
Comme annoncé en Conseil des ministres en novembre 2025, les sessions de renforcement des capacités des artisans béninois, prévues dans le cadre du programme ARCH-Formation, ont effectivement démarré et se poursuivent dans plusieurs localités du pays. Pour l’édition 2025, le dispositif mobilise des centres de formation de référence afin d’offrir des perfectionnements techniques gratuits, entièrement financés par le budget national.
À Parakou, l’une des plus importantes sessions concerne les métiers du froid et de la climatisation. Accueillis au centre ESMER, des artisans venus des douze départements du Bénin suivent un mois de formation intensive, axée sur l’installation des équipements frigorifiques, la manipulation sécurisée des fluides frigorigènes et le respect des normes professionnelles. Parallèlement, d’autres filières techniques sont concernées à travers le territoire national. À Allada et Védoko, des artisans renforcent leurs compétences en électricité solaire photovoltaïque. À Godomey et Porto-Novo, les formations portent sur la plomberie, tandis qu’à Akassato, plus de 300 artisans se perfectionnent en mécanique automobile.
Dans les communes de Natitingou, Kpomassè, Parakou, Kandi, Dassa et Bohicon, des sessions sont consacrées à la transformation agroalimentaire et à la fabrication du fromage local. D’autres modules se déroulent à Ouidah, Kpataba, Sékou et Agbangnizoun, ciblant notamment l’aménagement paysager, l’irrigation, les systèmes de pompage solaire, la mini-rizerie ou encore l’égrenage du maïs.
Des artisans convaincus, des pratiques modernisées
Au centre ESMER de Parakou, l’assiduité et l’engagement des participants témoignent de l’intérêt suscité par le programme. « Par le passé, nous ne respections aucune règle. Cette formation m’a ouvert les yeux », confie Idrissou Adamou, frigoriste à Kandi depuis 44 ans. Même constat chez Mathias Ayachamè, venu de Bohicon : « L’État nous offre gratuitement la formation et même les équipements de protection. Cela change profondément notre manière de travailler. » Du côté des formateurs, la mise à niveau est jugée indispensable face à la modernisation rapide des équipements. « Les techniciens doivent désormais maîtriser les risques et adopter de nouvelles méthodes de travail», explique Folly Rodrigue. Roger Agglassa, responsable du centre ESMER, souligne pour sa part que ces formations contribuent également à améliorer la relation client et la qualité globale des services fournis.
Au total, 1 273 artisans seront formés en 2025 dans divers métiers et localités. À travers ARCH-Formation, le Gouvernement entend professionnaliser durablement les artisans, renforcer leur compétitivité et améliorer les services rendus aux communautés. Portée par le Ministère des Affaires sociales et mise en œuvre par l’Agence nationale de protection sociale (ANPS), l’initiative s’impose progressivement comme un levier majeur de transformation sociale et économique, au service des artisans et du développement national.
Romain HESSOU

