- (Le triomphe effectif de Patrice Talon en fin de mandat)

Jamais un candidat à un scrutin présidentiel au Bénin n’a suscité autant d’engouements et de ralliements surprenants. Plus les jours passent et se rapprochent de la date du 12 avril 2026, plus l’effervescence s’intensifie et se diversifie autour d’un seul nom : Romuald Wadagni. Au-delà des considérations politiques et en face d’un Paul Hounkpè visiblement moins chanceux et peu porté dans le combat en vue, il y a comme une œuvre de destin qui s’accomplit immanquablement chez ce jeune et brillant économiste que le peuple béninois a découvert, il y à peine 10 ans. Les ralliements à sa candidature s’enchainent jour et nuit désormais, gagnant étonnamment de terrain au sein des forces politiques de l’opposition. Le plus inattendu est tombé ce jeudi dans l’après-midi à Cotonou. Éric Houndété, figure emblématique de l’opposition, président par intérim du parti Les Démocrates, sort une initiative appelée «Pacte Républicain » et affiche à la face du monde son soutien au duo Wadagni-Talata. 24 heures plus tôt, le téméraire jeune opposant au pouvoir Talon, Guy Mitokpè, également figure de proue du parti Les Démocrates jusqu’à sa récente démission en faisait de même. D’aucuns auraient parié, il y a quelques semaines encore, que jamais, Guy Mitokpè débarquerait dans la famille politique de Talon avant son départ du pouvoir, dût-il arguer que sa démission du parti LD précède une nouvelle orientation politique, forgé qu’il se dit désormais à servir la République. D’une manière ou d’une autre, la nouvelle posture politique de Guy Mitokpè est un extraordinaire changement de veste qui rompt avec sa ligne de combat connue depuis plusieurs années. En quittant le parti Restaurer l’Espoir pour Les Démocrates, l’acte de Guy Mitokpè, n’avait pas suscité tant de remous, à l’époque, pour avoir juste changé de groupement politique au sein de la même opposition. Du reste, Guy Mitokpè dit avoir agi en toute responsabilité en choisissant désormais de soutenir le duo candidat de cette même mouvance Talon qu’il vouait aux gémonies jusqu’à récemment.
De toutes les façons, le candidat Romuald Wadagni demeure le gros bénéficiaire de ces arrivées inattendues des acteurs de l’opposition dans son immense monde de soutiens. L’autre cas qui n’a pas manqué de créer la surprise est Chabi Yayi, l’un des fils politiquement actifs de l’ex-chef de l’Etat Boni Yayi, qui lui, aussi a claqué la porte au parti Les Démocrates, il y a quelques jours. Puis, sans tarder, annoncera aussi son soutien au duo Wadagni-Talata. Qu’il s’agisse de Eric Houndété, Guy Motitokpè, Chabi Yayi, ou encore un certain Habib Ahandessi, webactiviste en exil très critique contre le pouvoir Talon, tous semblent avoir été charmés et convaincus par l’offre de gouvernance de Wadagni et se disent prêts à l’accompagner jusqu’à la victoire au soir du 12 avril. Mais, il n’y a pas qu’eux.
La liste est longue. Adrien Houngbédji, Basile Ahossi, Ousmane Batoko, Apollinaire Avognon, Expérience Tébé… Autant de personnalités politiques et figures emblématiques du Bénin, qui ne manquaient pas de désapprouver des décisions et mesures à l’actif du pouvoir Talon, ne s’empêchent pas non plus d’avouer leur admiration pour le choix porté sur Wadagni pour sa succession.
A quelques deux semaines de la tenue du scrutin présidentiel, la vague Wadagni semble emporter déjà tout sur son passage. En dehors des grandes forces politiques de la majorité présidentielle dont UPR et BR, plus de 300 mouvements ont vu le jour en peu de temps, pour lui apporter leur soutien. Presque toutes les corporations dans le secteur public comme privé, se mêlent également à la danse. Des syndicats, des milliers d’étudiants, les femmes des marchés, d’anciens maires, des amis d’enfance, des camarades de promotions, différentes associations béninoises de la diaspora…. Tant de monde et tant de soutiens que draine Wadagni pour une victoire presque immanquable au soir du scrutin du 12 avril. En plus d’un bilan impressionnant, la prophétie de Patrice Talon qui avait dit qu’il sera porté en triomphe à la fin de son mandat ne se réalise-t-elle pas avec l’inédite affluence nationale autour de la candidature de cet éminent collaborateur qui a servi à ses côtés pendant ses 10 ans de pouvoir ? Si ce n’est pas cela, ça y ressemble.
Christian TCHANOU

