- (« Il n’y a pas de secret en matière d’élection »)
Invité de l’émission Franc-Parler de Radio Cotonou, le 14 décembre 2025, le président du Front des organisations nationales contre la corruption (FONAC), Jean-Baptiste Élias, a livré une série de recommandations à l’endroit de la Commission électorale nationale autonome (Céna) en vue des élections générales de 2026. Au cœur de son plaidoyer, la transparence à toutes les étapes du processus électoral.

Fort de son expérience au sein des instances de l’Union africaine, Jean-Baptiste Élias s’est voulu direct. « La transparence calme tout le monde », a-t-il affirmé, rappelant les débats menés au niveau du Conseil des représentants de l’Union africaine sur la prévention des crises postélectorales. Pour lui, la première exigence constitue la publication des résultats poste de vote par poste de vote. Une pratique que le président du FONAC considère comme un gage essentiel de crédibilité électorale. « Quand on affiche les résultats et que tout le monde voit, cela limite les contestations », soutient-il, insistant sur le fait que la loi n’interdit nullement cette démarche, bien au contraire.
Identifier clairement les 17 084 postes de vote
À l’approche des élections générales de 2026, prévues dans plus de 17 000 postes de vote à travers le pays, Jean-Baptiste Élias plaide pour une identification claire et publique de chaque poste. « Que celui qui vote à Cotonou comme celui qui vote à Malanville sache exactement le numéro et l’identification de son poste de vote », recommande-t-il, y voyant un élément clé de fiabilité du scrutin. Il suggère également que la Céna mette à la disposition du public, via un site internet, les résultats saisis poste de vote par poste de vote, après leur enregistrement dans les logiciels de centralisation. « Il n’y a pas de secret en matière d’élection », rappelle-t-il, citant les principes du dépouillement public consacrés par le Code électoral.
PV, feuilles de dépouillement et respect strict de la loi
Autre point majeur soulevé, la disponibilité et la remise des procès-verbaux (PV) et des feuilles de dépouillement aux représentants des partis politiques présents dans les postes de vote. Pour les élections communales notamment, où plusieurs listes sont en lice, « la Céna doit prévoir autant d’imprimés de PV que nécessaire », conformément aux articles 90 à 93 du Code électoral et aux décisions de la Cour constitutionnelle. Jean-Baptiste Élias insiste aussi sur l’importance de consigner toutes les irrégularités dans les procès-verbaux. « La Cour constitutionnelle ne travaille que sur la base des PV », rappelle-t-il, évoquant les contentieux électoraux de 2023 rejetés faute de mentions formelles des irrégularités dans les documents officiels.
Sécuriser le transport des urnes et des cantines
La transparence, selon le président du FONAC, ne s’arrête pas au dépouillement. Elle doit se prolonger dans le transport des urnes et des cantines électorales, des postes de vote vers les arrondissements, puis jusqu’à la Céna. « C’est souvent en cours de route que les problèmes surviennent », met-il en garde, évoquant des pratiques observées dans d’autres pays africains où des procès-verbaux ont été modifiés après coup. « Faites attention pour qu’on ne puisse pas tronquer et traficoter les PV en cours de route », a-t-il martelé, appelant à des dispositifs de sécurisation rigoureux pour préserver la sincérité du vote.
Jean-Baptiste Élias par ces recommandations, invite la Céna, les acteurs politiques et les citoyens à une vigilance accrue. Pour lui, le respect scrupuleux des textes et la transparence à chaque étape demeurent les meilleurs remparts contre les contestations postélectorales et les crises de confiance.
Romain HESSOU

