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Judo/Maître Armand HOUNSOU à cœur ouvert: Sur les traces d’un bâtisseur

Franco-béninois, natif de Porto-Novo, Maître HOUNSOU s’impose depuis plus de cinquante années comme l’une des figures majeures du judo béninois et de sa diaspora. Par son parcours exemplaire, il incarne avec constance les valeurs cardinales du judo : rigueur, humilité, loyauté, discipline et sens élevé de la transmission. Dans ce témoignage à la fois biographique et réflexif, Maître Armand HOUNSOU, professeur diplômé d’État de judo-jujitsu et formé au prestigieux Pôle France de Limoges retrace avec lucidité et sobriété les grandes étapes d’un engagement indéfectible, entièrement consacré au développement, au rayonnement et à la pérennisation du judo au Bénin comme à l’international.

L’Evénement Précis : Veuillez-vous présenter à nos lecteurs et parler nous de vos premiers pas dans le judo

Maître Armand HOUNSSOU : «De mon nom complet HOUNSSOU Armand Luc, je suis professeur diplômé d’État de judo-jujitsu, formé à l’Académie du Pôle de Limoges. Franco-béninois, je suis originaire de Porto-Novo, capitale historique du Bénin. C’est au début des années 1970, alors que j’étais élève au lycée Béhanzin, que je découvre le judo. J’y effectue mes premiers pas sous la direction de feu Maître SAKA SEYDOU, figure fondatrice et référence incontestée du judo béninois. Cette rencontre fut déterminante et scella définitivement ma vocation. »

Formation, progression et ascension sportive

« Après l’obtention de la ceinture verte, j’ai intégré le Samouraï Club de la Maison des Jeunes de Porto-Novo, où j’ai poursuivi ma formation jusqu’à l’accession à la ceinture noire. Animé par une volonté profonde de structuration et de développement de la discipline, j’ai par la suite fondé le Judo Club Les Dragons, que j’ai dirigé jusqu’en 1989. Ce club s’est rapidement imposé comme une référence nationale, tant par la qualité de sa formation que par ses résultats sportifs. »

Responsabilités institutionnelles et rayonnement national

« Cette période a été marquée par plusieurs responsabilités majeures qui ont contribué au rayonnement du judo béninois sur le plan national : Une implication significative dans le développement du judo au sein du bassin de la capitale, notamment à l’Institut National de l’Éducation Physique et du Sport (INEEPS) ; Une fonction au Ministère de la Jeunesse et des Sports, au service de l’encadrement sportif, avec la responsabilité spécifique des arts martiaux ; Ma nomination en qualité de Secrétaire Général de la Fédération Béninoise de Judo, aux côtés de Maître Ogoudjobi Pierre, Président, et de feu Maître SAKA SEYDOU, alors Directeur Technique National.

Sous cette impulsion collective, fut organisé le tout premier championnat national de judo à Cotonou, au Hall des Arts. À cette occasion, le club Les Dragons de l’Ouémé réalisa une performance exceptionnelle en remportant les médailles d’or dans les sept catégories engagées. »

Expériences et engagements internationaux

« J’ai également eu l’honneur de représenter le judo béninois lors de plusieurs événements internationaux de premier plan, parmi lesquels : Les Goodwill Games ; Un stage international de judo-sambo à Moscou en 1986 ; La première rencontre internationale Bénin–Togo, organisée en 1990 à l’École Normale Supérieure de Porto-Novo, ainsi que de nombreuses autres formations de haut niveau.

Ces expériences ont considérablement enrichi ma vision technique et pédagogique du judo. »

Engagements en France et coopération sportive

« Installé en France, j’ai été licencié puis professeur à l’École Clermontoise de Judo à partir de 2012. Fidèle à mon engagement en faveur du judo béninois, j’ai multiplié les actions de coopération sportive, notamment par : La création d’un dojo à Glazoué, accompagné d’une bibliothèque et d’une vidéothèque spécialisées ; Plusieurs dotations en tatamis et kimonos ; La participation à l’organisation d’un stage national au Stade de l’Amitié, animé par une délégation clermontoise ; L’accompagnement de la pose de la première pierre du dojo national Bernard Ahouassou. »

Activités actuelles et perspectives

« Aujourd’hui, je poursuis mon œuvre de transmission au sein des clubs de Beauregard-l’Évêque et Aubière, dans la banlieue clermontoise. J’ai également contribué à l’encadrement et à l’accompagnement de l’international Celtus Dossou Yovo. Toujours animé par la passion et une vision structurante, je nourris de nouveaux projets destinés à favoriser l’essor durable et l’épanouissement du judo béninois, tant au niveau national qu’au sein de la diaspora. »

Message de reconnaissance et conclusion

« Je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance à mes collaborateurs du club Les Dragons de Porto-Novo. J’adresse mes respectueuses civilités aux Maîtres Hermas Hounkpatin, Noël Adéchokan, Dohou Daniel, ainsi qu’au feu Gaizo Barnabé, dont l’engagement a largement contribué à la suprématie du club portonovien. Je souhaite également encourager la Fédération Béninoise de Judo à instituer des événements sportifs en mémoire des grands maîtres disparus : Bernard Ahouassou, Saka Seydou, Gaizo Barnabé et Agossou Samson.

Enfin, je formule mes meilleurs vœux à l’ensemble des judokas béninois, résidant au pays comme dans la diaspora. Que l’année 2026 soit placée sous le signe de la santé, de la longévité et de la prospérité. »

Réalisation Anselme HOUENOUKPO

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