
Le Nigeria a officiellement rouvert, le 10 février 2026, le corridor frontalier de Kamba, dans l’État de Kebbi, reliant le pays au Niger. Cette décision intervient quelques jours après la réactivation du corridor de Tsamiya (ou Samiya) vers le Bénin, ordonnée le 7 février par le président Bola Ahmed Tinubu. Ces réouvertures marquent une étape importante dans la relance du commerce sous-régional en Afrique de l’Ouest, tout en maintenant un dispositif sécuritaire strict.
Longtemps fermés en raison de l’insécurité croissante et des risques de contrebande, ces axes stratégiques avaient paralysé les échanges formels et lourdement affecté les économies frontalières. Leur remise en service s’inscrit dans une approche plus équilibrée, conciliant ouverture commerciale et vigilance sécuritaire.
Des milliers de camions débloqués vers le Niger
La réouverture du corridor Tsamiya-Kamba a permis à plus de 1 600, voire 2 000 camions, immobilisés depuis plusieurs mois, de reprendre leur route. La majorité de ces véhicules transportent des marchandises en transit vers le Niger, notamment depuis le Port autonome de Cotonou. À Kamba, les autorités nigérianes ont procédé à la libération officielle des camions précédemment bloqués côté béninois, leur permettant d’entrer sur le territoire nigérien via le poste de Tunga Jado.
Ces corridors sont devenus, ces derniers mois, l’itinéraire le plus économique et le plus fonctionnel pour les opérateurs nigériens, notamment via Sègbana, au nord du Bénin. Cela est d’autant plus crucial que la frontière directe entre le Bénin et le Niger demeure fermée depuis 2023, sans perspective officielle de réouverture à ce stade.
Sécurité renforcée et technologies de contrôle
Les autorités nigérianes ont tenu à rassurer sur les conditions de cette réouverture. Celle-ci s’accompagne d’un dispositif de contrôle renforcé reposant notamment sur un suivi en temps réel des marchandises grâce à des systèmes numériques (ICT) interconnectés entre les douanes du Nigeria, du Bénin et du Niger. Des contrôles stricts sont également appliqués aux transitaires, aux itinéraires empruntés et à la nature des cargaisons.
L’objectif affiché est clair : lutter plus efficacement contre la contrebande, les fraudes douanières et les menaces sécuritaires, tout en facilitant le commerce licite. À la suite d’accords bilatéraux, les douanes nigérianes se sont engagées à traiter désormais les dossiers de transit en 48 heures, un gain de temps significatif pour les opérateurs économiques.
Une coopération régionale renforcée
La cérémonie officielle de réouverture à Kamba s’est déroulée en présence d’autorités nigérianes, nigériennes et béninoises, illustrant une volonté commune de coopération accrue. Cette dynamique a été précédée par une mission à Abuja, le 7 février, d’une délégation nigérienne conduite par le directeur général des douanes, le colonel Mohamed Yacouba Siddo. Les échanges avec la Nigeria Customs Service ont porté sur la sécurisation des frontières communes, la fluidification du trafic et le partage d’informations.
Le contrôleur des douanes de l’État de Kebbi, Mahmud Matawalle Ibrahim, a confirmé que la réouverture des postes de Tsamiya et de Kamba avait été approuvée par le président nigérian afin de permettre la circulation de marchandises légitimes et de stimuler les échanges bilatéraux. Au-delà de la logistique, cette réouverture constitue une bouffée d’oxygène pour l’économie nigérienne, à l’approche du mois de Ramadan, période marquée par une forte demande en produits de première nécessité.
Olivier ALLOHEME

