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À Copargo, la reconquête patiente d’un pouvoir local par la mouvance présidentielle : Assan Séibou, l’architecte du possible

Le 11 janvier 2026, à Copargo, les urnes n’ont pas seulement départagé des candidats. Elles ont refermé une séquence politique et ouvert un nouveau cycle. Dans cette commune de la Donga, longtemps administrée par l’opposition, le verdict électoral a opéré un basculement net, presque chirurgical. Un renversement mûri dans le temps long, au terme d’un processus où se sont entremêlés stratégie partisane, persévérance militante et lecture fine des attentes locales. À l’arrière-plan, une figure s’impose : Assan Séibou. Au premier plan, une machine politique structurée : le Bloc Républicain.

La longue patience du terrain

Rien, à Copargo, ne s’est joué dans l’instantanéité. La reconquête municipale n’a ni le parfum de l’improvisation ni l’allure d’un coup de force. Elle s’est construite à bas bruit, au fil des années, dans l’épaisseur du quotidien politique : réunions de quartier, arbitrages discrets, présence continue sur le terrain.

Ceux qui, à distance, annonçaient l’essoufflement d’Assan Séibou ont mésestimé ce que la politique locale a de plus résistant : la mémoire collective des actes concrets et la capacité d’un élu à demeurer visible quand l’agenda national se détourne. Ici, la constance a fini par l’emporter sur le bruit.

Le scrutin du 11 janvier 2026 n’a fait que révéler cette accumulation silencieuse. Le député n’a pas seulement reconduit son mandat parlementaire ; il a surtout transformé Copargo en point d’ancrage durable pour la mouvance présidentielle, scellant une victoire qui excède sa trajectoire personnelle.

Copargo, ou la force du symbole

La reprise de la mairie de Copargo, après onze années de gestion par l’opposition, un à elle seule la portée politique du scrutin. Le duel avec l’ancien maire sortant, figure installée du paysage communal, fut frontal. Mais le verdict des urnes s’est montré sans équivoque.

Idrissou Séibou retrouve ainsi le fauteuil municipal qu’il avait quitté plus d’une décennie auparavant, porté par une majorité désormais acquise au Bloc Républicain. Plus qu’une revanche politique, c’est le retour d’une méthode : organisation, discipline et cohérence stratégique.

Cette victoire locale s’inscrit dans une dynamique plus large. Sous l’impulsion du président du parti, Abdoulaye Bio Tchané, le Bloc Républicain a repris l’ensemble des mairies de la 14ᵉ circonscription électorale, Copargo, Ouaké et Bassila, avant d’étendre son emprise à tout le département de la Donga. Une cartographie politique redessinée avec netteté, presque pédagogiquement.

La rue comme baromètre politique

Le soir de l’installation du nouveau conseil communal, la politique a quitté les salles feutrées pour descendre dans la rue. Une marche spontanée a relié l’hôtel de ville au domicile d’Assan Séibou. Fanfares, chants de victoire, silhouettes compactes sous le soleil : la scène relevait à la fois de la célébration populaire et du rituel politique.

La foule ne célébrait pas seulement une victoire électorale ; elle exprimait la fin d’une attente. Ces moments, souvent relégués au rang du folklore, disent pourtant plus que les chiffres : ils mesurent une adhésion réelle, qui ne se décrète pas mais se constate.

De Copargo à Porto-Novo, la consolidation nationale

À Porto-Novo, l’écho de Copargo n’est pas passé inaperçu. À l’Assemblée nationale, Assan Séibou a vu sa position confortée : reconduit à la tête du groupe parlementaire du Bloc Républicain, il bénéficie d’un soutien politique assumé, notamment de la part du président Patrice Talon et du ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané.

Cette continuité institutionnelle vient parachever l’ancrage territorial. Elle installe Assan Séibou dans une posture rare : celle d’un élu capable d’articuler la rue et l’hémicycle, le local et le national.

La densité d’un leadership assumé

La séquence ouverte le 11 janvier 2026 met en lumière un enseignement central : lorsqu’elle est conduite avec constance et méthode, la politique locale produit des basculements durables. À Copargo, la reconquête municipale n’est ni un accident électoral ni un éclat conjoncturel. Elle est l’aboutissement d’un patient travail d’implantation, d’une alliance structurée et d’un leadership capable de tenir ensemble les dynamiques populaires et institutionnelles.

Dans la Donga, Assan Séibou s’impose désormais comme un point d’équilibre. Non par le fracas des slogans, mais par la densité d’une présence. Et dans le silence feutré des lendemains d’élection, Copargo raconte déjà autre chose : la manière dont un territoire choisit, parfois, de revenir à ce qu’il estime être sa propre trajectoire politique.

La rédaction

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