Le Renouveau mèneront un contrôle rigoureux, sans calculs politiciens ni volonté d’entraver l’action gouvernementale, mais dans le seul objectif d’améliorer les conditions de vie des populations. » précisent les candidats de ce parti.
Le Bloc Républicain clame en avoir fait l’une des grandes priorités pour la prochaine législature. «Parmi les mesures phares contenues dans son programme de législature 2026-2033, figurent le suivi systématique de l’exécution des lois, la publication d’un rapport annuel de performance de la législature, la création d’une cellule d’évaluation des politiques publiques et le renforcement du contrôle budgétaire par des examens trimestriels et des auditions publiques des ministres. … » a indiqué ce parti que préside Abdoulaye Bio Tchané, l’un des ministres majeurs du gouvernement sortant, en charge, entre autres, du développement.
Christian TCHANOU

