
Ce samedi 27 décembre 2025 restera gravé comme un moment fort dans l’histoire politique récente du Bénin. Pendant plusieurs heures, des centaines de Béninoises et Béninois établis en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et ailleurs ont convergé virtuellement sur la plateforme Zoom pour participer à une rencontre politique organisée par le Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin (MOELE‑BÉNIN). À l’approche déterminante des élections législatives du 11 janvier 2026, cette réunion a dépassé le cadre d’une simple séance d’information : elle a montré que la diaspora n’est plus un ensemble passif d’observateurs, mais une force politique consciente, structurée et prête à influencer le débat démocratique national.
MOELE‑BÉNIN, formation politique fondée en 2018 et dirigée par Jacques O. H. S. AYADJI, affiche une stratégie affirmée d’inclusion et de social‑démocratie, matérialisée dans son projet de société intitulé « Dans la continuité de la Dynamique, osons l’Inclusion pour un Bénin plus inclusif où l’Humain est au cœur des débats à l’Assemblée nationale », structuré en 12 fondements et 25 engagements détaillés. Ce cadre programmatique sert de colonne vertébrale au discours politique du parti dans la perspective de la prochaine législature.
La réunion a été ouverte par Thierry APOVO, coordinateur national de MOELE‑BÉNIN en France. Dans un mot d’accueil particulièrement dense de sens, il a d’abord salué la présence des participants, affirmant que la diaspora n’est pas une collectivité périphérique, mais une composante essentielle de la démocratie béninoise. Pour lui, les Béninois de l’extérieur représentent une force d’opinion, d’influence et d’action capable de renforcer les racines civiques du pays.
M APOVO a rappelé que MOELE‑BÉNIN est le parti politique pionnier à plaider pour des réformes audacieuses en faveur de l’inclusion politique des diasporas, notamment la proposition de création de circonscriptions électorales dédiée aux Béninois de l’extérieur une initiative qui illustre l’ambition de faire entendre et représenter cette composante citoyenne à l’Assemblée nationale.
Son discours a donné le ton pour l’ensemble de la rencontre en invitant la diaspora à passer du statut de spectatrice à celui d’actrice engagée, structurée et déterminée à contribuer à l’orientation politique du pays.

Dans la foulée, Abdoul Adjaï a replacé la réunion dans le contexte plus large des élections générales de 2026, notamment des législatives du 11 janvier. Il a expliqué que ces élections sont un moment décisif pour définir l’orientation institutionnelle, sociale et économique du Bénin pour les années à venir.
Soulignant que la diaspora, même si elle ne vote pas encore directement depuis l’étranger, demeure concernée par les résultats et les lois adoptées par l’Assemblée nationale, M Adjaï a insisté sur l’importance d’une participation intellectuelle et stratégique à la vie politique nationale, car les choix qui y sont faits auront un impact direct sur tous les citoyens, où qu’ils vivent.
Cette contextualisation a permis de rappeler que plusieurs étapes clés du processus électoral, comme le dépôt des candidatures par MOELE‑BÉNIN auprès de la Commission électorale nationale autonome (CENA) le 19 novembre 2025, ont été accomplies avec rigueur, conférant au parti une place officielle dans la compétition électorale.
À son tour, Imelda BADA, Vice-Présidente Coordonnatrice Diaspora MOELE-BÉNIN et Directrice Départementale Diaspora de Campagne, a livré une intervention politique dense et inspirée, centrée sur la citoyenneté active des Béninois à l’étranger. Elle a rappelé que loin d’être une simple extension géographique de la nation, la diaspora est une communauté de citoyens dont l’engagement politique peut enrichir le débat démocratique et influencer les choix nationaux.

Imelda BADA a souligné que MOELE‑BÉNIN conçoit la diaspora comme des partenaires essentiels dans l’élaboration et la diffusion du projet de société du parti : des interprètes vivants des enjeux politiques, capables de relayer des messages précis auprès de leurs réseaux personnels et professionnels tant au pays qu’à l’étranger. Cette vision dépasse la simple communication ; elle porte l’idée que la démocratie se construit dans l’action, la sensibilisation et la structuration des idées au quotidien.
L’une des séquences les plus attendues du meeting fut la présentation de l’offre de législature par Christin Fabroni Bill YOCLOUNON, Directeur National de Campagne de MOELE‑BÉNIN. Cette étape, au cœur du message politique du parti, a permis de décortiquer les 12 fondements et 25 engagements qui structurent le programme pour la prochaine législature à l’Assemblée nationale.
