La Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin) a accueilli le mardi 17 février 2026, à Cotonou une édition spéciale du « Carrefour d’opportunités ». En partenariat avec l’institution Africa Finances, cette rencontre visait à lever les barrières structurelles au financement des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) afin de favoriser une croissance économique durable et inclusive.

Elles sont le moteur de la croissance, mais elles avancent souvent avec le frein à main tiré. Les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) béninoises, malgré leur dynamisme, se heurtent systématiquement au mur du financement. Entre des systèmes de gestion jugés archaïques et une prudence excessive des institutions bancaires traditionnelles, le fossé semble parfois infranchissable. C’est pour jeter un pont entre ces deux mondes que la CCI Bénin, via son Service de Promotion Économique Régional de Cotonou, a organisé le mardi 17 février 2026 une rencontre stratégique dans sa salle de conférence.
Une vision connectée aux réalités du terrain
Placée sous le thème de la « dynamisation des interactions entre Africa Finances et les entreprises pour une économie territoriale plus forte », cette journée a rassemblé de nombreux entrepreneurs, aussi bien dans l’enceinte de la CCI à Cotonou que derrière leurs écrans à travers tout le pays. L’enjeu était clair : démystifier des procédures administratives souvent perçues comme un labyrinthe insurmontable.
Christiane Tossou, Vice-Présidente Régions de la CCI Bénin, a rappelé dans son allocution d’ouverture que cette initiative s’inscrit dans le plan stratégique 2025-2030 de l’institution consulaire. « Notre ambition est de bâtir une CCI connectée à ses mandants et aux opportunités », a-t-elle martelé. Pour elle, le succès de l’économie de demain repose sur la capacité des chefs d’entreprise à saisir ces plateformes de réseautage pour transformer des idées en projets bancables.

Présente pour la circonstance, Valentine Huguette Adoukonou Tonoukouin, Directrice Générale de Africa Finances a marqué les esprits. De retour de voyage, elle a partagé un constat inspirant : l’existence, sous d’autres cieux, d’entreprises centenaires transmises de génération en génération. « Comment faire pour que nous aussi, au Bénin, nous puissions avoir des entreprises plus solides qui durent dans le temps ? », s’est-elle interrogée. Pour la présidente de l’association professionnelle des institutions de microfinance du Bénin, la réponse réside dans un accompagnement qui ne se limite pas au simple prêt d’argent, mais qui englobe le renforcement des capacités et une écoute mutuelle.
Un dialogue direct pour briser les tabous
La seconde partie de l’événement a laissé place à une session de questions-réponses. Les entrepreneurs ont pu interpeller directement la direction de Africa Finances sur les critères d’éligibilité et les délais de traitement. Cette phase de « vérité » a permis de rassurer les promoteurs sur le fait que l’institution accompagne tous les secteurs d’activité, pourvu qu’ils s’inscrivent dans la légalité.
En créant ce cadre d’échanges, la CCI Bénin et Africa Finances ne se sont pas contentées de parler de chiffres ; elles ont dessiné les contours d’une économie plus humaine où la confiance remplace la méfiance.
Africa Finances : Un levier de proximité
Créée en 2009, Africa Finances est une institution mutualiste d’épargne et de crédit qui s’est imposée comme un acteur majeur de l’inclusion financière au Bénin. Elle dispose de 20 agences déployées dans 6 départements et 11 communes. Son ambition est de devenir l’institution de référence à l’horizon 2030. Sa mission est de contribuer à l’épanouissement économique et social des populations vulnérables notamment les femmes par l’offre des services financiers et non financiers de qualité à moindre coût pour de meilleures conditions de vie. Les offres de Africa Finances sont diverses. Il s’agit notamment des épargnes de dépôts à vue, d’épargne bloquée, d’épargne « Zem » et d’autres. Africa Finances offre une gamme variée de produits de crédit à ses membres, son personnel et à ses dirigeants. On y trouve de crédit scolarité, de crédit de campagne agricole, de crédit au groupement, de crédit assainissement et autres. Désormais, la balle est dans le camp des entrepreneurs : à eux de transformer ces outils en leviers de croissance pour que le tissu économique béninois ne soit plus seulement résilient, mais résolument conquérant.
Augustin HESSOU

