La désignation, dimanche 15 février 2026, de Luc Gnacadja à la tête de la mairie de Cotonou continue de susciter des réactions. Parmi elles, celle de Lambert Koty, ancien ministre des Travaux publics et des Transports et actuel directeur général de l’Agence d’Exécution des Travaux Urbains (AGETUR). Invité de BIP Radio, au micro de Francesca Assogba, Lambert Koty a livré son appréciation sur le profil et les défis qui attendent le nouveau maire.

« Rien ne se fait au hasard avec lui » : Pour Lambert Koty, l’homme qu’il connaît « déjà comme architecte » n’est pas un novice des questions urbaines. Bien avant son entrée au gouvernement, Luc Gnacadja dirigeait un cabinet d’architecture ayant collaboré avec l’AGETUR sur plusieurs projets structurants. « Nous avons travaillé sur beaucoup de projets. Il connaît bien les défis d’une ville. Rien ne peut lui être caché en matière de gestion urbaine, en matière d’urbanisation », affirme-t-il.
L’ancien ministre rappelle que Luc Gnacadja a également occupé le portefeuille de l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme sous le président Mathieu Kérékou, une expérience qui, selon lui, renforce sa maîtrise des plans directeurs, des politiques d’assainissement et des enjeux fonciers. « Nous avons un monsieur très rigoureux, très travailleur, très bosseur, qui est très réglé. Rien ne se fait au hasard. Tout se planifie avec lui », insiste Lambert Koty.
Les défis d’une ville sous le niveau de la mer
Pour le directeur général de l’AGETUR, la mission qui attend le nouveau maire reste complexe. Cotonou, rappelle-t-il, présente une contrainte géographique majeure, « Le niveau de la ville de Cotonou est plus bas que le niveau de la mer, donc assainir Cotonou est un défi. »
Il souligne néanmoins les avancées enregistrées ces dernières années dans l’aménagement spatial, sous le gouvernement du président Patrice Talon, estimant que la ville est « en train d’être reconstruite ». Mais au-delà des infrastructures, Lambert Koty met en avant un autre chantier essentiel, le civisme urbain. « Une ville, si elle doit être propre, il faut que les citoyens puissent contribuer à sa propreté par un comportement citoyen », plaide-t-il, appelant à davantage de sensibilisation et d’implication des habitants.
Créer des « poumons verts » pour Cotonou
Autre priorité évoquée c’est l’environnement. Selon lui, la capitale économique du Bénin manque cruellement d’espaces verts. « Cotonou manque de poumons verts. Il faudra créer, et on a de l’espace, pour créer un poumon vert pour Cotonou », propose Lambert Koty, précisant que le nouveau maire est pleinement conscient de cet enjeu.
À l’heure où Luc Gnacadja prend les commandes de l’équipe municipale, les attentes sont donc élevées. Entre rigueur dans la planification, assainissement durable et promotion d’une ville plus verte, le chantier s’annonce vaste.
Romain HESSOU

