
Dans un communiqué récemment publié, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a rappelé aux institutions publiques et aux structures bénéficiant de fonds publics l’obligation de respecter strictement les règles encadrant l’attribution des marchés de publicité, de communication institutionnelle et de partenariat médiatique. Une sortie qui a suscité diverses réactions au sein des professionnels des médias. Pour lever toute ambiguïté, le secrétaire général de la HAAC, François Awoudo, est revenu sur les motivations et les enjeux de cette décision.
Selon François Awoudo, le communiqué ne constitue ni une innovation ni une sanction déguisée. « Ce communiqué ne doit pas apparaître comme un élément nouveau. La HAAC n’a fait que rappeler un principe que tout le monde est censé connaître, dans un État de droit, tous les actes doivent être conformes aux lois et règlements », a-t-il expliqué. Le secrétaire général de la HAAC précise que, dans le domaine des médias, l’existence légale est une condition préalable à toute reconnaissance. Les organes de presse écrite sont soumis à un régime déclaratif, tandis que les médias audiovisuels et en ligne relèvent d’un régime d’autorisation. « Ceux qui ne figurent pas sur les listes officielles publiées par la HAAC ne sont pas des médias légalement installés dans le pays », a-t-il insisté.
C’est dans cette logique que l’autorité de régulation a adressé ampliation du communiqué à l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) et à l’Agent judiciaire de l’État (AJE). Pour François Awoudo, il s’agit d’assurer que les marchés publics soient attribués dans un cadre concurrentiel respectant la légalité. « Lorsqu’on parle de concurrence, il faut que tous ceux qui concourent soient dans la légalité », a-t-il souligné. Face aux accusations d’exclusion, le secrétaire général Awoudo se veut catégorique, « Dans ce communiqué, vous ne verrez personne qui soit exclu. Nous avons simplement dit que tout le monde doit remplir les mêmes critères pour bénéficier des mêmes avantages ». Selon lui, cette démarche vise plutôt à garantir une compétition équitable entre les acteurs du secteur.
Au plan économique, la décision entend protéger les médias légalement établis en République du Bénin et renforcer leur viabilité. « Les médias ont besoin de recettes, et les recettes publicitaires comptent beaucoup. Il s’agit d’éviter que des structures non reconnues viennent capter des ressources qui devraient revenir aux médias en règle », a expliqué François Awoudo.
La protection des finances publiques constitue également un enjeu central. « Attribuer des ressources publiques à des médias qui ne sont pas dans la légalité, c’est un peu comme jeter l’argent par la fenêtre », a-t-il averti, comparant cette situation au financement d’activités informelles ou illégales. Sur le plan du professionnalisme, la HAAC estime que la reconnaissance légale des médias est indispensable pour garantir la responsabilité, l’identification des sources et la réparation d’éventuels préjudices. « Pour répondre d’un tort causé à autrui, il faut d’abord qu’on vous connaisse », a rappelé le secrétaire général. François Awoudo souligne enfin l’impact positif attendu pour les journalistes et les citoyens. Pour les premiers, il s’agit de favoriser des entreprises de presse viables, capables d’assurer salaires et couverture sociale. Pour les seconds, c’est la garantie d’accéder à une information crédible, produite par des médias identifiables et responsables. « Le rôle de la HAAC est de protéger et de promouvoir la liberté de la presse, mais dans le respect des lois et règlements. La liberté de la presse n’est pas une liberté sans garde-fou », a conclu François Awoudo, rappelant que ce communiqué vise avant tout à assainir l’espace médiatique béninois.

