
Le septentrion a vibré le vendredi 27 mars 2026. C’est au stade omnisports Saka Kina Guézéré que le duo de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, a officiellement lancé sa campagne électorale. Dans une ambiance électrique, les populations de Kandi, Karimama et Malanville se sont mobilisées pour écouter celui qui aspire à porter l’héritage de la « Rupture » vers de nouveaux sommets.

Pour ce baptême du feu, les poids lourds de la majorité étaient au rendez-vous. Joseph Djogbénou (Union Progressiste le Renouveau), Abdoulaye Bio Tchané (Bloc Républicain) et Jacques Ayadji (MOELE-BÉNIN) ont affiché une unité de façade et de fond.
Si Abdoulaye Bio Tchané n’a pas hésité à qualifier l’attelage Wadagni-Talata de « duo de rêve » dont le Bénin a besoin pour assurer la pérennité des acquis de la dynamique insufflée depuis 2016, Jacques Ayadji a tenu à apporter une touche de réalisme tactique. Il a exhorté les militants à l’humilité et à une mobilisation de chaque instant. « Nous ne devons pas aborder la campagne avec la poitrine bombée », a-t-il prévenu, rappelant que la victoire du 12 avril se gagnera sur le terrain, pas dans l’autosatisfaction.
Conscient de la position géographique unique de l’Alibori, Romuald Wadagni a rappelé les atouts comparatifs dont dispose le département, notamment la commune de Kandi, en raison de son ouverture sur les pays frontaliers, comme le Nigeria à l’Est, le Niger au Nord, le Burkina Faso à l’Ouest et le Togo au Sud-Ouest. Pour lui, cet avantage constitue une opportunité majeure pour transformer Kandi en un véritable pôle économique. L’idée est simple : transformer cet avantage géographique en une attractivité concrète qui génère de la croissance et des emplois pour les jeunes.

Le candidat a particulièrement insisté sur deux secteurs vitaux pour le département de l’Alibori. Dans le secteur agricole, Wadagni veut passer de la subsistance à l’entreprenariat. Sa promesse phare est de créer un droit à la retraite pour les paysans, une révolution sociale majeure. À cela s’ajoutent la mécanisation accrue et la garantie d’accès à des semences et intrants de haute qualité. Face aux défis sécuritaires de la zone frontalière, le duo prévoit d’intensifier l’équipement des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et de lancer de nouveaux recrutements pour saturer le terrain et rassurer les populations.
Au-delà des promesses et de la ferveur du stade, le message est clair : la dynamique de développement amorcée en 2016 doit se poursuivre, mais avec une accélération sociale marquée.
Augustin HESSOU

