Les populations de Djougou, Copargo, Ouaké et Bassila ont été largement éclairées sur le contenu de la loi portant révision de la Constitution, à travers une tournée conduite par le député Assan Seibou du 25 au 28 novembre. Reçu sur le plateau de Tanéka FM, le député Assan Seibou est revenu sur la loi n°2025-20 portant révision de la loi n° 90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin, telle que révisée par la loi n° 2019-40 du 7 novembre 2019.

Au terme de sa tournée de vulgarisation dans les communes de Bassila, Ouaké, Copargo et Djougou, Assan Seibou a été reçu sur le plateau de Tanéka FM. Le député, co-initiateur de la loi n°2025-20, a expliqué que cette tournée avait pour objectif de « produire aux populations les explications sur le vote d’une nouvelle loi qui a révisé la Constitution du Bénin », et à contrer les rumeurs et intoxications circulant sur les réseaux sociaux.
Sur l’émission, Assan Seibou a détaillé les principales innovations introduites par la révision, à commencer par la création du Sénat. « Le Sénat sera une chambre haute… des sages qui auront pour travail de faire en sorte qu’il y ait une stabilité politique dans notre pays… l’unité nationale, la paix, la démocratie, le développement de notre pays, la sécurité de nos compatriotes et la sécurité de notre État soient préservés », a-t-il expliqué. Il a précisé que le Sénat inclura « tous les anciens présidents de la République, les anciens présidents de nos institutions comme la Cour constitutionnelle et l’Assemblée nationale, et cinq anciens responsables des forces de défense et de sécurité ». Lorsque le nombre de membres de droit n’atteint pas 25, « le chef de l’État et le président de l’Assemblée nationale procèdent à une désignation moitié-moitié. Et si le nombre est impair… c’est le président qui prend le 1 pour faire la désignation », a clarifié le co-initiateur de ladite loi.
En ce qui concerne l’instauration de la « trêve politique » qui sème la polémique depuis le vote de la nouvelle loi, Assan Seibou a souligné que la trêve politique aura pour objectif de permettre au président de la République de mener à bien son programme sans campagne ou opposition compétitive. « Nous voulons qu’il y ait une opposition constructive… mais on ne fait pas l’opposition en disant, sortez, prenez les branchages, cassez tout », a martelé l’He sur les ondes de Tanéka FM.
Passage du mandat présidentiel de 5 à 7 ans
Alors que la nouvelle Constitution porte le mandat présidentiel à 7 ans, l’He Assan Seibou, président du groupe parlementaire du Bloc Républicain, a expliqué les raisons de cette modification. Le mandat passe de 5 à 7 ans, renouvelable une fois, et la limitation des mandats reste strictement de deux dans toute la vie d’un président : « Nul ne peut de sa vie faire plus de deux mandats ». L’objectif, selon le co-initiateur de la nouvelle constitution, c’est de permettre au président élu d’avoir pleinement de temps pour mettre en exécution son programme. Pour l’Honorable, cette disposition permettra aux populations de le juger quand il viendra pour demander à être élu pour un second mandat. « Comme ça vous pouvez le juger correctement quand il vient dire renouvelez-moi mon mandat. On a amené le mandat donc de 5 à 7 ans pour qu’il ait le temps de réaliser ce qu’il vient faire, ce n’est pas sept ans une seule fois, c’est sept ans renouvelables une fois », a précisé l’invité de Tanéka Fm qui a aussi précisé qu’en raison désormais des élections groupées, le mandat des députés et le mandat des conseillers communaux passent à 7 ans renouvelables. Il a aussi rappelé la fin de la transhumance politique. « Celui qui démissionne de son parti alors qu’il est l’élu de son parti perd son mandat », a souligné l’He Seibou. « On ne peut pas vous élire, vous allez représenter les gens et quand vous allez là-bas, vous décidez de quitter le parti qui vous a amené pour en suivre un autre et en même temps vouloir rester dans la maison où le parti vous a envoyé », a-t-il insisté.
Concernant l’application immédiate de la loi, Assan Seibou a indiqué que la promulgation avait déjà eu lieu et que les élections prévues se dérouleront normalement, précisant : « La loi entre en vigueur immédiatement, mais elle n’a pas dit qu’elle prolonge le mandat actuel… il n’est pas envisageable que le président Patrice Talon ou les députés actuels disent : ‘notre mandat sera prolongé’ », a-t-il clarifié.
Le député a invité les populations à la sérénité et à la confiance. « Nous voulons laisser à ce pays un héritage dont nos enfants vont dire qu’ils ont eu le mérite d’avoir essayé ça (…) Nous pensons qu’au niveau de l’Assemblée nationale, comme au niveau du pouvoir central, comme dans nos institutions, nous avons le même souci, la paix. Ça n’a pas de prix, et c’est pour ça que nous nous battons » a souligné l’élu de la 14ᵉ circonscription électorale.
Augustin HESSOU

