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Crise au sein des Démocrates : Azatassou charge Houndété et défend les sanctions

La crise interne au parti Les Démocrates continue d’alimenter l’actualité politique à l’ouverture de la campagne présidentielle de 2026. Invité sur le média Enjeux d’Afrique, le vice-président du parti, Eugène Azatassou, est revenu sur les tensions liées au soutien controversé d’Éric Houndété au candidat de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni.

Au cœur du différend : une question de discipline interne et de respect des décisions collectives. Selon Eugène Azatassou, la Coordination nationale du 6 mars avait clairement acté le principe de sanctions contre tout militant apportant un soutien individuel à un candidat avant une position officielle du parti. « Nous avons suspendu des camarades pour avoir agi à titre personnel alors que le parti n’avait pas encore tranché », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité d’une ligne cohérente au sein de la formation politique.

Une décision jugée incohérente : Le vice-président des Démocrates pointe particulièrement du doigt l’attitude d’Éric Houndété. « Il a dirigé la séance qui a décidé des sanctions, et le lendemain, il soutient un duo. Un parti doit fonctionner comment ? », s’est-il interrogé. Pour lui, cette posture constitue une entorse grave à la discipline partisane. « On ne peut pas appliquer une règle aux militants et une autre aux responsables. C’est pire quand celui qui a dirigé la décision la viole lui-même », a-t-il martelé.

Dans ce contexte, la suspension de certains responsables, dont Éric Houndété, est présentée comme une mesure de cohérence et de fermeté. « Un parti ne peut pas tenir si chacun agit à sa guise », a-t-il ajouté, tout en laissant la porte ouverte à un retour des concernés « s’ils reviennent à la raison ».

Atchadé reconnu comme président légitime

Sur la question du leadership, Eugène Azatassou a tranché sans ambiguïté. Il reconnaît Nourénou Atchadé comme président du parti Les Démocrates, conformément à la décision du Conseil national du 22 mars. Il rejette par ailleurs les arguments d’Éric Houndété, qui conteste la régularité de cette désignation. Selon lui, les textes du parti permettent au Conseil national ordinaire de pourvoir aux postes vacants, et sa légitimité « prime » sur d’autres interprétations.

Boni Yayi hors de cause

Autre point sensible : les soupçons d’une implication de l’ancien président Boni Yayi dans la recomposition interne du parti. Une hypothèse catégoriquement rejetée par Eugène Azatassou. « Nous sommes suffisamment mûrs pour défendre nos convictions sans manipulation », a-t-il affirmé, appelant à « laisser en paix » l’ex-chef de l’État, qu’il dit retiré de la gestion du parti.

Une opposition en recomposition : Au-delà des tensions internes, cette crise met en lumière les divergences stratégiques au sein de l’opposition, notamment sur l’attitude à adopter face à la présidentielle du 12 avril. Le parti Les Démocrates a officiellement choisi de ne soutenir aucun candidat. Toutefois, Eugène Azatassou n’exclut pas une évolution de cette position après le scrutin, évoquant la possibilité d’un dialogue avec le futur président en fonction de ses orientations. « Nous ne sommes pas opposés à des hommes, mais à une gouvernance », a-t-il précisé.

Malgré les turbulences, le vice-président se veut confiant quant à l’avenir du parti, évoquant une base militante solide et des convictions intactes. Une position qui laisse entrevoir une recomposition encore en cours au sein de l’opposition béninoise.

Romain HESSOU

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