Arrondissement de Manigri (commune de Bassila). Dans la localité de Manigri‑2 (Wanou Igbere), l’ambition gouvernementale d’un accès universel à l’eau potable prend une forme très concrète : un Système d’Approvisionnement en Eau Potable multi Villages (SAEPmV) dimensionné pour au moins 20 ans, avec château d’eau, trois forages équipés et plus de 31 km de canalisations. L’ouvrage est implanté à Manigri, dans la commune de Bassila, et dessert un chapelet de villages et localités : Idi Agougou, Agougou Igbere, Ayewanangni, Odo Kpako 1, Odo Kpako 2, Modogui, CP Modogui, Ilè Lakou, Issalè Owodè, Ogbe Issa, Idiroko, CP Alpha, Mokafò et Wannou Lokpa.

Une architecture technique robuste
Le dispositif repose sur trois forages équipés (F1, F2 et F4), affichant des débits installés de 12, 8 et 6 m³/h respectivement, pour des HMT (hauteurs manométriques) de 120 m, 100 m et 95 m. Les pompes installées (modèles SP17‑12 et SP7‑27) sont entraînées par des puissances électriques de 7,5 kW et 4 kW. Pour sécuriser l’énergie de pompage, des groupes électrogènes de 25 kVA et 17 kVA complètent l’équipement. Un château d’eau de 100 m³, perché à 20 m sous cuve, assure le stockage et la pression pour la distribution. Côté réseau, 31 400 m de canalisations maillent le territoire, ponctués par 18 bornes fontaines.
L’ouvrage a été dimensionné pour l’avenir, 14 612 habitants à l’horizon 2041, pour une population estimée à 7 573 habitants en 2022. En régime théorique (pompage continu), le débit installé cumulé de 26 m³/h équivaut à 624 m³/jour, soit un potentiel d’environ 82 litres par personne et par jour au niveau de la population actuelle — un standard qui place l’eau potable à portée des ménages.
Des effets déjà visibles sur la santé et le temps de travail
Dans le village d’Igberet, l’un des bénéficiaires du réseau, le chef Biaou Patrice résume « C’était très difficile » avant l’arrivée du nouveau service : une seule pompe pour tous, des files d’attente, des disputes et des heures perdues, particulièrement pour les femmes. Depuis la mise en service, « nous sommes beaucoup moins malades », confie‑t‑il ; boire l’eau des mares et des rivières appartenait au quotidien d’hier. Le chef de village salue « l’intervention du gouvernement, à travers la SBA des eaux », qui a apporté l’eau potable jusqu’aux hameaux. La tarification rurale adaptée favorise l’adoption des branchements à domicile : « Beaucoup de familles ont pu prendre des branchements », note‑t‑il, tout en appelant à la densification du réseau pour toucher les ménages encore éloignés.
Un jalon majeur du Programme d’accès universel
À Manigri‑2, le Programme d’accès universel à l’eau potable se traduit donc par un SAEPmV performant : trois forages modernes, un château d’eau, un réseau maillé et des points d’eau communautaires. Concrètement, cela signifie moins de maladies hydriques, du temps rendu aux activités agricoles et scolaires, et une paix sociale retrouvée autour d’un service commun désormais proche des foyers. Les 18 bornes fontaines constituent déjà un filet de sécurité — soit environ 420 habitants par borne à l’échelle de la population 2022 — en attendant la montée en puissance des branchements privés.
Encadré technique — « Cœur de SAEPmV de Manigri‑2 (Wanou Igbere) »
- Localisation : Arrondissement de Manigri, commune de Bassila.
- Population de référence : 7 573 (2022) ; 14 612 à l’horizon 2041.
- Production : 3 forages (F1, F2, F4) — 26 m³/h cumulés ; pompes SP17‑12 et SP7‑27 ; HMT 95–120 m ; puissances 4–7,5 kW ; GE 25 kVA et 17 kVA.
- Stockage : Château d’eau 100 m³, 20 m sous cuve.
- Distribution : 31 400 m de canalisations (Ø 160, 110, 90, 75) ; 18 bornes fontaines.
- Périmètre desservi : Idi Agougou, Agougou Igbere, Ayewanangni, Odo Kpako 1 et 2, Modogui, CP Modogui, Ilè Lakou, Issalè Owodè, Ogbe Issa, Idiroko, CP Alpha, Mokafò, Wannou Lokpa.
« L’eau, c’est la vie. Grâce au Président de la République et à la SBA, nous avons accès à cette ressource essentielle », conclut le chef Biaou Patrice, invitant ses administrés à abandonner l’eau de surface au profit de « l’eau du château ».
En somme, à Manigri, la mise en œuvre du Programme d’accès universel à l’eau potable n’est plus une promesse : c’est une réalité technique et sociale, perfectible mais décisive, qui rapproche l’eau de chaque concession et redessine la vie quotidienne des communautés rurales.

