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Intérim ministériel : Le gouvernement assume ses choix, selon Wilfried Houngbédji

La question couvait depuis plusieurs semaines dans les couloirs de la presse. Ce vendredi, à la préfecture de Porto-Novo, elle a fini par éclater au grand jour lors de la rencontre entre le porte-parole du gouvernement et les professionnels des médias. Pourquoi certains ministres assurent-ils l’intérim de collègues depuis plusieurs mois, sans qu’aucune nomination ne vienne régler la situation ? Wilfried Léandre Houngbédji a répondu sans détour.Tout part du décès du ministre Kouaro, survenu le 20 février 2025. Une disparition brutale qui a laissé un portefeuille ministériel vacant, à un moment particulier du calendrier politique : à quinze mois environ de la fin du second quinquennat du président Patrice Talon. « Il n’est pas apparu pertinent au chef de l’État, chef du gouvernement, de faire venir une autre personnalité au gouvernement compte tenu des chantiers qui sont en cours et pour lesquels un nouveau venu aura eu besoin d’un peu de temps pour prendre ses marques », a expliqué Houngbédji.

La logique est donc celle de l’efficacité et de la continuité. Nommer un ministre pour quelques mois, le temps qu’il s’approprie les dossiers, au risque de ralentir des projets déjà bien engagés, le gouvernement a visiblement jugé le calcul peu rentable. « C’est pour un souci d’efficacité mais aussi de rationalisation », a résumé le porte-parole.

Il a  élargi son propos au-delà du seul cas Kouaro, rappelant que la logique avait été la même dans d’autres configurations récentes : un ministre limogé, des élus devenus députés et appelés à siéger à l’Assemblée. « À quoi bon les remplacer au gouvernement ? On n’est plus à l’époque où on pouvait nommer un ministre pour trois semaines, à trois semaines de la fin d’un mandat, sans tenir compte des exigences de bonne gouvernance et de rationalisation des deniers publics », a-t-il tranché.

Entre autres, le porte-parole a livré une vision de la gouvernance qui tranche avec certaines pratiques passées : celle d’un État qui gère ses ressources humaines avec discernement, et qui refuse de sacrifier la cohérence de l’action publique à des impératifs purement formels. Un discours assumé, même si la question de la représentativité de certains secteurs reste posée dans le débat public.

Fidèle KENOU

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