
Le seul scrutin pour lequel, le parti Les Démocrates, a reçu feu vert n’a pas connu du succès. Pas un seul siège parlementaire décroché aux législatives du dimanche 11 janvier 2026. La disposition exigeant les 20% de seuil à franchir, par circonscription électorale, en termes de suffrages, pour lever un siège parlementaire a durement frappé les candidats démocrates au terme du vote. Avec 16, 14 % de taux de suffrages au plan national, leur détermination à retourner au parlementaire s’est vite estompée. Pour n’avoir pas non plus signé un accord de coalition parlementaire avec d’autres partis en lice en vue de faire valoir les 10% concédés ici par les textes, à additionner aux 10% de l’autre partie, le parti Les Démocrates, a choisi de courir tous les risques possibles vers un échec fatal.
Alea Jacta es. Le verdict définitif de la Cour constitutionnelle sur le récent scrutin législatif, validant les 60 députés UP-R et les 49 députés BR pour siéger à la 10ème législative, vient un peu comme pour sceller le sort des Démocrates. Rendez-vous dans 07 ans pour les prochaines législatives. Même s’ils ont dénoncé à gorge déployée le code électoral qui a servi aux élections couplées, communales et législatives du dimanche 11 janvier dernier, leur participation au scrutin renforce la légitimité d’une loi électorale qu’ils rejetaient tant. La loi, c’est la loi. Elle s’impose tous. Le parti Les Démocrates, à tort ou à raison, n’a pas opté pour le boycott.
En vérité, le parti LD s’est longtemps berné dans des illusions qui ont fini par avoir sa peau. Si la formation politique de Boni Yayi a décidé de se lancer dans la compétition, c’est sans doute, parce qu’elle a misé sur l’euphorie populaire que suscitent, jadis, les descendes répétées du leader dans des localités du pays. Cette euphorie a-t-elle toujours grand effet sur les électeurs béninois ? Au fil des ans, ils se veulent réalistes dans le choix des dirigeants politiques à l’occasion des votes. Entre une foule en transe au passage de Boni Yayi et une décision à prendre pour son pays dans le secret de l’isoloir, la maturité de l’électeur béninois, attaché au développement de son pays, prend le pas sur le sentimentalisme. C’est sans doute ce qui s’est passé le dimanche 11 janvier dernier.
Du concret
En 10 ans de gestion, le pouvoir du président Patrice Talon a posé des actes qui semblent bien enthousiasmer la majorité des béninois, même si des grincements de dents persistent par endroits. Derrière les rideaux, des opposants, véreux contre le pouvoir actuel, ne cacheraient moins leur admiration face aux transformations opérées dans tout le pays et dans tous les domaines. C’est sans doute l’un des atouts majeurs qui a milité en faveur des candidats de la mouvance aux derniers scrutins, rendant utopique tout exploit du camp adverse. En face des nombreuses réalisations de qualité et d’envergure à l’actif du président Talon, les offres de gouvernance parallèles, exhibées par des candidats démocrates lors de la récente campagne électorale ont capté peu d’attention partout où ils allaient. En dehors du retour des « exilés politiques », libération des « détenus politiques » auxquels, ils semblent indéfiniment s’accrocher, toutes les autres propositions visant un mieux-être des béninois, ont manqué d’élégance et d’égalité face à celles de leurs adversaires. Absolument rien de mieux que les Béninois n’aient pas encore vu et apprécié sous Talon ces dix dernières années. L’illusion des Démocrates a en réalité pris de l’ampleur depuis plusieurs mois. Le point culminent a fait jour autour du choix du duo candidat à la prochaine présidentielle 2026. Pour ceux qui nourrissaient encore des espoirs de voir le pays gouverner autrement dès mai 2026, les candidatures brandies par Yayi et les siens ont tôt fait de les dissuader d’un tel rêve. Le niveau de gestion et de gouvernance atteint par le Bénin sous Patrice Talon est tel qu’il ne fallait pas aligner un candidat de moindre calibre pour sa succession. D’aucuns ont même pressenti un échec foudroyant au duo candidat LD à la présidentielle d’avril 2026, au cas leur dossier aurait connu une suite favorable à la Cena. L’un dans l’autre, le parti Les Démocrates a cafouillé à plusieurs niveaux de gestion de la donne politique depuis quelques mois.Il n’en pouvait être autrement aujourd’hui.

