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L'He Michel Oloutoyé Sodjinou lors du déjeuner de presse

Conflits internes et revirement politique au sein des Démocrates: Quand les événements donnent raison à l’He Sodjinou

À la faveur d’un déjeuner de presse qu’il a offert ce vendredi 27 mars à Porto-Novo, le député Michel Oloutoyé Sodjinou est revenu sur les faits qui l’ont conduit à reprendre son parrainage et à claquer la porte de son ex-parti, Les Démocrates. Rivalité nord-sud, conflits internes, humiliations : tels sont les maux qui rongeaient en silence un parti qui aspirait pourtant à diriger le Bénin. Des réalités que l’opinion nationale ignorait largement, et que les derniers développements au sein de cette formation d’opposition ont fini par exposer au grand jour.

L'He Michel Oloutoyé Sodjinou
L’He Michel Oloutoyé Sodjinou lors du déjeuner de presse

C’est autour d’une table bien garnie, ce vendredi, que le député Sodjinou a choisi de rompre le silence. Depuis sa rupture avec Les Démocrates, l’élu s’était scrupuleusement gardé de tout commentaire public. Devant les journalistes qu’il avait lui-même conviés, il a pris le temps de revenir sur les circonstances de son départ, avec une sobriété mesurée et des mots visiblement pesés.

« Depuis l’épisode ‘’Eblibou’’, que vous connaissez tous ici, je n’ai pas eu l’occasion de m’exprimer », a-t-il introduit d’emblée, avant d’ajouter avec une pointe d’ironie : « En principe, je n’ai même pas besoin de vous parler. » Celui qui, le jour de son installation à l’Assemblée nationale, avait promis à ses soutiens que « le meilleur était à venir » et que « le temps rétablirait les choses » estimait visiblement que ce moment était enfin venu.

Une fracture interne tue sous silence

Au cœur de son propos : une rivalité nord-sud qu’il dit avoir dénoncée bien avant que les événements ne lui donnent raison. « De l’extérieur, il y avait cet engouement Les Démocrates, Les Démocrates, Les Démocrates. Sans Les Démocrates, rien ne pouvait avoir lieu dans ce pays », a-t-il décrit, avant de trancher net : « Mais le parti n’était pas soudé à l’intérieur. Aujourd’hui, vous l’avez constaté. »

Pour le député, cette fracture dépassait les simples querelles de personnes. Elle renvoyait à une question de fond : peut-on prétendre conquérir le pouvoir et gouverner un pays en traînant une telle division en son sein ? « Devions-nous conquérir le pouvoir avec cette rivalité-là ? Qu’aurions-nous pu construire dans ces conditions ? C’est surtout cela que j’ai vu », a-t-il confié, laissant entendre que sa décision avait été mûrie bien avant que l’éclat ne devienne public.

L’affaire du parrainage : une mise au point sans détour

Sur la question du parrainage point névralgique de la brouille Sodjinou a été catégorique. Contrairement aux versions qui avaient circulé, ce parrainage n’appartenait ni au parti ni à quelque institution que ce soit : « C’était bel et bien un parrainage à titre personnel. Donc c’était pour moi. » S’il avait consenti, à un moment, à le mettre à disposition, c’était selon lui « sur la base d’une certaine conscience » et nullement sous la contrainte.

C’est lorsque le dialogue a été fermé que tout a basculé. « J’attendais une délégation, j’étais ouvert à la discussion mais on n’a pas voulu m’écouter. On a voulu me forcer », a-t-il relaté. Face à cette pression, sa réponse a été simple et sans appel : « J’ai refusé. »

Fidèle KENOU

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