
Le 06 avril 2016, alors qu’il prêtait serment sous un soleil flamboyant à Porto-Novo, le nouveau chef d’Etat fraîchement élu à la tête du pays s’était fermement engagé pour une rupture de tout en tout. Une rupture dont les contours paraissaient pourtant peu perceptibles aux yeux des béninois, à l’époque, habitués les années antérieures à des promesses de campagne rarement tenues. Patrice Talon, un homme d’affaires jadis prospère, désormais aux commandes de l’action publique au Bénin, n’était pas tant craint non plus pour ces nombreux béninois, qui se réjouissaient déjà de l’avènement d’un nouveau « bon samaritain et un distributeur automatique de l’argent public ». 10 ans viennent de s’écouler ce lundi 06 avril 2026 sous le magistère d’un chef d’Etat que les Béninois ont fini par adopter et aimer pour la plupart, parfois avec une certaine amertume. Parce qu’il a tenu dur, mais bon. Le bilan est impressionnant, tous secteurs confondus. L’homme des grandes réformes, souvent dures et audacieuses, ne sait pas faire dans le sentimentalisme, tant il croyait à sa vision d’un Bénin digne, résilient, capable de faire face à son propre destin.
En 10 ans de gouvernance et en deux mandats successifs, le Président Talon et son gouvernement ont amorcé une transformation profonde dans le Bénin, tant dans les infrastructures que dans le mental des béninois. Il n’a certainement pas satisfait à toutes les attentes, mais ce chef d’Etat exceptionnel a réalisé des exploits tels que le Bénin n’en a jamais vécus dans maints domaines, santé, éducation, route, culture, arts, industrie… Des exploits qui ne semblent même plus capter les attentions aujourd’hui, comme aux premiers mois de son pouvoir, au regard de leur rythme successif.
L’homme part très bientôt de la tête du Bénin et aura marqué son pays, d’une manière ou d’une autre. Pour avoir osé là où ses prédécesseurs hésitaient, Patrice Talon restera sans doute un président unique en son genre, dont l’histoire et les œuvres se raconteront de génération en génération. En propulsant une candidature à sa succession, son ministre des finances Romuald Wadagni, adulé aujourd’hui par tout un peuple, mouvance et opposition confondues, Patrice Talon quitte le pouvoir avec une autre force d’action qui n’échappe pas depuis peu aux analyses et commentaires bienveillants ici au Bénin comme partout ailleurs dans le monde.

