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Pour une 6ᵉ édition du Festival international Zogben encore plus lumineuse : Le ministre Jean-Michel ABIMBOLA reçoit Imelda BADA

  • Quand l’itinérance culturelle devient un instrument de réforme, de cohésion nationale et de rayonnement international
Le ministre Abimbola

Dans la trajectoire du Festival international Zogben, l’itinérance n’est ni un artifice narratif ni une contrainte logistique. Elle constitue une ligne politique assumée, un choix culturel structurant et une réponse concrète aux orientations stratégiques engagées par l’État béninois depuis 2016 pour démocratiser l’accès à la culture, révéler les territoires et inscrire durablement le patrimoine immatériel au cœur du développement national.

Imelda BADA

C’est cette vision que portait Imelda BADA, promotrice du festival et présidente de l’Association Partage Diaspora Béninoise, lors de l’audience que lui a accordée, le jeudi 22 janvier 2026 à Cotonou, Jean-Michel Hervé Babalola ABIMBOLA, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, entouré de Jacques AGUIA DAHO, Directeur de Cabinet, et de Florent COUAO-ZOTTI, Conseiller technique.

Une itinérance fondatrice, ancrée dans les territoires et les populations

Depuis sa création en 2021, le Festival International Zogben s’est construit hors des cénacles habituels, au plus près des communautés, dans une logique de décentralisation culturelle pleinement assumée bien avant que cette notion ne s’impose comme un consensus politique.

La première édition, organisée à Cotonou dans un contexte mondial bouleversé par la pandémie de Covid-19, a posé les bases de cette singularité. Contrainte par les restrictions sanitaires, elle a donné naissance à une version hybride, mêlant présentiel et diffusion numérique, anticipant ainsi de nouvelles formes de médiation culturelle. Loin d’entraver le projet, la crise sanitaire en a renforcé l’ambition : faire circuler la culture, malgré les frontières physiques, sociales et symboliques.

La deuxième édition a quitté la capitale économique pour Houawé, dans la commune de Bohicon. Ce déplacement a marqué un tournant : celui d’un festival qui refuse la centralisation culturelle et choisit d’aller à la rencontre des publics, dans des territoires longtemps tenus à l’écart des grands circuits événementiels.

La troisième édition s’est tenue à Savè, précisément dans le village de Oké-Owo, territoire emblématique de la mémoire et des traditions. Là, la culture vivante n’est pas un objet d’exposition, mais une pratique quotidienne. L’adhésion massive des populations a confirmé la justesse de l’approche : lorsqu’elle est respectueuse et partagée, la culture devient un puissant facteur de cohésion.

La quatrième édition a poursuivi cette dynamique à Houègbo-Agon, dans la commune de Toffo, territoire fortement marqué par les traditions cultuelles et artistiques. Le festival y a joué un rôle de catalyseur, révélant la capacité du patrimoine immatériel à structurer la vie communautaire, à transmettre des valeurs et à générer une activité économique locale.

La cinquième édition, organisée à Parakou, a franchi un nouveau cap en investissant un grand espace urbain du nord du pays. Elle a élargi la géographie culturelle du festival et confirmé son caractère véritablement national. Là encore, l’accueil populaire a été manifeste, démontrant que l’itinérance n’est pas une dispersion, mais une stratégie de consolidation territoriale.

Une 6ᵉ édition dans la continuité, entre diaspora et territoires

La sixième édition du Festival international Zogben, prévue du 23 au 26 juillet 2026 à Dangbo, s’inscrit pleinement dans cette continuité. Dangbo, territoire de savoirs, de pratiques culturelles vivantes et de mémoire collective, apparaît comme une étape cohérente dans cette cartographie culturelle progressive du Bénin.

Mais cette édition marquera également une inflexion stratégique avec un lancement officiel international, prévu le samedi 28 mars 2026 à Bordeaux, à la Salle Son-Tay. Après l’accompagnement constant de la ville de Reims lors des éditions précédentes, l’ouverture vers Bordeaux consacre une diplomatie culturelle décentralisée, dans laquelle les collectivités territoriales françaises deviennent des partenaires actifs de la révélation culturelle béninoise.

Ce lancement en France ne relève pas d’un simple exercice de communication. Il constitue un outil de mobilisation de la diaspora, un levier de visibilité internationale et un espace de mise en relation entre institutions, artistes, acteurs économiques et publics européens. Il s’inscrit pleinement dans la vision portée par le gouvernement béninois sous l’impulsion du président Patrice Talon, qui a fait de la diaspora un acteur stratégique du développement culturel et économique.

Le patrimoine immatériel comme socle de la révélation nationale

À travers cette itinérance assumée, le Festival International Zogben met en lumière une réalité souvent sous-estimée : le patrimoine matériel ne prend tout son sens que lorsqu’il est éclairé par le patrimoine immatériel. Les palais, les musées et les sites historiques ne vivent réellement que par les récits, les gestes, les musiques, les rites et les savoirs qui les traversent.

Le festival agit ainsi comme une revue générale du patrimoine, une forme de mobilisation culturelle inspirée des logiques militaires : en un temps court et dense, les forces vives de la culture béninoise sont rassemblées, observées, évaluées et mises en ordre de marche. Danses, musiques, traditions orales, pratiques cultuelles, artisanat, gastronomie, conférences et ateliers forment autant d’unités culturelles alignées pour une inspection collective, avant d’être projetées vers l’extérieur.

Cette concentration volontaire des activités sur trois jours répond à une stratégie claire : faire l’inventaire vivant du patrimoine, en révéler la vitalité, puis le valoriser auprès des Béninois, des diasporas et des publics internationaux. Ce qui est montré à Dangbo est pensé pour circuler, être documenté, transmis et partagé avec le monde.

Un enjeu stratégique pour l’État béninois

Lors de l’audience, Imelda BADA a rappelé que soutenir le Festival international Zogben, c’est accompagner une initiative qui a fait la preuve de sa pertinence sociale, culturelle et territoriale. C’est également renforcer la cohérence des réformes culturelles engagées par l’État, en appuyant un projet qui en incarne concrètement les principes : décentralisation, inclusion, professionnalisation et ouverture internationale.

Dans un contexte où le Bénin affirme son positionnement sur la scène culturelle africaine et mondiale, le Zogben apparaît comme un instrument souple, adaptable et profondément enraciné, capable de porter cette ambition aussi bien dans les territoires qu’au-delà des frontières.

Plus qu’un festival, Zogben est devenu une trajectoire politique et culturelle. Une trajectoire faite de déplacements, de rencontres et de transmissions. Une trajectoire qui, à chaque étape, éclaire un peu plus la promesse d’un Bénin révélé par sa culture vivante.

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