
Le samedi 21 mars 2026 s’impose comme une journée charnière dans la séquence politique béninoise. À 10 heures, à Cotonou, le candidat Romuald Wadagni présentait officiellement son projet de société. À 16 heures, dans un enchaînement stratégique maîtrisé, il se prêtait à un exercice inédit. Un échange direct avec la diaspora béninoise, à l’occasion du meeting « Bénin sans frontières », première rencontre d’une série appelée à structurer durablement la mobilisation internationale autour de sa candidature, portée et soutenue par le parti MOELE-BÉNIN.
Ce rendez-vous a également été marqué par la présence de plusieurs personnalités de la diaspora, témoignant de l’intérêt et de la mobilisation croissante autour de cette dynamique politique. À cet égard, la participation remarquable de l’ambassadeur Eusèbe Agbangla a particulièrement retenu l’attention, conférant à la rencontre une dimension institutionnelle et diplomatique significative.
Au cœur de cette séquence, une analyse approfondie conduite aux côtés de la diaspora par Paul Kananura, géopolitologue, chargé des cours à l’Université de Bordeaux Montaigne, président de l’Institut AFRIKA, expert international en politiques publiques, gestion des projets, gouvernance, géopolitique et sécurité stratégique. Non béninois, l’expert apporte ici un regard extérieur, technique et comparatif, conférant à l’exercice une portée singulière.
Dès les premières minutes, le cadre est posé : il ne s’agit pas d’un simple meeting, mais d’un véritable espace d’analyse politique, où l’expertise vient dialoguer avec l’engagement diasporique pour éprouver, en profondeur, la cohérence d’un projet présidentiel.
« Le meilleur d’entre nous » : une candidature de synthèse
Dans une intervention structurée, Paul Kananura n’élude pas la portée politique du choix opéré par la majorité :
« Je pense que c’est un beau candidat. Si la majorité l’a choisi pour la conduire à la victoire, c’est qu’il est le meilleur. »
Son analyse repose sur un point central : la capacité du candidat à incarner une synthèse entre le Bénin de l’intérieur et celui de l’extérieur.
« Il est la meilleure synthèse entre les Béninois de l’intérieur et les Béninois de l’extérieur, parce qu’il a vécu sur les deux territoires. Il connaît les codes internationaux et les réalités nationales. »
Une double expérience qui trouve un écho particulier auprès d’une diaspora en quête de reconnaissance politique et d’efficacité administrative.
Une interaction inédite : un acte politique fondateur

L’un des faits marquants de cette rencontre réside dans la nature même de l’échange. « C’est la première fois, je crois, dans une élection présidentielle au Bénin, qu’un candidat de ce rang a un échange direct, en temps réel, avec sa diaspora. Déjà, c’est louable. C’est un acte de reconnaissance politique fort. »
Au-delà du symbole, cette interaction traduit une évolution structurelle : la diaspora n’est plus reléguée à la périphérie du débat politique ; elle s’affirme désormais comme un acteur à part entière, appelé à analyser, questionner et s’approprier les orientations stratégiques du pays.
Une vision structurée autour de trois piliers
L’analyse technique du projet de Romuald Wadagni s’articule autour de trois axes majeurs : digitalisation, connectivité, tokenisation.
Sur la digitalisation, l’expert insiste sur la pertinence des réponses apportées aux préoccupations concrètes de la diaspora :
« Il connaît les problématiques de la diaspora : le renouvellement des passeports, l’enregistrement des enfants… C’est pour cela qu’il a dit : “Avec la digitalisation, nous allons simplifier les démarches”. »
L’objectif est explicite : garantir une égalité de traitement entre citoyens, où qu’ils se trouvent. « Cette simplification fait qu’à Porto-Novo ou à Washington, on soit traité de la même manière. C’est la souveraineté parfaite de tous les citoyens. »
La connectivité, quant à elle, vise à mobiliser les compétences :
« C’est une manière d’appeler la compétence à venir travailler au pays, comme lui-même l’a choisi, sans contrainte. »
Une approche qui entend connecter directement le potentiel de la diaspora aux besoins du développement national.
Transport, ouverture et dignité nationale
Sur le plan des infrastructures, Paul Kananura met en avant une vision tournée vers l’ouverture :
« Il a parlé des vols spéciaux et des gros porteurs. L’idée est d’agrandir l’aéroport pour permettre à la diaspora de rentrer plus souvent et à moindre coût. »
Mais au-delà de la technique, c’est une orientation politique qui se dessine :
« Le temps où l’aide internationale ou nos partenaires nous aidaient à être heureux dans la pauvreté est presque terminé. »
Une déclaration que l’expert interprète comme l’affirmation d’une volonté de rupture avec les logiques de dépendance, au profit d’une dignité nationale assumée.
Une réforme institutionnelle pensée dans la durée
Sur la question du mandat présidentiel de sept ans, Paul Kananura adopte une lecture technique :

« Le passage de 5 à 7 ans est une bonne chose. »
Il en précise la logique : trois années pour impulser les réformes, quatre années pour produire des résultats visibles.
« C’est une stratégie de long terme pour le développement. C’est ce qu’on appelle la maturité institutionnelle. »
Continuité, efficacité et humanisme
En conclusion, l’expert dresse un portrait global du candidat :
« Il respire la confiance. Il connaît les rouages de l’État, il est compétent et il est humain. Ce choix est celui de l’efficacité. »
Au-delà de la continuité avec l’action de Patrice Talon, il évoque une dynamique d’amplification : faire en sorte que le Bénin « soit toujours meilleur ».
Une première séquence appelée à s’inscrire dans la durée
Au terme de cette rencontre, une double lecture s’impose.
Technique, d’une part, à travers la capacité du projet à transformer l’administration par le numérique et à réduire la dépendance à l’aide extérieure.
Politique, d’autre part, par l’adhésion d’une diaspora désormais pleinement intégrée au débat national.
Meeting « Bénin sans frontières » ne constitue pas un événement isolé, mais bien le premier acte d’une dynamique appelée à se déployer dans le temps une série de rencontres destinées à renforcer la mobilisation, structurer le dialogue et inscrire durablement la diaspora au cœur du projet national.
Par notre rédaction

