Le Bloc Républicain (BR) a engagé une procédure disciplinaire contre Dr Bertin Koovi à la suite de prises de position publiques jugées contraires aux règles internes du parti. Réuni le 04 février 2026, le Secrétariat Exécutif du parti a recommandé sa suspension à titre conservatoire, avant que l’intéressé ne publie, le lendemain, un message d’explication et d’excuses.

Dans un communiqué rendu public à l’issue de sa réunion, le Secrétariat Exécutif du Bloc Républicain a relevé que Dr Bertin Koovi s’est exprimé sans mandat au nom du parti, en violation des règles de discipline et du devoir de réserve. En conséquence, il a été recommandé au Bureau Exécutif National l’ouverture d’une procédure disciplinaire et la suspension conservatoire de l’ancien conseiller à la stratégie du BR.
Face à cette décision, Dr Bertin Koovi est revenu publiquement avec un message d’explication et d’excuses daté du 05 février 2026. Dans ce texte, il assure que ses prises de position n’étaient animées ni par un esprit de défiance, ni par une volonté de trahison. « Si des erreurs ont été commises, elles ne l’ont jamais été par esprit de défiance ou de trahison, mais par le désir sincère d’aider à faire entendre la frustration profonde des militants du Bloc Républicain à la base », affirme-t-il.
Dr Bertin Koovi présente ensuite ses excuses au président du parti Bloc Républicain, Abdoulaye Bio Tchané, pour « les incompréhensions » suscitées par ses propos, ainsi qu’au président de la République, Patrice Talon, si ceux-ci ont pu être perçus comme une atteinte à leur relation. « Si mes propos ont pu être perçus comme une blessure, ou pire, comme un poignard planté dans son dos, tel n’a jamais été mon esprit, ni mon intention », dit-il.
L’ex-conseiller à la stratégie du BR reconnaît par ailleurs ne pas disposer de tous les éléments d’appréciation sur la gestion des relations entre les partis de la mouvance, et assume cette limite « avec humilité ». Il rejette toute idée d’opposition au chef de l’État, estimant qu’« à deux mois de la fin de son mandat, cela n’a aucun sens ».
Dans son message, Bertin Koovi réaffirme son soutien personnel au président Patrice Talon, qu’il dit fonder sur sa conviction par rapport aux réalisations et à la vision du chef de l’État pour le Bénin. « Je ne soutiens pas le Président Patrice Talon au nom du Bloc Républicain, je le soutiens au nom de Bertin Koovi », précise-t-il.
Concernant le ministre d’Etat Romuald Wadagni, désigné comme candidat de la mouvance, Dr Bertin Koovi indique que son soutien personnel est antérieur à celui du Bloc Républicain, tout en appelant à la formalisation d’un accord clair entre les partis de la majorité afin d’éviter, selon lui, « une crise politique inutile après l’élection ». Tout en se réclamant toujours du Bloc Républicain, Dr Bertin Koovi conclut son message par un réengagement de loyauté envers le président Patrice Talon et un appel à l’apaisement.
Romain HESSOU
Voici l’intégralité de son Message d’explication et d’excuses
« Cotonou le 05 Février 2026.
Message d’explication et d’excuses
À la suite du message que j’ai rendu public et de la sanction qui s’en est suivie, je souhaite, dans un esprit de responsabilité et de vérité, apporter les clarifications suivantes.
Si des erreurs ont été commises, elles ne l’ont jamais été par esprit de défiance ou de trahison, mais par le désir sincère d’aider à faire entendre la frustration profonde des militants du Bloc Républicain à la base.
C’est cette préoccupation, et elle seule, qui m’animait.
Je tiens donc à présenter mes excuses au Président Abdoulaye Bio Tchané, Président du Bloc Républicain, pour les incompréhensions que mes propos ont pu susciter au sein de notre famille politique.
Mais surtout, je souhaite présenter personnellement mes excuses au Président de la République,
Son Excellence Patrice Talon, si mes propos ont pu être perçus comme une blessure, ou pire, comme un poignard planté dans son dos.
Tel n’a jamais été mon esprit, ni mon intention.
N’étant pas au centre de la gestion quotidienne et stratégique des relations entre les partis de la mouvance, je reconnais aujourd’hui que je ne disposais pas de tous les éléments d’appréciation nécessaires. Je l’assume avec humilité.
Mes relations avec le Président Patrice Talon ne datent pas de mon adhésion au Bloc Républicain. Elles s’inscrivent dans un parcours plus ancien, fait de respect, d’estime et de franchise.
J’entends certains dire que je serais devenu opposant au Président Patrice Talon.
Je pose la question : s’opposer à quoi, à deux mois de la fin de son mandat ?
Cela n’a aucun sens.
Monsieur le Président de la République, je suis resté fidèle à ce que vous m’avez demandé lors de notre première rencontre, le 30 mars 2021 :
rester véridique, afin que vous puissiez entendre ce que certains pensent tout bas.
Si vous m’aviez demandé d’adopter un langage politique fait de duplicité penser une chose et en dire une autre j’aurais peut-être choisi l’école de ceux qui disent le contraire de ce qu’ils ressentent. Mais ce n’est pas ce que vous m’avez demandé.
Si mes paroles vous ont blessé, je vous présente mes excuses sincères, comme un disciple à son maître, avec respect et loyauté.
Mon engagement récent dans l’animation du débat politique, notamment autour de Paul Hounkpè, répondait à une conviction :
la vie politique béninoise devait se réveiller, à quelques mois d’échéances majeures.
En 24 heures, j’ai contribué à replacer le débat au centre de l’espace public, non par calcul, mais pour montrer qu’aucune victoire n’est jamais acquise d’avance.
Je précise avec clarté :
je ne soutiens pas le Président Patrice Talon au nom du Bloc Républicain,
je le soutiens au nom de Bertin Koovi, convaincu par ses réalisations et sa vision pour le Bénin.
Je suis du Bloc Républicain, le BR vit en moi, et je vis dans le BR.
Nos chemins se recroiseront naturellement.
Concernant Romuald Wadagni, il sait que mon soutien personnel lui est antérieur à celui du Bloc Républicain. Ma seule suggestion, responsable et préventive, est qu’un accord clair soit formalisé entre le BR, l’UPR et tout candidat, afin d’éviter demain une crise politique inutile après l’élection.
Monsieur le Président de la République, vous avez mon soutien indéfectible.
Et je le dis avec gravité : même sous la menace, je ne retirerais pas ce soutien.
Vous soutenir, pour moi, ce n’est pas flatter,
c’est dire la vérité, même lorsqu’elle dérange.
Je suis musulman, et le Coran nous enseigne qu’il n’arrive à l’homme que ce qu’Allah a prescrit.
Que la paix de Dieu soit avec vous.
Salam Aleikoum wa Rahmatoullahi wa Barakatuh.
Dr Bertin Koovi
Ex- Conseiller à la Stratégie du Bloc Républicain »

