
L’ex chef de l’Etat Boni Yayi a décidé, le mardi 03 mars 2026, de démissionner de la présidence du parti Les Démocrates, après avoir assumé cette fonction sur trois longues années environ. Entre autres raisons, il a évoqué des soucis de santé qui lui imposeraient désormais un repos conséquent. La soixante dizaine révolue, et après deux mandats présidentiels pour le moins très actifs, 2006 à 2016, il y a 10 ans, Yayi semble bien rattrapé par une vieillesse qui commence sans doute à lui dicter une sagesse sanitaire, loin de toute turbulence politique. A certains égards, la décision de démissionner du poste de président du parti LD, ne manquerait donc pas de justesse.
Il reste que les déboires successifs connus par la famille des Démocrates, n’échappent pas non plus à l’analyse face au départ de celui- là même, qui, il y a trois ans, a décidé, contre toute attente, et avec une certaine vigueur de prendre les rênes du parti LD, pour mieux assurer son rayonnement politique. A l’époque, d’aucuns avaient craint le pire pour ce parti, suite aux nombreuses erreurs politiques commises par Yayi quand il gérait le pouvoir d’Etat. Des erreurs de management des forces politiques qui le soutenaient et autres inaptitudes à son actif n’avaient pas manqué de compromettre à jamais l’harmonie et l’unité politique au sein de la famille présidentielle d’alors. Des castings mal opérés autour des candidatures à sa succession en 2016, à la crise profonde connue par l’ex FCBE, ont conduit Yayi et ses derniers compagnons de l’époque vers un certain déclin, vite rattrapé par une renaissance politique à l’avènement du régime de la rupture. Le parti Les Démocrates créé pour se départir de la famille Cauris a lancé des hostilités contre le pouvoir Talon mais qui ont fini par se manifester, au fil du temps, dans son propre camp. La suite jusqu’à une date récente est connue de tous. Les élections générales de 2026, alors en préparation ont subi les mêmes revers chez Yayi et les siens, vacillant entre des choix de candidatures assez contestés à l’interne et des décisions non consensuelles entre les différents acteurs et leaders LD. Tout un imbroglio politico-administratif avec pour conséquence ; un déferlement de départs surprenants à des moments cruciaux du processus électoral actuel. Tel un Michel Sodjinou, député LD, intraitable sur son refus de faire valoir son parrainage au candidat LD à la présidentielle 2026 qu’il désapprouvait tant. Tels, ces cinq autres députés qui ont suivi le mouvement…Tel un cacique politicien de la trempe de Basile Ahossi, vice-président du parti LD qui, daredare apporte plutôt un soutien à visage découvert au candidat de la mouvance…. Tel et tel autre leader LD, toujours en train de partir. Ils étaient nombreux qui s’en allaient, à la queue leu leu, les uns après les autres, des intouchables aux insoupçonnés. Les résultats catastrophiques au terme de la seule élection, le scrutin législatif 2026, auquel, ils avaient l’homologation de la Cena, semblent avoir assombri davantage le sort du parti LD. Et ceci, jusqu’à ce mardi, où le denier coup fatal lui semble avoir été asséné, avec le départ du leader et bailleur monumental, Boni Yayi. Que reste-t-il désormais de la vie, de l’image et des perspectives d’un parti, qui faute d’élus, aura fort à faire pour reconquérir une hypothétique gloire politique aux prochaines échéances électorales attendues dans 07 ans ? C’est la grande question. Même si Boni Yayi, en démissionnant ce mardi, a exhorté les vice-présidents à poursuivre le combat jusqu’au prochain congrès pour désigner son successeur, il y a aujourd’hui fort à parier que le parti LD retrouve de sitôt le confort politique que lui souhaitent tant de militants et acteurs restés accrochés à ses idéaux.
Christian TCHANOU