Le DNC YOCLOUNON, a articulé son exposé autour des propositions suivantes :
Création de circonscriptions électorales dédiées à la diaspora, afin d’accroître la représentation des Béninois de l’étranger dans les instances de décision politiques ;
Suppression du critère de résidence pour certaines candidatures législatives, ouvrant ainsi la possibilité pour les compatriotes de l’extérieur d’être davantage intégrés dans le processus politique ;
Indemnisation des victimes des régimes passés, symbolisant une volonté de justice sociale et de réconciliation historique ;
Réformes de gouvernance démocratique, y compris une planification stratégique du développement national via une loi‑programme sur 50 ans, souvent désignée sous le nom de Loi SEAT.50 ;
Des propositions ciblées en matière d’éducation, de formation et d’emploi, avec l’objectif de renforcer ces secteurs clés pour le développement humain et économique.
Cette offre, qui vise à replacer « l’Humain au cœur de la loi », a été unanimement saluée comme cohérente et ambitieuse par les participants, qui ont reconnu sa capacité à répondre aux défis structurels et sociaux du Bénin.
Entre les prises de parole clés, Marina COMBE a joué un rôle essentiel dans l’animation et la cohésion du meeting, assurant la transition entre les séquences tout en maintenant la dynamique de la rencontre. Son rôle opérationnel et logistique a permis aux interventions de se succéder de manière fluide, offrant aux participants une expérience structurée et sans rupture.
L’intervention du Président de MOELE‑BÉNIN, Jacques AYADJI, constitua le point culminant de ce rassemblement. Avec une communication directe et engageante, le Président AYADJI a insisté sur le fait que l’appartenance politique ne doit pas se limiter à une adhésion passive, mais qu’elle doit se traduire par des actions concrètes au service de la démocratie et du progrès social.
Il a encouragé les membres de la diaspora à être des porte‑parole éclairés, non seulement en relayant le programme du parti, mais en expliquant ses propositions avec précision dans leurs réseaux personnels et professionnels. Pour Jacques AYADJI, la diaspora représente une réserve de créativité intellectuelle et sociale, qui peut contribuer à un renouvellement de la représentation nationale plus proche des réalités contemporaines.
Sur le plan institutionnel, il a rappelé que MOELE‑BÉNIN avait accompli une étape clé du processus électoral en déposant ses candidatures auprès de la CENA, soulignant la volonté du parti de participer pleinement à la compétition pour la législature de janvier 2026.
Entre 15 h 15 et 16 h 00, les participants venus de différents continents ont pu exprimer leurs attentes, leurs interrogations et leurs propositions. Ces échanges ont révélé une diaspora informée, critique et constructive, soucieuse de comprendre non seulement le contenu programmatique, mais aussi les implications opérationnelles des mesures proposées. Plusieurs intervenants ont posé des questions sur la mise en œuvre des réformes, l’ouverture institutionnelle de la représentation diasporique, et les mécanismes de suivi citoyen de l’action parlementaire.
La rencontre a également donné la parole à Geraude DJOSSOU, qui a formulé un appel vibrant à la mobilisation civique, soulignant que la démocratie ne se limite pas à l’exercice du vote, mais qu’elle implique une participation continue et structurée dans la vie collective.
Par la suite, Josia GUEDJE a présenté un appel à contribution volontaire, insistant sur le fait que la campagne ne repose pas uniquement sur des idées, mais également sur des moyens concrets permettant de structurer et diffuser ces idées de façon efficace et professionnelle.
L’un des effets les plus significatifs de cette rencontre fut sa double dimension d’impact :
Pour les communautés diasporiques, le meeting a offert un espace d’expression et de reconnaissance politique, renforçant leur sentiment d’appartenance citoyenne même à l’étranger.
Pour le débat national béninois, il a enrichi le dialogue politique en introduisant des perspectives nouvelles sur l’inclusion, la représentation et la réforme institutionnelle, des thèmes qui dépassent le simple cadre des élections législatives.
En mettant en avant des idées telles que l’élargissement de la représentation parlementaire, la suppression des barrières administratives discriminatoires et une planification stratégique du développement national, cette rencontre a élargi les horizons du débat démocratique au Bénin.
Ce meeting virtuel a révélé une réalité politique désormais incontestable : la diaspora ne souhaite plus seulement être entendue elle entend peser sur l’avenir politique du Bénin. Par la structuration de son discours, la clarté de ses engagements et l’intensité de sa mobilisation, la communauté des Béninois de l’extérieur contribue à redessiner les contours de la citoyenneté politique, inscrivant sa participation dans une démarche collective, durable et profondément ancrée dans les enjeux démocratiques du pays.
Ce rendez‑vous n’était pas une simple opération de communication il a constitué une étape politique majeure, annonciatrice de nouvelles formes d’interactions entre la société civile, la diaspora et les institutions démocratiques du Bénin dans les semaines qui précèdent les élections de 2026.

