
« C’est regrettable ce qui se passe. J’en appelle à une conscience collective pour se dire que les réponses que nous apportons aux chocs et aux enjeux politiques en 90, nous ne pouvons pas continuer à apporter les mêmes réponses en 2025… » Face à la crise politique sur fond de controverse électorale que vit le Bénin depuis quelques mois, et qui s’enlise à l’approche des élections générales de 2026, l’ancien ministre Gustave Sonon, membre fondateur du parti Boc Républicain n’en est pas moins préoccupé. Invité ce dimanche sur l’émission « 90 minutes pour convaincre » de la Radio nationale, aux côtés de l’opposant Antoine Guédou, il s’insurge, entre autres, contre le fait que certains estiment que la réforme du code électoral exigeant 28 parrains pour porter une candidature à la présidentielle viserait uniquement le parti Les Démocrates qui ne dispose exactement que 28 élus parlementaires pour cette cause. « Le problème est profond et interne » fait-il constater, allusion à ce parti dont un élu sur les 28 s’est opposé à faire valoir son parrainage à leur duo candidat à la présidentielle 2026, entrainant l’invalidation provisoire de leur dossier par la Cena.
Gustave Sonon souligne également le fait que tout est remis à plat à propos des élections générales de 2026, en ce qui concerne les possibilités d’accords entre différentes formations politiques, qu’elles soient de la mouvance au de l’opposition. A la lumière des nouvelles dispositions, les données ont changé. « 2026, pour le moment, nous n’avons encore aucune opposition, aucune mouvance. Et la loi permet de signer des accords. Mais je ne peux signer des accords qu’avec ceux qui sont là. L’accord de gouvernance, la loi a évolué par rapport à la vision de 90, qui prévoyait des alliances. Ici maintenant, c’est que les partis gardent leur autonomie. Vous terminez, chacun reprend entièrement son chemin. » explique l’acteur politique. « Généralement, nous cherchons à donner les mêmes solutions, pour les mêmes époques, dans partout où on applique les mêmes choses. Alors que les contextes ne sont pas les mêmes. Les défis sont temporels. Ils varient d’une région à une autre, d’une époque à une autre. Je suis convaincu qu’en 1990, en rédigeant la Constitution, les différentes lois qui sont sorties, n’ont pas pris en compte les réseaux sociaux. » fait-il savoir également. Revenant sur le chiffre 28, Gustave Sonon s’interroge aussi sur le fait que si Les Démocrates soupçonnaient que cela allait leur poser de problème, si tant est qu’il en adviendrait à les croire, pourquoi ne pouvaient-il pas anticiper et dire « on va travailler à autre chose ». Il se désole aussi qu’en leur sein, vu que c’est la scission de FCBE, ancienne version qui a donné naissance à LD, « il y a un peu de mélange ». Gustave Sonon avoue aussi avoir émis un peu de gêne au moment où l’on mettait la destinée du pari Les Démocrates dans les mains de l’ex-Chef d’Etat. Boni Yayi, pour lui, est plutôt une personnalité à « panthéoniser » pour avoir servi le pays pendant 10 ans.

