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Vie politique : Yayi, Talon, l’ex-Sonacop, rapport NDI, présidentielle 2026 … Iréné Agossa parle sans détour

Invité de l’émission Grand Format sur Bip Radio, dimanche 1er mars 2026, Iréné Agossa, nouveau porte-parole de l’Union Progressiste le Renouveau, a livré pendant près d’une heure sa lecture de l’actualité politique, à quelques semaines de la présidentielle du 12 avril. Nomination, campagne, démocratie, opposition, relations avec Boni Yayi et appréciation du bilan de Patrice Talon, l’ancien candidat à la présidentielle de 2021 n’a éludé aucun sujet.

Dès l’entame, Iréné Agossa explique sa récente désignation comme porte-parole du parti   Union Progressiste le Renouveau. « C’est le groupe qui choisit et désigne. Je n’ai pas un mérite particulier. Le mérite est collectif », affirme-t-il, rappelant avoir déjà travaillé au sein de la cellule de communication aux côtés de l’ancien porte-parole Parfait Ahoyo. Entré à l’UPR en 2022, après sa candidature à la présidentielle de 2021, il dit mesurer « avec humilité et responsabilité » la mission qui lui est confiée, dans un contexte marqué par les récentes victoires législatives et communales de la mouvance.

« Aucun match n’est gagné d’avance »

Alors que certains observateurs estiment l’issue de la présidentielle connue d’avance, le porte-parole de l’UP le Renouveau rejette toute idée d’élection jouée avant le scrutin. « On ne gagne jamais un match avant la fin du match », martèle-t-il, comparant la situation à une rencontre footballistique. « Personne ne peut dire que notre candidat est déjà victorieux. Ce serait ne pas considérer l’électeur. » Pour lui, l’enjeu reste « énorme » et impose mobilisation et structuration autour du duo présidentiel désigné par la majorité, notamment Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata.

Démocratie : rejet des critiques du NDI

Interrogé sur un rapport du National Democratic Institute (NDI) pointant des fragilités démocratiques au Bénin, Iréné Agossa relativise. « Il n’y a pas de démocratie définitivement consolidée. C’est un processus dynamique », soutient-il, estimant que certaines critiques tiennent davantage à une « phase de réformes » qu’à une régression. Selon lui, les institutions béninoises sont « fortes, crédibles et respectées ». Il reconnaît toutefois que les réformes peuvent susciter des résistances, « Ceux qui ne veulent pas se mettre au rythme des réformes ont peur. »

L’un des moments forts de l’entretien a porté sur son revirement politique. Candidat en 2021 face au président Patrice Talon, il dénonçait à l’époque une « rupture démocratique ». Cinq ans plus tard, il défend vigoureusement l’action du chef de l’État. « Quand vous critiquez quelqu’un et qu’il corrige, vous devez applaudir. C’est cela la responsabilité politique », explique-t-il.

À la question de savoir s’il regrette ses déclarations passées accusant Talon de gouverner « avec ruse et rage », il répond sans détour : « Je les assume. » Pour lui, l’évolution du contexte politique et la stabilisation du système partisan justifient son engagement actuel aux côtés de la mouvance.

Talon « meilleur président » que Yayi, selon Agossa

Dans la séquence « oui ou non » de l’émission, Iréné Agossa affirme que Patrice Talon a été « meilleur président » que son prédécesseur Boni Yayi. Il justifie son choix par « une meilleure incarnation de l’autorité de l’État » et une gouvernance « planifiée, sans gestion émotionnelle ». S’il dit devoir « respect » à Boni Yayi, dont il fut collaborateur, il estime néanmoins que l’ancien chef de l’État devrait désormais se retirer de l’arène politique. « Je lui souhaite une très belle retraite », déclare-t-il, allant jusqu’à suggérer un rôle au Sénat.

SONACOP

Sur la disparition de la Société Nationale de Commercialisation des Produits Pétroliers (Sonacop), Agossa prend ses distances. « Je ne me sens pas comptable. Si j’étais au pouvoir, je n’aurais pas fait ce choix », affirme-t-il, regrettant une libéralisation qu’il juge excessive du secteur pétrolier depuis les années 1990. Il rappelle avoir toujours été réservé sur cette orientation économique.

Rentrée politique et mobilisation : L’UP le Renouveau a fait sa rentrée politique, qui a rassemblé plusieurs figures de la majorité, dont le président du Bloc Républicain Abdoulaye Bio Tchané et l’ancien Premier ministre Lionel Zinsou. Objectif affiché c’est de former les élus, harmoniser les stratégies et « rassurer le peuple » avant la campagne officielle prévue le 27 mars. « Nous ne sommes pas là pour que le peuple soit à notre service, mais pour être à son service », affirme le porte-parole.

À cinq semaines de la présidentielle, Iréné Agossa assume pleinement son repositionnement politique et se pose en défenseur d’une « consolidation démocratique » sous l’ère Talon. Reste à savoir si cet argumentaire saura convaincre un électorat confronté à des défis persistants, notamment en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et d’énergie.

Le verdict, comme il le rappelle lui-même, appartiendra aux urnes le 12 avril prochain.

Romain HESSOU

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