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Atelier de renforcement des capacités à Kétou : Les journalistes parlementaires s’approprient la nouvelle loi sur les associations

Les journalistes accrédités au Parlement béninois ont entamé ce mardi une formation de trois jours aux Résidences Céline Hôtel de Kétou. Cet atelier vise à aguerrir les participants sur les nouvelles dispositions légales relatives aux associations et fondations en République du Bénin afin de leur permettre de s’y conformer.

C’est dans une atmosphère empreinte de gravité que Max Gaspard ADJAMOSSI, président du Réseau des Journalistes Accrédités au Parlement (RéJAP), a pris la parole à l’ouverture des travaux. Après avoir remercié l’Assemblée Nationale pour son soutien financier constant, il n’a pas mâché ses mots : « Nous ne sommes plus seulement des observateurs. Nous sommes directement concernés, interpellés. »

La raison de cette inquiétude tient en quelques chiffres : 1901-2025. Plus d’un siècle de législation vient d’être balayé. La loi 2025-19, adoptée le 9 juillet et promulguée le 22 juillet dernier, impose désormais un nouveau cadre strict aux associations béninoises. Le RéJAP, créé en 1999 sous l’ancienne loi, doit impérativement se mettre en conformité sous peine de perdre sa personnalité juridique.

L’article 148 du nouveau texte ne laisse planer aucun doute. « Cette menace n’est pas théorique. Elle est réelle et pressante », a martelé ADJAMOSSI devant ses confrères. Comptabilité conforme aux normes des entités à but non lucratif, déclaration des ressources financières, rapports d’activités réguliers, organes fonctionnels… La liste des obligations est longue.

 « Faites diligence ou disparaissez »

Le message a été repris avec encore plus de fermeté par l’honorable David Godonou HOUINSA, deuxième secrétaire parlementaire, venu représenter le président de l’Assemblée Nationale, Louis Gbèhounou VLAVONOU. « Il faut vraiment faire diligence », a-t-il insisté. Le parlementaire a rappelé que cette réforme vise à « assainir le milieu des associations » pour qu’elles jouent leur rôle « dans le respect des règles républicaines »

Mais l’honorable HOUINSA a également souligné une autre dimension de cette formation. Au-delà de la simple survie administrative du RéJAP, il s’agit aussi de garantir que les journalistes puissent continuer à couvrir de manière juste et éclairée le secteur associatif, dont le rôle devient de plus en plus central dans la société béninoise.

 Un programme ambitieux en trois jours

Les participants vont devoir ingurgiter une somme considérable d’informations. Communications sur les dispositions générales de la loi, règles de gouvernance administrative et financière, mécanismes d’approbation des textes fondamentaux… Des experts de l’Assemblée Nationale, du ministère de l’Intérieur, de la Préfecture de l’Ouémé et de la société civile se relaieront pour décortiquer le texte.

L’objectif final est d’élaborer une feuille de route précise, assortie de délais clairs, pour mener à bien la mise en conformité du RéJAP avant l’échéance de la période transitoire. Un comité de relecture des statuts devra être mis en place, et la création de commissions thématiques sera à l’ordre du jour.

Le président ADJAMOSSI a voulu voir aussi le verre à moitié plein. Cette nouvelle législation offre des opportunités : un registre électronique pour plus de transparence, la reconnaissance officielle du rôle des associations dans le développement national, la garantie de droits fondamentaux comme la liberté d’expression et l’accès à l’information publique.

« Le membre ordinaire d’aujourd’hui est le responsable de demain », a-t-il lancé en guise d’appel à la mobilisation. Un message qui résonne particulièrement alors que le réseau, après vingt-six ans d’existence, se trouve à la croisée des chemins. Les trois prochains jours diront si les journalistes parlementaires sauront relever ce défi existentiel.

Fidèle KENOU

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