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Marchés modernes au Bénin : L’ANaGeM mise sur les marchés modernes pour dynamiser l’économie urbaine

  • « Après les fêtes, les marchandes de Dantokpa vont déménager tout doucement » déclare la DG Eunice Loisel Kiniffo

Les marchés modernes s’imposent progressivement comme des pôles structurants de l’activité économique dans les villes du Bénin. Invité du podcast de la Web TV Impact Bénin, la Directrice générale de l’Agence nationale de gestion des marchés (ANaGeM), Eunice Loisel Kiniffo, a levé un coin de voile sur les mécanismes d’attribution des places, la gestion quotidienne des sites et les effets concrets de ces infrastructures sur la vie des commerçants.

À la tête de l’ANaGeM depuis deux ans et demi, la directrice Eunice Loisel Kiniffo explique avoir puisé sa motivation dans la réalité des marchés, largement animés par les femmes. « Nos études montrent qu’environ 98 % des personnes qui opèrent dans les marchés sont des femmes », confie-t-elle, soulignant l’importance d’améliorer leurs conditions de travail et de vente.

Selon la DG de l’ANaGeM, l’attribution des places dans les marchés modernes repose sur des principes de justice et de transparence. Les anciens occupants des sites réaménagés sont classés comme priorité 1 et relogés en premier. Ensuite viennent les vendeurs exerçant aux abords des marchés, puis les nouvelles demandes étudiées sur dossier. « L’attribution se fait par tirage au sort, en présence d’un huissier de justice, après une sectorisation des activités. Nous ne touchons ni aux enveloppes ni aux numéros », précise-t-elle, insistant sur l’équité du processus.

Dix-huit marchés déjà ouverts

À la date du 29 novembre 2025, dix-huit marchés modernes ont été officiellement mis en exploitation sur l’ensemble du territoire national, dont neuf à Cotonou. Des marchés régionaux comme Pahou, Glazoué, Houégbo, Azovè ou Natitingou affichent déjà complet, preuve de l’engouement suscité par ces infrastructures. « Ces marchés modernisent nos villes, améliorent l’hygiène, la sécurité et offrent un cadre digne aux marchands », affirme la DG Loisel Kiniffo.

Digitalisation et paiement flexible

Autre innovation majeure : la digitalisation de la collecte des redevances. Les commerçants peuvent payer via mobile money, par petits montants, jusqu’à atteindre la somme mensuelle due. « Vous pouvez payer 100 francs aujourd’hui, 50 francs demain. Le système cumule jusqu’au montant total », explique la Directrice générale, rappelant qu’aucun paiement n’est exigé pour accéder à une place dans un marché.

Le règlement intérieur des marchés prévoit des sanctions en cas de non-paiement, de troubles à l’ordre public ou de comportements agressifs. Des suspensions temporaires, voire des exclusions définitives, peuvent être appliquées. « Ce n’est pas parce que c’est un bien de l’État qu’il faut en abuser », martèle la Directrice.

Vers la réorganisation de Dantokpa

Abordant le cas sensible du marché de Dantokpa, la DG de l’ANaGeM reconnaît les résistances liées au changement, mais insiste sur la nécessité d’offrir aux marchands un environnement plus sûr et plus digne. Une partie des commerçants sera orientée vers le pôle commercial GMK, une autre vers le pôle Agroalimentaire du Grand Nokoué, ainsi que vers des marchés de détail.

Pour Eunice Loisel Kiniffo, les marchés modernes constituent désormais « un levier essentiel du développement humain et économique », appelés à transformer durablement le visage des villes béninoises.

Romain HESSOU

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