
À mesure que l’échéance présidentielle du 12 avril 2026 se rapproche, le paysage politique béninois change de texture. Le temps n’est plus aux hypothèses ni aux signaux faibles. Il est à l’organisation, à la discipline et à la capacité de transformer une position de pouvoir en dynamique électorale. Ce mardi 24 février, au Palais des Congrès de Cotonou, la mouvance présidentielle a franchi ce seuil. En installant officiellement l’équipe de campagne du duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata, elle a donné à voir non seulement une structure, mais une méthode. Et, au centre de cette méthode, un homme : Assan Séibou, nommé Directeur National de Campagne.
Le choix du lieu n’est pas anodin. Le Palais des Congrès, scène habituelle des grandes annonces d’État, inscrit la campagne dans une continuité institutionnelle assumée. Mais derrière le décorum, l’enjeu est d’une nature plus brute : il reste moins de sept semaines pour convaincre, mobiliser, structurer et sécuriser une victoire présidentielle. Dans ce calendrier resserré, chaque décision engage l’issue du scrutin. La désignation d’Assan Séibou apparaît alors moins comme une promotion que comme un acte de confiance stratégique.
La configuration dévoilée ce jour-là reflète une campagne pensée comme une opération de haute intensité. Coordination nationale ramassée, comités stratégiques transversaux, pôles techniques dédiés à la communication, à la logistique, aux finances et à la mobilisation territoriale : l’architecture est conçue pour absorber la pression du temps et la complexité du terrain. Rien n’y est laissé au hasard. Mais cette ingénierie, aussi précise soit-elle, suppose une direction capable d’en harmoniser les rythmes. C’est à cette fonction que répond la nomination d’Assan Séibou.
Depuis plusieurs mois, le député s’est imposé comme l’un des visages les plus efficaces de la mouvance présidentielle. Les élections législatives et communales du 11 janvier 2026 ont servi de révélateur. Dans la 14ᵉ circonscription électorale, territoire longtemps disputé, il a conduit le Bloc Républicain à une victoire nette, remportant les communes de Ouaké, Bassila et Copargo. Ces succès n’ont pas seulement modifié la carte politique locale ; ils ont confirmé une capacité rare à conjuguer stratégie partisane, enracinement territorial et lecture fine des attentes sociales.
À Copargo notamment, bastion longtemps acquis à l’opposition, la victoire a pris valeur de symbole. Elle a consacré une reconquête patiente, construite dans la durée, loin des effets d’annonce. Pour la mouvance présidentielle, cette séquence électorale a constitué une répétition générale : démontrer que la gouvernance nationale pouvait se traduire en adhésion locale. Assan Séibou en fut l’un des principaux artisans.

Mais réduire sa nomination à ces seuls succès serait insuffisant. Assan Séibou appartient à cette génération de responsables politiques qui naviguent avec aisance entre le terrain et l’institution. Président du groupe parlementaire Bloc Républicain à l’Assemblée nationale, il maîtrise les équilibres internes, les rapports de force et les contraintes du pouvoir. Il connaît également les ressorts d’une campagne présidentielle, pour en avoir déjà dirigé une. Cette mémoire stratégique, précieuse à l’approche du scrutin, pèse lourd dans un contexte où l’erreur de cadence peut coûter cher.
À travers ce choix, le duo WADAGNI-TALATA envoie un message clair : la campagne ne sera ni improvisée ni incantatoire. Elle sera conduite par un homme identifié à la victoire, à la méthode et à la constance. Dans un pays où la présidentielle reste l’élection de tous les risques, la mouvance présidentielle parie sur une figure capable de transformer un bilan gouvernemental en récit électoral cohérent, audible et territorialement incarné.
À quarante-sept jours du scrutin, la bataille n’est pas encore jouée, mais ses lignes se dessinent avec netteté. Le temps long de la gouvernance cède désormais la place au temps court de la campagne. Dans cette transition délicate, Assan Séibou apparaît comme l’homme de la dernière ligne droite : celui qui doit faire coïncider l’appareil, le terrain et l’urgence du vote. À mesure que s’égrènent les jours, c’est cette capacité d’orchestration, plus que les discours, qui pèsera sur l’issue du 12 avril.
Augustin HESSOU
Ici en intégralité les membres de l’équipe de campagne du duo Wadagni – Talata


